Couples d’artistes


Hanna Höch – Et si vous pensez que la lune descend (et quand vous pensez que la lune se couche) 1921
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Et si vous pensez que la lune descend (et quand vous pensez que la lune se couche). 1921

Parfois dans ses collage Hanna s’en prend au stéréotype


Hanna Höch – Jolie fille (1920-1921)
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Exemple la jolie fille (1919)

Elle s’en prend également au goût immodéré de Raoul pour les jolies filles. Les images qui composent la silhouette de Raoul sont des figures féminines.

Raoul Hausmann s’est attribué la paternité du photomontage. Hanna a dit qu’ils en avaient eu l’idée ensemble durant la guerre, en voyant des photos de soldats qui avaient collé leur tête sur des uniformes prussiens.

Collage de Raoul portrait du Dada horst (1919).

La thématique est toujours : que va devenir l’homme dans la société industrielle moderne ? Le thème de ces artistes c’est de parler de la déshumanisation de la société. On est ici très loin de l’enthousiasme moderniste des Delaunay.


Raoul Hausmann – Tatline à la maison, (1920) photomontage, 28,2 x 21,8 cm
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Célèbre collage de Raoul, Tatline at home. Il présente le bâtisseur de la nouvelle tour de Babel dans un cadre domestique. L’œil-roue est associé à toutes sortes de rouages métalliques mécaniques, un vilebrequin, des axes de toutes sortes, encore d’autres roues… Tout cela est jeté ensemble dans le photomontage, pour fonctionner pourtant comme les pièces de la machine mystérieuse, dans laquelle chaque chose serait intégrée dans un but impénétrable. Cet homme est-il maniable comme une automobile, ou bien est-il lui-même une sorte de conducteur ?


Raoul Hausmann – L’esprit de notre temps, (1920) Marotte de coiffeur en bois et divers objets fixés dessus, 32,5 x 21 x 20 cm
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1920 l’esprit de notre temps la tête de Raoul Hoffmann va devenir l’oeuvre culte de Dada à Berlin.
Il a utilisé une marotte de coiffeur en bois qu’il a affublé de différents d’objets. Il veut montrer que l’humain est complètement oppressé par la civilisation industrielle

Voir un d’autres collages de Raoul Hausmann.

Hanna est la seule femme du groupe. Elle est tolérée dans les expositions collectives car elle est la compagne de Raoul. Lorsqu’il rédige la liste des œuvres exposées, il la désigne à plusieurs reprises dans le cartel sous le nom d’Annichun.

La rage d’Hanna se voit dans certains collages ici der vater (le père) 1920.

Elle crée également d’étranges poupées dadaïstes.

Elle éprouve un immense désir de liberté et a besoin de prendre du recul. À la fin de l’année 1920 elle quitte Berlin pour Rome. Elle n’a pas encore quitté Raoul mais elle lui écrit :”Quand je me donne entièrement à un être, je dois exiger un être entier pour moi, et non un morceau d’être.”

Elle est indépendante financièrement. Depuis 1916 elle travaille en même temps comme conceptrice de dessins de tissus et rédactrice pour des magazines féminins. Entre 1916 et 1918, elle a subi deux avortements.


Hanna Höch – Femme et Saturne (1922) 86,5 × 66,5 cm, coll. part.
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Elle réalise en 1922 femme et Saturne. Le corps de la mère et celui de l’enfant semblent entremêlés, car ils sont traités sur un seul et même plan ; l’enfant est littéralement « issu du sein de la mère ». Elle se représente avec un enfant qu’elle n’a pas eue, et derrière se trouve la tête de Raoul.

Elle poursuit ensuite sa carrière de peintre et de photographe très ouverte sur l’avant garde de son temps.

Commentaire sur les photomontages de Hanna Höch.

Un jour dans les années 30 Hanna a rendu une visite amicale Raoul en compagnie de sa nouvelle compagne dont elle partage la vie, c’est une poétesse écrivaine hollandaise Til Brugmann.


Hanna Höch

Hanna Höch a été véritablement une femme libre, bien plus émancipée que ne le supposait Raoul. Mais son travail, son talent, a été largement occulté par celui de Raoul. Au début du 20e siècle c’est surtout avec les hommes que s’écrit l’histoire de l’art. Voir Hanna Höch dans le mouvement dada.
Hanna Höch est aujourd’hui largement redécouverte. Dans sa vie de femme moderne, on s’aperçoit qu’elle était très créative. En 2008 une rétrospective de son travail a été présentée au musée Tinguely de Bâle.

