David Hockney

Voir également :
Sa mère.
Joe Mc Donald in his Apartment
Sunday Morning in Myflower Hotel
– Un autoportrait photocopié
Son autoportrait, on le voit photographier dans le miroir du fond.
Place de Furstenberg Paris
Déjeuner à l’ambassade britannique, Tokyo, 16 février 1983

Voir les polaroïds de Hockney exposés au centre Pompidou

C’est en même temps un vrai journal de bord de sa vie, et de ses rencontres amicales. Il représente également des chaises,


David Hockney Une chaise, jardin du Luxembourg, Paris, 10août 1985 photographies polaroïds 110,5 x 8Ocm collection David Hockney
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Voir également :
The desk 1984 (121,9 x 118,1 cm)
Paint Trolley, 1985 (104 x 155 cm)

… et en 1986 “Pearblossom Highway”


David Hockney Pearblossom Highway photographies polaroïds 110,5 x 8O cm collection David Hockney
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c’est tout un paysage reconstitué, à partir de multiples photographies, qui semble trembler dans la chaleur, qu’il crée pour le magazine Vanity Fair.
Il appelle cela des “joiners”, (photos assemblées en jointure) et ce qui l’intéresse c’est le passage de la vision monoculaire du monde depuis la Renaissance, puis confirmée par l’objectif de l’appareil photo, à un regard subjectif mobile.

Il se sert aussi de la photographie pour élaborer certaines de ses peintures. Par exemple (il a acheté depuis 1982 un appareil photographique classique) il a commencé en 1986 une œuvre de grande envergure qu’il achèvera en 1998. D’abord il a pris des centaines de vues décalées du Grand Canyon. Il en a d’abord assemblé 36, puis d’autres, un assemblage de 60 photos dont la taille mesure 113 x 322 cm. Puis, il a repris ses vues en les dessinant au fusain et au crayon et la peinture finale se fera en 1998 avec 60 toiles assemblées et mesure 7 m 40 de long c’est “A bigger Grand Canyon”.


David Hockney a bigger grand canyon 1998 huile sur toile 60 toiles (dans un arrangement 12×5) 207x 744,2cm Galerie nationale d’Australie
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Les couleurs sont très saturées et le regard plonge littéralement dans cette géologie chahutée, aux couleurs chaudes et éclatantes. Sa réflexion se nourrit de la lecture de Bergson sur la durée et d’ouvrages de vulgarisation de la physique moderne qui un imbrique l’espace et le temps. Il démontre que le regard humain est toujours plus complexe que la simple reproduction mécanique, et seule la peinture, peut rendre compte de cette complexité et de cette dimension affective du regard.

Par ailleurs, il a acheté un ordinateur pour dessiner avec un crayon électronique, et une imprimante. Lorsque en 1989 il est invité à participer à la Biennale de Sao Paulo, il envoie des dessins par fax.


David Hockney Œuvres envoyées par fax à la Biennale de Sao Paulo 1989
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De même, en apprenant la chute du mur de Berlin, il envoie, en signe de solidarité 144 images à son ami Jonathan Silver qui a ouvert une galerie à Berlin.

David a 52 ans en 1989, il est handicapé par sa surdité qui perturbe sa vie sociale, et malgré un nouveau compagnon, John Fitzherbert, un cuisinier anglais, il a va vivre une période douloureuse. Après la mort de son père, celle de son neveu Byron, le fils de sa sœur Ann, puis celle de Joe McDonald’s mort du sida, celle de Christopher Isherwood (un cancer), Henry Geldzahler (cancer du pancréas à 59 ans), Ossie Clark a été poignardé par un ancien amant. Aussi, lorsqu’il apprend que son ami Jonathan Silver est sur le point de mourir, il retourne en Angleterre en 1997 pour être auprès de lui.

Retour en Angleterre en 1997

Il loge chez sa mère, qui décline, et il peint, à l’huile, des portraits de ses proches.


David Hockney Gregory Evans 1997 huile sur toile 35.5 x 27.9 cm
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Margaret Hockney sa sœur
– Et de lui-même (avec son problème d’audition).

Il retrouve les paysages de son enfance dans le Yorkshire.


David Hockney Garrowby Hill, 1998 Huile sur toile 152,3 x 193 cm Museum of Fine Arts, Boston
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Il peint de manière très traditionnelle.
Voir également :
d’autres toiles de cette période.

Il rédige une recherche sur les savoirs secrets des peintres (et l’utilisation de la caméra obscura).

