Cours du 19 mai 2014

L’art informel et l’art brut

Sommaire : Jean Fautrier, Jean Dubuffet.


L’art informel regroupe à la fois le courant de l’abstraction lyrique avec ses techniques d’expressions essentiellement gestuelles, le matiérisme sont l’objet est de travailler les matières sur les surfaces de la toile, et par rapprochement, le spatialisme dont les recherches portent sur les dimensions de l’espace et du temps et sur la lumière.
D’autres courants, comme le mouvement CoBrA, le Groupe Gutai, l’expressionnisme abstrait en Allemagne, l’Action Painting de Jackson Pollock aux Etats-Unis peuvent être rapprochés aussi de ce mouvement pictural de la fin du XXème siècle.

Jean Fautrier 1898-1964
Il est né en 1898, en 1907, à la mort de son père, il part avec sa mère, s’installer en Angleterre. Dès ses 14 ans, il étudie l’art à la Royal Academy de Londres. A 15 ans, il expose et vend ses premiers tableaux.
Il découvre alors les peintures de Turner. De retour en France, il est mobilisé en 1917. Gazé à Montdidier, il est définitivement réformé en 1921.
Il expose dès 1921 des natures mortes et des portraits. En 1923, Fautrier rencontre Jeanne Castel, avec laquelle il vivra un certain temps. En 1924, première exposition personnelle et premières ventes ; l’année suivante, le marchand d’art Paul Guillaume lui achète quelques tableaux. C’est avec ce même Paul Guillaume que Fautrier passe un contrat d’exclusivité en 1927.


Jean Fautrier – Nature morte aux oignons (1926)
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Nature morte 1926


Jean Fautrier – Nature morte aux poires (1926)
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Nature morte aux poires 1926


Jean Fautrier – Le grand sanglier noir (1926)
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Le grand sanglier noir
Teintes sombres et facture traditionnelle, ressemble à Rembrandt


Jean Fautrier – Nu (1937)
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Nu 1937


Jean Fautrier – Nu noir (1937)
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En 1928, Fautier rencontre André Malraux et les éditions Gallimard lui demandent d’illustrer un texte poétique, Fautrier choisit « l’enfer » de Dante, et réalise 34 lithographies en couleurs. Mais le projet tourne court. L’artiste en est très affecté. La crise économique touche durement marchands et artistes.

Pendant cinq ou six ans, il se retire dans les Alpes comme moniteur de ski dirigeant restaurants et dancings.
De retour à Paris, l’Occupation bouleverse alors sa destinée. Après une brutale incarcération par la Gestapo due à son soutien à la Résistance, il trouve un refuge bienvenu à Châtenay-Malabry, grâce à Jean Paulhan, dans l’ancienne propriété de Chateaubriand. Près de cet endroit les allemands ont fusillé des résistants. C’est là que le projet des Otages voit le jour : ces peintures seront exposées en 1945 à la galerie Drouin suscitant une vive admiration de l’intelligentsia parisienne.


Jean Fautrier – Tête d’otage (1943) 35 x 27 cm Centre Pompidou
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Jean Fautrier – Tête d’otage n°1 (1943)
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Ces « portraits » des Otages se présentent comme des matières parfois rehaussées de dessins aux tonalités violentes, à mi-chemin entre l’art abstrait et l’art figuratif. On peut y reconnaître des visages affligés de blessures ouvertes et ensanglantées, des plaies cousues, des chairs roussies ou verdâtres à la limite de la décomposition.
Fautrier travaille à plat, sur le sol, il utilise des pâtes, du blanc d’Espagne (poudre mélangée à de l’huile de lin pour obtenir une pâte épaisse), de l’huile, de la colle, des poudres colorées et des encres sur des papiers marouflés (collés), qui forment des croûtes dures et inégales à l’intérieur desquelles il fait prendre ses matières comme une surface encore vivante avant qu’elle ne fige.