3 – Elles sont artistes mais elles doivent résister à un mari dominateur

Valentine Prax et Ossip Zadkin. A 23 ans Valentine a épousé Zadkin. Elle a 7 ans de moins que lui. Lui il est né à Vitebsk, elle est née à Bône en Algérie.
Photos de leur mariage ils sont situés à gauche. Leur témoin de mariage était Foujita.

Zadkine était son voisin lorsqu’elle est arrivée à Paris en 1919 après avoir fait les Beaux-Arts à Alger. C’était un sculpteur cubiste connu très entouré. Valentine, qui était également peintre et poète se présente chez lui timidement pour voir son travail. Il la trouve provinciale et démodée. Elle lui montre ses dessins il lui dit “vous devriez plutôt vous mettre à l’écriture” et lorsqu’elle lui demande en partant si elle pouvait revenir et lui répond “Si vous revenez je vous couperais les cheveux“.


Ossip Zadkine – Musicien (1919) 86,5 × 66,5 cm, coll. part.
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Sculpture de Zadkine dans ces années, dans la mouvance cubiste

Ils se marient, mais elle s’aperçoit très vite que son mari veut faire d’elle une femme d’intérieur. Elle fait de la peinture en cachette lorsqu’il est occupé dans son atelier. Le thème qu’elle préfère c’est la famille.


Valentine Prax – Repas de famille (1925) huile sur toile 97 x 130 cm
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Famille en 1925 de Valentine Prax

Voir également La famille en 1927

Son travail rencontre un certain succès et elle expose à Paris en 1924, à Londres 1930, à Chicago, à Philadelphie.
Pendant l’occupation Zadkine s’embarque in extremis pour les États-Unis. Elle reste en France pour défendre leurs œuvres. L’atelier de la rue d’Assas est confisqué mais elle arrive à sauver les bronzes de Zadkine. Elle se bat pour que son œuvre ne soit pas dispersée.
En 1944 depuis les États-Unis il lui écrit qu’il a décidé de ne pas rentrer. Mais en 1945 il lui adresse un télégramme “Je suis malade malheureux acceptes tu que je revienne ?” Elle accepte et la vie reprend.


Valentine Prax – Au bord de la mer (1948) huile sur toile 50 x 75 cm
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Zadkine reçoit des commandes importantes.


Ossip Zadkine – La ville détruite (1952) 630 cm de haut
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The Destroyed City est une sculpture commémorative en bronze de la ville de Rotterdam. Il commémore le bombardement allemand de Rotterdam le 14 mai 1940, qui a détruit le centre médiéval de la ville.

celui-ci Amsterdam

Valentine ne se cache plus pour peindre sa facture est de plus en plus libre

Voir Paysage (1948) huile sur toile 82 x 65 cm.


Valentine Prax – Peintres et musiciens (1970) huile sur toile 50 x 75 cm
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Après la mort de Zadkine en 1967 elle s’est battue pour que la maison atelier de la rue d’Assas devienne un musée.

La postérité a reconnu Zadkine et a laissé de côté Valentine Prax.

Voir d’autres oeuvres de Vaentine Prax

Autre situation où les femmes sont des artistes mais l’histoire a retenu leurs noms comme muse de leur compagnon.

Max Ernest et Leonora Carrington Et de Max Ernst avec Dorothea Tanning

Max Ernst est une grande figure du surréalisme. Il voulait que les femmes soient belles, fascinantes, disponibles, et sans inhibitions.
Il rencontre Leonora Carrington en 1937 lors d’une exposition surréaliste à Londres. Coup de foudre, elle a 19 ans, il a 26 ans de plus. Il est déjà célèbre comme peintre surréaliste, il a senti venir le fascisme qui s’est développé en Espagne à cette période et à travers ses peintures il montre son inquiétude.


Max Ernst – L’ange du foyer (1937) Huile sur toile 114 x 146 cm Collection privée
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L’ange du foyer voir un commentaire.

Voir également :
Les barbares

Leonora est la fille d’un riche industriel du textile. Elle a même fait son entrée dans le grand monde comme débutante au palais de Buckingham. Max est déjà marié, et la passion entre Leonora et Max est troublée par les tentatives de suicide de la femme de Max. Leonora est peintre, elle est passionnée de peinture, contre l’avis de ses parents.


Leonora Carrington – Autoportrait (1937-38) huile sur toile, 65 x 81,3 cm
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Elle peint des scènes imaginaires qui sont peuplées de chevaux qui lui rappellent son enfance et les contes qu’elle a lu à cette époque. Elle écrit également des nouvelles.

Voir un commentaire sur Leonora Carrington.

