L’art et la guerre au 20e et 21e siècle

La guerre d’Algérie 1954-1962

André Fougeron (1913-1998), peintre français autodidacte était attaché à témoigner de la réalité sociale. Issu du monde ouvrier, il est vite devenu le peintre du Parti communiste.
Il s’était engagé en faveur de l’indépendance algérienne peu avant le début du conflit, avec
“Nord-africain aux portes de la ville” 1953


André Fougeron, Nord-africains aux portes de la ville 1953 huile sur toile
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Il montre des Algériens, qui avaient cherché refuge à Paris, et ont été contraints de dormir parqués dans des bidonvilles à la périphérie, sous des tôles froissées. Voir un commentaire.

Roberto Matta, d’origine chilienne, avait fait des études d’architecture avant de se rapprocher, à Paris, du groupe des surréalistes. Il avait rencontré des intellectuels algériens, et avait lu le récit d’Henri Alleg, journaliste, relatant les tortures subies par les prisonniers algériens.


Roberto Matta, la Question 1958, huile sur toile 142 x 127 cm
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Son tableau est construit comme une structure presque abstraite encadrant l’évocation sanglante d’un corps.

Jacques Villeglé, connu pour ses affiches lacérées mêlant propagande commerciale et politique, expose en 1961 “Carrefour Algérie Evian” (qui s’est vendu 55 764 € chez Artcurial en 2008). À droite, un lambeau de publicité pour l’eau minérale Évian rappelle les accords d’Évian (négociation entre les représentants de la France et du gouvernement provisoire de la République Algérienne après 7 ans de guerre).

En 1960 Jean-Jacques Lebel, Erró et quatre autres artistes ont réalisé ensemble un “grand tableau antifasciste” collectif de 5 m par 4 m. Exposé en 1961, il a été saisi par la police pour offence à la religion d’État et n’a été rendu aux artistes qu’en 1987, par décision de justice. Refusé par le Centre Pompidou, il a été donné au musée Cantini et il est aujourd’hui conservé au musée de Nantes.


Jean Jacques Lebel la justice (l’assassinat de Maurice Audin) 1961, Peinture-assemblage 224 x 164 x 26 cm Collection de l’artiste
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Voir : Les « désastres de la guerre d’Algérie » et l’affaire Audin.

Jean Vimenet (1914-1999), artiste touche-à-tout, (peintre, film d’animation décors …) a fait un séjour en Algérie en 1952 où, jusqu’à 1954 il a produit 150 toiles et noué de nombreuses amitiés.
La guerre lui inspire un grand tableau 180 x 325 cm “la guerre d’Algérie” 1960-61


Jean Vimenet, la guerre d’Algérie, 1960-61,huile sur toile 180 x 325 cm Collection de l’artiste
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On voit bien que la tendance de l’époque est à l’abstraction. Il en va de même chez les artistes algériens.

Choukri Mesli “Algérie en flamme” 1962


Choukri Mesli, Algérie en flamme, 1962, huile sur toile
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Voir Histoire de la peinture algérienne : les artistes dans la guerre de libération nationale

Mohamed Khadda


Mohamed Khadda, Les Casbah ne s’assiègent pas, 1961, huile sur toile 180 x 325 cm Musée national des beaux-arts d’Alger
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“Les Casbah ne s’assiègent pas” 1961 on devine ici l’évocation d’une ville blanche (Alger) avec au premier plan, en rouge et noir, la présence de l’idée de désordre et de violence.

En 1971 Ernest Pignon-Ernest, dans le cadre de l’anniversaire de la Commune de Paris a collé sur les pavés des gisants, grandeur nature, sérigraphiés à partir des dessins au fusain de l’artiste. Il y en a collé sur les marches du Sacré-cœur où de nombreux communards avaient été massacrés en 1871, mais aussi à l’entrée du métro Charonne et sur les berges de la Seine, où la police française a tué des manifestants algérien en 1961.
En 2003, il a rendu hommage à Maurice Audin, en collant son image sur tout un parcours en Algérie, là où le jeune professeur de mathématiques a vécu.

Voir dénoncer la torture dans l’art.