En 2002 il accepte la requête de Lucian Freud à Londres qui veut faire son portrait, et lui demande une centaine d’heures de pause. Une expérience qu’il n’a pas regrettée, tant il a aimé regarder peindre Freud. Il y reste 2 mois.
Voir la rencontre Hockney-Freud.

C’est le printemps à Londres, et David a envie de se mettre à l’aquarelle pour rendre compte de sa luminosité. Il s’applique à la technique et se l’approprie en 6 mois, d’abord avec des fleurs, Cherry blossom puis des paysages, et enfin des portraits de ses proches.


David Hockney Karen Wright, 2002 aquarelle sur papier 61 x 45.8 cm collection particulière
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Voir également :
Angus Stewart II 2002 aquarelle sur papier 61 x 45.6 cm collection particulière.
John avec le bras levé 2002 aquarelle sur papier 61 x 45.6 cm collection particulière.

Bref retour en Californie

En 2003, retour en Californie, où John veille sur sa santé en lui préparant des repas diététiques, mais toujours des aquarelles “autoportrait aux bretelles rouges”, “jardin de cactus”. Mais depuis les attentats, les lois sécuritaires refusent aux étrangers leur droit de séjour. John ne peut plus résider aux États-Unis.


David Hockney L’expulsion du jardin d’Eden, 2003 aquarelle sur 6 feuilles de papier 91.5 x 182.8 cm fondation Davis Hockney
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David peint “L’expulsion du jardin d’Eden”, en reprenant la fresque de Masaccio.

2004- 2013, le Yorkshire

En 2004 retour dans les paysages de son enfance, le Yorkshire. Il commence par multiplier les aquarelles, de plus en plus maîtrisées, sur le motif,


David Hockney Watercolor Midsummer East Yorkshire, 2004 aquarelles

puis il revient à la peinture à l’huile, peignant des voûtes d’arbres comme à l’époque des peintres de Barbizon au 19e siècle.


David Hockney tree tunnel, 2005 huile sur toile 91.5 x 121.8 cm collection particulière
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Voir également :
The tunnel early automn
Snowy tunnel in winter 2006
– David Hokcney peignant November tunnel

Il peint également des champs, tout au plaisir d’observer comme Monet, les changements de lumière. Les formats s’agrandissent, par juxtaposition de toiles n’offrant pas le même point de vue.

Les formats s’agrandissent en juxtaposant les toiles côte à côte.


David Hockney le bois de Woodgate, Mai 2006 huile sur six toiles 91.5 x 121.8 cm collection particulière
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”Le bois de Woodgate”, devient l’objet d’une série au fil des saisons.
Voir :
Woodgate Woods juillet 2006 huile sur six toiles 182.9 × 365.7 cm Musée Van Gogh d’Amsterdam
Woodgate Woods Octobre 2006 huile sur toile 183 x 366 cm
Woodgate Woods Novembre 2006 Huile sur six toiles 182.9 x 365.8 cm musée Guggenheim Bilbao.
Woodgate Woods Décembre 2006 Huile sur six toiles 182.9 x 365.8 c


Davis Hockney Le bois de Woodgate

Parfois il se concentre sur un arbre, ou un bouquet d’arbres, c’est toujours pour lui, l’émerveillement du printemps.
David Hockney en 2006

Bigger trees near Warter” 2007 , se compose de 50 toiles 459 x 1225 cm Tate gallery.

Une nouvelle crise cardiaque l’immobilise. Pendant quelques mois, il ne peut plus parler, mais sa main droite fonctionne, et il dessine au fusain.

Three trees near Thixendale 2008 (série)


Three Trees Near Thixendale

Voir série sur les arbres en 2008.

Felled trees Woodgate 2009 série. C’est toujours de la peinture à l’huile avec des couleurs de plus en plus imaginaires.

Et puis les formats s’agrandissent en multipliant les toiles et en les juxtaposant. Il peint sur le motif.


David Hockney l’arrivée du printemps à Woodgate 2011 peinture à l’huile sur 52 toiles 365,6 x 975,2 cm centre Pompidou
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En 2011, “L’arrivée du printemps à Woodgate”, peinte sur 52 de toile 9 m 75 de long.
En 2017, impressionné par la qualité de sa rétrospective à Beaubourg, Hockney a offert au Centre Pompidou cette immense toile de 52 panneaux, réalisés à partir de clichés faits sur son iPad (elle est estimée à 25 millions d’euros).