En 1939, Eleonora quitte Paris à la fois pour fuir le fascisme et la femme de Max. Le couple s’installe en Ardèche dans une petite maison que Max décore de nombreuses sculptures. Ils reçoivent la visite d’amis galeristes. Ils vivent au milieu des gens du village qui les ont adoptés tout en les trouvant un peu étrange.

De temps en temps ils rentrent à Paris où il continue à exposer.

Le travail de Léonora est apprécié par André Breton et Peggy Guggenheim achete un portrait de Max qu’elle imagine sur de la glace vêtu d’un costume de plume

Voir Leonora aux Etats-Unis.


Max Ernst – Un peu de calme (1939) huile sur toile, 169,8 x 325 cm Centre Pompidou
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En 1939 il peint un peu de calme, période de sérénité.

En 1939 Max Ernst est arrêté une première fois. Il est interné au camp des Milles. Hans Bellmer, interné comme lui, fait son portrait (univers de briques). Il va réussir sortir grâce à l’intervention de Paul Éluard.

Après sa après sa libération, il se remet à peindre.

Il peint Marlène, avec sa technique d’arrachage de la peinture, qui réalise des effets très particuliers.


Max Ernst – L’Europe après la pluie (1940-42) huile collages sur toile, 148,2 x 54,9 cm
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Il commence l’Europe après la pluie, une métaphore pour évoquer l’Europe après la guerre. Voir un commentaire.

Il va être à nouveau arrêté en 1940, parce qu’il est dénoncé par un sourd et muet du village. Il est à nouveau emprisonné au camp des Milles dans des conditions beaucoup plus dures.

Il réussira finalement à partir pour les États-Unis, grâce à l’action du centre de secours américain.

Voir Max et Leonora à Saint-Martin d’Ardèche.

Leonora était complètement affolée après la seconde arrestation de Max. Elle retourne à Paris, elle vend rapidement la maison d’Ardèche, elle n’arrive plus à retrouver son équilibre et elle connaît quelques crises de démence. Un couple d’amis l’entraîne en voiture jusqu’en Espagne, puis au Portugal où elle va être internée à la demande de sa famille. Elle s’échappera de l’hôpital psychiatrique, épousera un poète mexicain qu’elle suivra au Mexique. Elle rencontrera à nouveau Max Ernst une fois à New York et une fois au Mexique.

En 1941 il est à New York avec Peggy Guggenheim qu’il épousera. Il s’intègre au groupe surréaliste de New York.
En 1943 dans le cadre du groupe surréaliste il va rencontrer une américaine d’origine suédoise, Dorothée Tanning, qui est peintre et écrivaine, qui conçoit des décors et des costumes et qu’il va épouser, après son divorce avec Peggy.

Le couple va s’installer dans le désert de l’Arizona à Sedona où il retrouve un peu le paysage sauvage de l’Ardèche, voir la sculpture Capricorne qu’il avait érigé devant sa maison.

Couple photographiée par Irving Penn


Dorothée Tanning – Jeux d’enfants (1942) Huile sur toile 28 x 18 cm
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Elle peint des thèmes de rêves et de cauchemars peuplés de personnages étranges et inquiétants


Dorothée Tanning – Intérieur avec joie soudaine (1951) Huile sur toile 60 x 89 cm
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Elle construit ses tableaux avec des personnages réels et des parties imaginaires


Max Ernst – L’œil du silence (1943) 110 x 140 cm University purchase, Kende Sale Fund
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Pendant ce temps Max Ernst peint l’œil du silence. L’atmosphère est macabre. Le spectateur a l’impression d’un paysage constitué de matières diverses, un assemblage d’éléments minéraux et organiques.

En 1948 le couple revient en Europe et elle découvre la France. Ils s’installent en 1953 à Paris puis en 1957 ils s’achètent une maison en Touraine.

Elle peint Portrait de famille (1954) 91 x 76,5 cm Centre Pompidou. Remarquer la taille de l’homme.

En 1952 Max Ernst peint le jardin de la France. Il représente un corps de femme entre les méandres de la Loire et de l’Indre.

Voir d’autres oeuvres de Dorothée Tanning.

Dorothée va même réaliser des installations : Chambre 202 hôtel du Pavot. C’est assez glauque, sculpture pendue au mur avec un étrange fauteuil.

Max Ernst meurt à Paris en 1976. Ils ont vécu 34 ans ensemble. Elle retourne à New York.

Dorothée a été reconnue à plusieurs reprises, mais la postérité se souvient d’elle surtout en tant que compagne de Max Ernst mais pas véritablement comme une artiste.