Malachi Farrell, artiste irlandais né en 1970 a réalisé en 2007 “la gégène », une installation qui a été exposée au MacVal.


Malachi Farrell, la gégène, 2007, huile sur toile 180 x 325 cm Musée national des beaux-arts d’Alger
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Dans cette œuvre, un mannequin robot accueille le visiteur. Sur son torse, un écran de télévision diffuse des témoignages de torture recueillis sur internet. On entend son cœur battre, évoquant l’angoisse de l’attente. Ses pieds et les pieds de la chaise sont dans un bac rempli d’eau et reliés à une source électrique posée sur une table. La lampe éclaire le personnage pour le soumettre à la question, et des éclairs de lumière bleue parcourent le corps du robot. À l’arrière, des marionnettes à l’effigie du Klu Klux Klan et de terroristes kamikazes s’agitent au son des rires enregistrés pour des séries télévisées. La gégène, c’est le terme de l’argot militaire français qui désigne un générateur portatif, à l’origine destiné à alimenter les radios téléphones portatifs, et que les militaires français ont appliqué sur les membres du FLN pour faire circuler du courant électrique dans leur corps.


Malachi Farrell à l’oeuvre – La Fabrication de « la Gégène » MAC/VAL – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne

Cet artiste qui a étudié l’art électronique à Amsterdam, consacre sa pratique à dénoncer toutes les formes de violence.

La guerre du Vietnam 1955-1975

20 ans d’une guerre qui a impliqué les États-Unis, venant apporter leur soutien aux Vietnamiens du Sud, contre ceux du Nord, soutenus par la Chine et l’URSS. Pour la première fois les États-Unis sont sortis perdants de cette guerre qui était très impopulaire, notamment parce qu’elle faisait des victimes parmi les populations (femmes et enfants compris) des artistes du monde entier se sont indignés.

Tomi Ungerer “sans titre” 1967


Tomi Ungerer, sans titre, 1967, Encre de Chine et lavis d’encres de couleur sur papier blanc 42,8 × 35,4 cm Musées de la Ville de Strasbourg
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Il montre la disproportion entre les forces américaines et vietnamiennes.

Bernard Rancillac


Bernard Rancillac, Kennedy, Johnson, Nixon et le lieutenant Calley sur le chemin de My Lai, 1971 Acrylique sur toile et collage 195 x 200 cm Musée Lam Lille
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Réalisé à partir d’une photo du massacre de Mỹ-Lai en 1968.
Voir également :
Enfin silhouette affinée jusqu’à la taille 1966 huile sur toile 195,5 x 115 x 3,5 cm musée de Grenoble.

Erró dans “intérieur américain” 1968, fait pénétrer des combattants vietnamiens dans une paisible chambre américaine.


Erró, intérieur américain, 1968 huile sur toile 150 x 195 cm
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Voir également :
Intérieur américain n°1 1968, huile sur toile 97 x 130,5 cm.

Gilles Aillaud, “la bataille du riz” montre un grand soldat américain fait prisonnier par une petite combattante Vietcong.

Michelangelo Pistoletto, avec son tableau miroir (sérigraphie sur acier poli) de 1965, nous invite à nous joindre à une manifestation contre la guerre.


Michelangelo Pistoletto, Viet Nam, 1962-1965 miroir et sérigraphie sur acier poli 220 x 120 cm
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Il fixe donc le passé sur deux dimensions à travers sa peinture (la tenue et la physionomie des deux manifestants sont typiques des années 1960), mais l’œuvre relève également du présent en ce que le spectateur se trouve forcément face au miroir s’il souhaite la regarder.

Wolf Vostell, “Miss America”, 1968 Dans cette grande toile mêlant peinture et sérigraphie, il reprend l’image de presse de Édouard Adams montrant l’exécution à bout portant, par le chef de la police sud-vietnamienne d’un commandant du Nord.


Wolf Vostell, miss America 1968 toile émulsionnée, sérigraphie, collage 200 x 120 cm musée de Cologne
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Il a recadré la photo et associé l’image d’une miss d’un concours de beauté qui s’est déroulé aux États-Unis au même moment. Voir un commentaire.