Car depuis 2011, il dessine sur son iPad, sans transporter un gros matériel, sans se salir. “Mes mains sont toujours propres, mais je garde le réflexe de vouloir les essuyer sur ma veste, surtout avant d’utiliser le jaune. Tout est question d’apprentissage…”. Voir Premiers paysages dessinés à l’IPad, avril 2011.


Expositions des oeuvres de Hockney sur Ipad

En 2010, avec son assistant Jean-Pierre Gonzalez de Lima, ils installent neuf caméras vidéo pour filmer avec un léger décalage le point de vue du même paysage, à différentes saisons. Ces vidéo-installations assez hypnotiques donnent vraiment la sensation d’entrer dans le paysage.


David Hockney bois de Woodgate hiver 2010 video
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Voir la video sur le site de David Hockney

En 2012 avec le même procédé, il réalise “les jongleurs”, avec 18 caméras.


David Hockney – Les jongleurs 2012

Plusieurs autoportraits autoportrait 1, autoportrait 2, autoportrait 3, datent de cette année.

2014-2018, retour à Los Angeles

Après les expositions importantes de ses paysages anglais 2014-2018, retour à Los Angeles (avec son assistant Jean-Pierre) pour se recentrer sur ses recherches.

Il peint d’abord son jardin et sa maison, avec des couleurs saturées et des inversions de perspective.


David Hockney peint sa maison
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Garden 2015
Red pots in the garden 2017

En 2015, il invite tous ses proches à venir poser pour lui selon le même protocole, assis sur une chaise.


David Hockney portraits

Margaret sa sœur
Edith Devaney
Célia Birtwell
John Fitzherberg
Jean-Pierre Gonzalez de Lima.
Tous sont venus au fil de l’année, il a peint 82 amis et proches de sa famille.


David Hockney un intérieur plus grand 2017 acrylique sur toile 121.9 x 243.8 cm collection particulière

Puis, il s’est lancé dans une série de peintures hexagonales, utilisant des toiles découpées et un point de fuite devant, et non derrière, comme dans la peinture traditionnelle chinoise. Réinterprétant ses peintures andalouses et les Annonciations du quattrocento.
Partout où on l’invite, il cherche à convaincre que la perspective inversée est plus apte à traduire notre perception psychologique de l’espace. En 2017 rétrospective au Centre Pompidou à la Tate gallery et au MET Muséum. En 2018 il est amené à dessiner pour l’abbaye de Westminster un vitrail dédié à Elisabeth II. La reine, en 2012 l’avait honoré de l’Ordre du Mérite.

Voir David Hockney en 2017

2019, installation en Normandie>

En 2019 lors d’un voyage en France, il a visité à Bayeux et la tapisserie de la Reine Mathilde, avec sa graphie narrative si vivante. Il a demandé à ses assistants de lui trouver en pleine nature une maison dans le bocage normand, parce qu’il avait envie de changer de décor, parce que dit-il : « il aime la cuisine et les vins français et qu’il veut fumer comme un pompier tranquillement » (il est contre les lois antitabac). Il a acheté une maison longère avec un ancien pressoir à cidre où il a fait son atelier, à côté de Beuvron en Auge. Il a trouvé son Giverny (Monet n’est pas loin), mais pendant le confinement, entre aquarelles, peintures et travaux sur iPad, il a observé la nature. Il a posté : “Souvenez vous qu’ils ne peuvent pas annuler le printemps”.

Voir David Hockney, en Normandie


David Hockney décline les 4 saisons au Musée de l’Orangerie

Au musée de l’Orangerie, deux grandes fresques de 12 m de long chacune rassemblent ses travaux sur iPad, imprimés et qui traduisent avec une remarquable dextérité, la simple joie de vivre et d’être là, avec toute la fraîcheur de ses 85 ans.

Voir David Hockney au centre Pompidou.


Interview de David Hockney

Hockney a fait sien le programme de Matisse : “Un art d’équilibre, de pureté, de tranquillité, quelque chose d’analogue à un bon fauteuil”. En même temps, comme Picasso, il a tenté d’être perpétuellement dans la réinvention formelle. La critique d’art, selon les périodes, l’a encensé ou rejeté … aujourd’hui son dernier acte, mettant les nouvelles technologies au service de la vision la plus classique, intéresse tout à la fois la critique et le grand public. Lorsqu’on lui demande quel rapport il a aujourd’hui avec celui qui a incarné l’art de vivre en Californie, il répond : “Quand je peins, j’ai toujours l’impression d’avoir 30 ans”.