Jean Fautrier – Tête d’otage (1943)
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Jean Fautrier – Tête d’otage n°4 (1943)
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La peinture d’histoire est ici ramenée non plus à un témoignage d’un événement ou d’un moment précis, mais aux faits et traces abandonnées de ces événements tragiques : le massacre de l’humain.


Jean Fautrier – Grand Chef tragique (1942)
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Tête sculptée grande tête d’otage
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Jean Fautrier – Nu couché Auschwitz (1942)
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Nu 1941 nu couché Auschwitz.


Jean Fautrier – L’écorché (1944) 80 x 115 cm Centre Pompidou
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Série des otages, voir également : La juive, le visage violet.


Jean Fautrier – Le fusillé (1944) Musée des Beaux-Arts de Lyon
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Voir d’autres têtes d’otage.
Un commentaire (audio).
On remarque la densité de la matière et les teintes choisies. Évocation de corps. Il a réalisé une cinquantaine de têtes d’otages. Têtes de femmes ou d’hommes.
Voir également trois têtes.
Toutes les expositions sur l’art en guerre ont présenté les otages de Fautrier. Il a continué ce type de pratique après la guerre.
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Après l’invasion soviétique de la Hongrie en 1956, Fautrier y répond par une série de « Têtes de partisans », variations sur le vers « Liberté, j’écris ton nom » de Paul Éluard.


Jean Fautrier – Tête de partisan (1956)

Il a marqué le monde de l’art a l’époque.
Voir un commentaire sur son oeuvre (le monde des arts).

Voir un film avec Jean Paulhan qui s’exprime sur « L’art informel », « Fautrier l’enragé » et l’art (INA 1962, 12′)

Jean Dubuffet 1901 1985
Grand artiste profonde originalité de sa démarche.
Il a commencé a s’engager dans l’art a 40 ans. Il est le premier théoricien d’un style d’art auquel il a donné le nom d' »art brut« , des productions de marginaux ou de malades mentaux. Cela a été le grand combat de sa vie.
Il a créé une Fondation de l’art brut.
Fils d’un négociant en vins. Etudes aux beaux arts du Havre. Inscrit a l’académie Julian.
Période de jeunesse.
Voir une biographie plus complète.


Jean Dubuffet – 3 personnages dans un paysage de montagne (1924-25)
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3 personnages dans un paysage de montagne.
Il a voyagé en Italie, Suisse. Il a dit : »Il est très difficile d’inventer quelque chose de neuf après Picasso et Matisse« .
Il se marie s’installe a Bercy. Mais après un voyage en Hollande en 1931, le goût de la peinture lui revient et il loue un atelier rue du Val-de-Grâce où il va travailler régulièrement. Dès 1934, il met son commerce en gérance et se consacre à de nouvelles expérimentations artistiques. Il est à la recherche d’une forme d’expression nouvelle. Il se lance dans la fabrication de marionnettes et de masques sculptés d’après les empreintes de visages, sans grand succès. Il a installé son atelier au 34 rue Lhomond et il envisage de se faire montreur de marionnettes.
Découragé, Dubuffet reprend son activité commerciale en 1937. Il a divorcé de Paulette en 1935. Il épouse Émilie Carlu deux ans après.
Mais dès 1942, il décide pour la troisième fois de se consacrer exclusivement à la peinture


Jean Dubuffet – Double auto portrait en chapeau melon

Double auto portrait en chapeau melon.
Il est très instable, mal dans sa peau. Après la guerre il décide de se consacrer a la peinture. Il restera a l’écart des circuits officiels. Il n’a pas de soucis financiers. Il est encouragé par ses amis, J. Paulhan, Georges Limbour.
En 1944 première exposition personnelle galerie Drouin (comprend 55 huiles et 24 lithographies datées d’octobre 1944, la préface du catalogue est signée Jean Paulhan).


Jean Dubuffet – Le métro (1943)
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Le métro (1943) peinture de manière naïve de gens dans le métro. Nombreuses gouaches.
Voir autre gouache.
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Absence de perspective. Voir un commentaire.
Ses grands thèmes : les gens les foules, la nature, la terre.

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