Léon Golub “napalm” 1968 (peintre américain 1922-2004). Cette peinture montre deux silhouettes brûlées par le napalm, dont l’une tente de s’enfuir.
Et en 1973, (lorsqu’il a appris l’réélection de Richard Nixon en 1972 contre McGovern (anti-guerre) il a peint Vietnam II.


Léon Golub Vietnam II 1973 acrylique sur lin 300 x 1200 cm
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À gauche trois soldats américains en uniforme dans une voiture blindée qui brandissent des mitrailleuses dont deux sont pointés vers un groupe de vietnamien (hommes femmes et enfants) blottis à droite. Derrière eux, les restes calcinés d’une maison.

En 1975 Erró Good by Viet Nam 1975 huile sur toile 52 x 101,5 cm, c’est Richard Nixon à gauche, derrière le masque de Spyro Agnew, vice-président de 1969 à 1973, devant une montagne de crânes, que Erró a emprunté à la peinture d’un artiste russe Vassili Verechtchaguine en 1871, dont j’aime bien le titre : “l’apothéose de la guerre, dédiée à tous les grands conquérants anciens actuels et à venir”.

En 1994 Banksy a consacré un pochoir à la petite fille de la photo de Nick Ut en 1972, dont une bombe au napalm avait brûlé les vêtements.


Banksy, Napalm 1994
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De façon grinçante, sur un pochoir, elle est encadrée par deux figures emblématiques de l’Amérique pour enfants : Mickey et McDonald’s.

Les guerres de Yougoslavie 1991-2001

Guerres interminables avec génocides, viols, au cours desquelles l’armée populaire yougoslave a perdu, les Slovènes, les Croates, les Albanais du Kosovo, les Bosniaques et une partie des Macédoniens.

Vladimir Veličković né à Belgrade en 1935 mort en France en 2019 il s’était installé à Paris en 1965, et en 1972 avait représenté la Yougoslavie à la biennale de Venise.
Velickovic avait 6 ans en 1941 et il se souvient de la guerre, puis il a continué à souffrir des problèmes de la Yougoslavie avec les nationalités multiples qui la composent : toute son œuvre peinte et graphique est marquée par la violence.


Vladimir Veličković Paysage, 2016 huile sur toile, 225 x 165 cm
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Voir d’autres oeuvres de Vladimir Veličković.

Marina Abramović est née en 1946 à Belgrade. Son père fait partie de la garde d’élite du maréchal Tito, sa mère dirige de musée d’art et de la Révolution. Elle est mondialement célèbre pour ses performances.
Balkan baroque 1997 présenté à la Biennale de Venise pendant 4 jours lui a valu Le Lion d’Or.


Marina Abramovic Balkan Baroque 1997 Performance
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L’œuvre se compose d’une installation vidéo, on la voit elle au centre, vêtue en médecin, et de part et d’autre, son père et sa mère. Sur l’écran, elle anime une conférence sur une espèce de rat qui dévore ses congénères.
Par ailleurs, pendant 4 jours, elle a nettoyé, brossé des os (1 500 os de bœuf) avec une bassine en cuivre et de l’eau à côté d’elle, tout en fredonnant des chansons populaires de l’ex-Yougoslavie.


Marina Abramovic Balkan Baroque

Une façon de rendre hommage aux victimes tout en évoquant l’horreur de la purification ethnique. C’est extrêmement théâtralisée, Marina apparaissait comme une pietà sur cette pyramide d’os sanguinolents et seule la douceur des chants compensait la sensation d’écoeurement que l’on pouvait ressentir.

En 2003 “count on us, compte sur nous”, une autre installation performance elle aussi dédiée à sa ville natale Belgrade. Nous l’avons vue sous forme de film dans le cadre du soutien à l’Ukraine à Venise. Au sol, l’artiste vêtue d’un costume de squelette sur fond noir, et allongée, bras et jambes écartés sur une étoile formée par des corps de jeunes, vêtus de noir, couchés tout autour.


Marina Abramovic Count on Us, Belgrade 2003 Performance
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3 écrans complètent le dispositif, au fond, artiste squelette dirige un chœur de jeunes vêtus de noir.
A tour de rôle, deux solistes, un garçon et une fille, chantent sur les côtés des chants d’espoir.


