La biennale de Venise 2019


Pavillon des Etats Unis Martin Puryear Liberty

Martin Puryear, qui critique la fracture de la société américaine générée et exacerbée par la présidence de Donald Trump, s’exprime en artisan (il travaille seul), de façon symbolique, en laissant au spectateur une certaine liberté d’interprétation.

Les Pays-Bas se souviennent de leur passé colonial et ont invité deux artistes originaires du Suriname.
L’un Rémi Jungerman est né au Suriname en 1959, et se situe dans la continuation de Mondrian et du mouvement de Stijl.


Rémi Jungerman, The Measurement of Presence 2019
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L’autre, Iris Kensmil est née en 1970 à Amsterdam, elle retrace l’histoire du féminisme à travers des portrait de femmes intellectuelles noires (artistes, philosophes, écrivaines, musiciennes).


Iris Kensmil, Sister Nancy 2019 huile sur toile
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Pavillon des Pays-Bas Rémi Jungerman & Iris Kensmil

Le pavillon belge est un musée de l’absurde, habité par des automates folkloriques, … mais c’est un peu plus complexe qu’il n’y paraît à première vue.
Jos de Gruyter et Harald Thys, ont reçu une mention spéciale du jury pour leur humour impitoyable. Au centre, c’est un petit peuple stéréotypé des traditions populaires, même si chaque personnage, est décrit avec beaucoup de détails, dans le livret d’accompagnement, comme un cardan, un personnage réel. Va aux tomates. Sur les côtés, derrière des grilles les simples d’esprit, les voyous, les psychopathes les marginaux, tous les exclu du groupe central. Le titre Mondo cane renvoie à un film italien.


Pavillon Belge Modo Cané Jos de Gruyter et Harald Thys

La Russie a produit une installation spectaculaire et un peu kitsch, signée de deux artistes. Au premier niveau, l’installation ré-interprète la parabole du fils prodigue dont la peinture de Rembrandt, est visible au musée de l’Ermitage, et qui provient de l’évangile de Luc. On est, spectateur, plongé dans la pénombre, en présence des deux personnages du tableau, le père et le fils, réinterprétés en volume par un sculpteur.


Alexander Sokurov, Le retour du fils prodigue
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Derrière eux, au mur, sont projetées des images des guerres modernes. C’est le travail d’Alexander Sokurov.

La seconde partie de l’exposition, dédiée aux œuvres d’Alexander Shishkin-Hokusai se situe à l’étage inférieur du pavillon. Une installation d’œuvres animées, avec des personnages découpés dans le bois et articulés, qui montent et descendent en rythme.


Pavillon Russe, la Parabole du Fils Prodigue Alexander Sokurov et Alexander Shishkin-Hokusai

L’Arabie saoudite a eu beaucoup de succès, avec l’installation incroyable de Zahrah Al Ghamdi intitulée ”After illusion” qui s’inspire d’un vieux poème arabe, traitant du retour à la maison, après 20 ans d’absence. La jeune artiste, après une maîtrise en arts Islamiques, a poursuivi ses études en Angleterre, où elle a obtenu un doctorat en art visuel et design. Son installation à la fois lumineuse et sonore, est faite d’innombrables formes en cuir (entre coquillages et champignons), dont certaines sont creuses. Lorsque l’on plonge la main à l’intérieur, cela déclenche un son.


Pavillon de l’Arabie Saoudite, After illusion Zahrah Al Ghamdi

Le Ghana aussi, pour sa toute première participation, a été très apprécié. D’abord l’installation par Ibrahim Mahama né en 1987 au Ghana (il a séjourné à Berlin et a participé à la Documenta de 2014). Dans des cages servant habituellement à fumer le poisson, il a placé des cartes de géographie, des cahiers d’écolier, des souvenirs liés à l’éducation. On découvre ensuite que les cloisons qui délimitent les différentes salles sont inspirées des maisons de terre.

Une salle est consacrée à Felicia Abban, la première femme photographe du Ghana. Une autre montre sur 3 grands écrans simultanés un film de John Akomfrah sur le pays dans ses aspects les plus divers : les paysages, les animaux, les hommes, la force de la nature (le vent le sable), et la pauvreté aussi.

Une salle est consacrée à Lynette Yiadom Boakye née en 1977 à Londres, de parents natifs du Ghana, qui peint des personnages de fiction (sans modèles et sans photos), avec un incroyable sens du naturel.


Lynette Yiadom Boakye, Sans titre 2019 huile sur toile
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Et le célèbre El Anatsui , né en 1944 au Ghana, (qui est entouré aujourd’hui de 40 assistants), réalise de précieuses tentures, à base de capsules de bouteilles écrasées, reliées par du fil de cuivre.


El Anatsui, Ghana Freedom 2019
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Lorenzo Quinn, qui est né en 1966 est le fils d’Anthony Quinn. Il a vécu aux États-Unis et en Italie mais il réside actuellement à Barcelone.


Lorenzo Quinn, building bridgre 2019
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Il a réalisé, building bridge le message de l’artiste est le suivant : “Parmi les sites du patrimoine de l’humanité, Venise accueille des visiteurs de toute la planète, et c’est pourtant le lieu idéal pour défendre le message unité entre sociétés, nations, communautés, et simples individus à travers la construction de ponts et non de murs“.


Lorenzo Quinn, Basta Giocare 2019
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Dans Basta Giocare (c’est assez joué) un jeu de gamin devient la métaphore pour montrer comment, dans les mains de l’homme, les ressources naturelles de notre planète, sont exploitées jusqu’à leur limite. La terre est piégée d’entre les mains d’un gamin capricieux, qui l’utilise pour jouer, sans aucun regard sur les conséquences de son action.