Marina Abramovic ‘Count on Us »

L’association ici de l’idée de deuil de mort et celle du renouveau incarné par les enfants est très émouvante.

Enfin l’artiste serbe Milica Tomić (né en 1960 à Belgrade), qui pratique un art (performances et vidéos) politiquement engagé, a dénoncé les ravages de la guerre dans son pays en marchant pendant 2 mois près de 8 heures par jour dans les rues de Belgrade en portant un fusil kalachnikov dans une main un sac de provisions de l’autre sans que personne ne s’en inquiète.

Les guerres en Irak 1980, 1990, et 2003

Dans le pavillon de l’Irak à la Biennale de Venise en 2019, nous avions apprécié le travail de Serwan Baran, né à Bagdad en 1960. Sur un grand mur, du sol au plafond, un “all over” couleur camouflage militaire se révélait, de près être un ensemble de corps de soldats recroquevillés près de leur gamelle les uns contre les autres.


Serwan Baran le dernier repas 2019
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L’œuvre s’intitulait “le dernier repas”, car tous ces hommes ont été tués pendant qu’ils mangeaient. L’artiste avait ajouté à sa peinture, par endroits, des lambeaux d’uniforme et des assiettes en carton.

Dans la pièce voisine, sur une embarcation stylisée, le corps à demi décomposé d’un homme, dont on voit encore les nombreuses médailles.


Serwan Baran le dernier général 2019
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L’œuvre s’intitule “le dernier général” et l’ensemble a été modelé grossièrement dans de la terre crue.
Serwan Baran est un irakien kurde, qui, à 20 ans, se trouvait enrôlé en tant que soldat mais aussi artiste de guerre. En 1980 et 1990 il avait pour mission d’illustrer les victoires de l’armée irakienne pour la propagande du gouvernement de Saddam Hussein. Toute son installation s’intitulait “Fatherland (patrie)” parce que c’était le mot omniprésent dans tous les discours : “Les mères ne servant qu’à donner le jour à de futurs soldats.” L’Irak en guerre contre l’Iran, puis contre une coalition occidentale après l’invasion du Koweït, s’est ensuite déchirée entre groupes religieux.
Serwan Baran a quitté l’Irak après 40 ans de guerre en 2013 pour se réfugier à Beyrouth, mais toutes ses peintures montrent des soldats vaincus, humiliés, blessés, tête basse, torturés (Torture 2021 bronze).

C’est lorsqu’il a appris la décision des États-Unis d’attaquer l’Irak en 2003 avec une coalition internationale dont faisait partie la Grande-Bretagne que Damien Hirst a eu l’idée de cette sculpture dont la silhouette est inspirée de la petite danseuse de 14 ans de Degas.


Damien Hirst Wretched war 2005
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“Wretched war” (Guerre misérable), achevé en 2005 est presque un écorché dont un sein est une grenade. Elle porte un enfant dans son ventre et sa tête est tombée au sol. Un concentré de violence dans cette fillette de bronze.

Les révolutions des pays arabes au 21e siècle (2012-2013)

Stéphane Pencréac’h né en 1970 à Paris a fait des études d’histoire mais s’affirme depuis quelques années comme un peintre d’histoire au sens où on l’entendait autrefois, c’est-à-dire capable d’illustrer des moments d’actualité pour les faire rentrer dans l’histoire.

Il a mis en scène le printemps arabe dans 4 villes: Tombouctou au Mali, Tunis, Tripoli en Libye et Le Caire dans 4 grands triptyques de 7 m 80 de large. À chaque fois au centre, il représente une scène parmi celles qui ont été vues à la télévision, et de part et d’autre des figures allégoriques, des portraits, des symboles, des inscriptions. Les panneaux sont cernés de noir comme des pellicules d’un film. Voir un commentaire.


Stéphane Pencréac’h Tombouctou, 2013 triptyque 195 x 780 cm
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La figure centrale, comme une pietà, ou peut-être un Touareg, à la fois digne et menaçant. Le gisant, c’est une victime collatérale des manifestations. Sur les panneaux latéraux, des corps en lévitation. Dans la fenêtre de gauche des slogans salafistes que les intégristes affichaient dans toute la ville. L’horizon vert est basculé. Tache rouge sang d’un côté, l’astre solaire de l’autre à droite.


Stéphane Pencréac’h Tunis, 2013 triptyque 195 x 780 cm
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“Tunis” 2013 rythmé par 3 colonnes (rappelant les origines de Tunis dans la Carthage antique). La figure centrale, c’est Mohamed Bouazizi qui, en s’immolant par le feu, a été le déclencheur du printemps arabe. A gauche une foule de manifestants sous des fumées noires, et des tâches rouges évoquant le sang des victimes. à droite un Touareg devant des pancartes indiquant “dégage”.


Stéphane Pencréac’h Le Caire, 2013 triptyque 195 x 780 cm
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“Le Caire”. Au centre, la foule défile pleine d’espoir. Point de fuite central, le peuple brandit des drapeaux et des slogans. Au-dessus, une figure plane (la liberté ?). Sur des panneaux latéraux, à gauche Anibis fait la moisson des morts de la guerre civile et tend en offrandes des flèches pharaoniques. Sur le panneau de droite, Hosni Moubarak, derrière les barreaux. Des empreintes de mains sanglantes siglées et de l’Aigle de Saladin empreintes de la République Arabe Unie. Au loin, les faubourgs du Caire et les pyramides de Gizeh.


Stéphane Pencréac’h Tripoli, 2013 huile sur toile 195 x 780 cm
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“Tripoli” 2013
Une symétrie centrale en miroir montre le corps du supplicié, torse nu, pantalon noir, pendu par les pieds, un voile sur le visage tuméfié. À gauche un enfant tente de s’échapper. Le volet de droite sur fond rouge est une allusion à la photo officielle de Nicolas Sarkozy (marquant l’implication de la France). Dessous, un portrait de Kadhafi portant la coiffe traditionnelle peint très discrètement en anamorphose.

En 2015, Pencréac’h à immortalisé le 11 janvier 2015 Paris.


Stéphane Pencréac’h Paris, 2015 huile sur toile 200 x 600 cm Musée d’art moderne de la ville de Paris
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Tout son travail a fait l’objet d’une exposition 2016 à l’Institut du monde arabe à Paris.


Exposition 2016 à l’Institut du monde arabe à Paris

La guerre d’Ukraine 2022

Lesia Khomenko, peintre ukrainienne née en 1980. Elle a réalisé une série émouvante de grands portraits en pied de son mari et de ses amis appelés à combattre alors qu’ils étaient musicien, ingénieur, informaticien, enseignant… la série s’appelle Max in the army 2022 (4 mètres de haut). Malgré leur pose martiale, on voit bien que ce ne sont pas des soldats de métier. De plus, par sécurité, elle a modifié tous les visages. Exposé cet été à la Scuola Grande della Misericordia à Venise.


Lesia Khomenko Max in the army, 2022 huile sur toile, 210 x 140 cm Scuola Grande della Misericordia Venise
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JR, en mars 2022 s’est rendu à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne et à photographié, dans la foule des familles fuyant la guerre, Valeriia, une petite fille insouciante de 5 ans. Il en a fait un tirage gigantesque pour qu’il soit vu d’avion et qui a été exposé dans plusieurs villes, à New York (elle a fait la couverture du Time) à Rome, Paris etc..


JR Valeriia 2022
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Enfin un street artiste à Lyon, Big Ben, a choisi la place de la Paix pour peindre “L’ogre Poutine” qui s’apprête à dévorer la colombe de la paix.


Big Ben l’ogre Poutine 2022
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Difficile de conclure. Cependant on a pu voir au 20e et 21e siècle, jamais plus les artistes renommés n’ont montré la guerre de façon héroïque idéalisé, romantique. Au contraire, ce qui est représenté, c’est la souffrance des hommes, le retentissement des années après d’une guerre sur ceux qui l’ont vécu, ce qui ne peut faire bien sûr, l’objet d’une commande publique, d’un art officiel. Seul peut-être, Guernica qui justement répondait à une commande publique, peut donc être considérée comme peinture d’histoire, mais tous les témoignages, même plus intimes sont également très précieux.

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