Art et nature (saison 2)

Berdaguer et Péjus, (Christophe et Marie) nés en 1968 et 1969 à Marseille. Ils explorent les interactions entre, cerveau, corps, environnement, espace construit, qu’ils matérialisent par des formes diverses. Ils sont présents aussi au musée Zadkine avec des arbres en résine dont le feuillage a des formes organiques.


Berdaguer et Péjus – Arbre, 2018
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Hicham Berrada, né en 1986 à Casablanca. Il travaille à partir de réactions chimiques qu’il met en scène.
Il a été invité au Louvre-Lens dans l’exposition “Paysages générés“.


Hicham Berrada – “Kéromancie” (2018-2019)
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Il présente au musée Zadkine d’étranges sculptures végétales, des arbustes, des buissons, réalisées selon une procédure étonnante qui doit tout au hasard : dans une eau additionnée d’acide, l’artiste y plonge de la cire, et lui laisse adopter la forme qu’elle veut. Ensuite il fond cette forme dans le bronze, l’étain, ou le laiton pour en faire des sculptures. Au sein de leur aquarium, les sculptures abstraites sont en constante évolution (leur dégradation est accélérée par les produits chimiques). On peut en tant que spectateur, y voir tantôt des arbustes, tantôt des silhouettes humaines.
Il montre en vidéo le processus de transformation de la cire (métaphoriquement c’est aussi l’expression de la transformation de nos paysages). Voir un commentaire (Louvre Lens).

Voir également :
Kéromancie #3
Kéromancie #3 (détail)

Kim Simonsson, né en 1974 en Finlande. À l’origine c’est un artiste céramiste, il a eu l’idée de recouvrir ses réalisations, (des formes d’enfants) de mousse synthétique, et il a ainsi créé, un petit peuple d’êtres de la forêt, qui semble issu des contes de fées nordiques.


Kim Simonsson – Moss People 2018, sculptures en céramiques et mousse synthétique
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Il les expose en galerie, mais aussi les photographie dans des décors naturels… et là on hésite entre l’idée d’une humanité issue du monde végétal… ou revenue au monde végétal.
Voir d’autres oeuvres de Kim Simonsson

Émeric Chantier, né en 1986 à Paris. Lui aussi présente des sculptures de mousse, mais qui, le plus souvent, évoquent des vanités. Il mêle du végétal, des végétaux séchés, et des matières industrielles. Des narrations poétiques techniquement très méticuleuses.

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Emeric Chantier au travail

Voir également :
Sans titre
Sans titre

Voir d’autres oeuvres d’Émeric Chantier.

Jan Fabre, né en 1958 à Anvers. Il prolonge par du végétal, les circonvolutions de ses cerveaux de marbre, dont les tiges, où se posent des insectes, semblent tout naturellement émerger.


Jan Fabre – Venise 2012
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Voir également :
Sans titre
Sans titre

Là encore fusion, humain / végétal.

4) Les démarches militantes

Joseph Beuys, (1921-1986). C’est probablement le pionnier, son engagement dans la fondation du parti des Verts en Allemagne, et ses actions artistiques destinées à sensibiliser le public aux questions de l’environnement sont les premières du genre chez les artistes.


Joseph Beuys – Bog action, 1971
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On le voit nager dans les marécages pour protester contre l’assèchement du Zuider Zee. “Les marais sont les éléments les plus vivants du paysage européen, pas seulement du point de vue de la flore, de la faune, des oiseaux, et des animaux, mais aussi comme réserve de vie, de mystères, d’échanges chimique, d’histoire”.

L’action 7 000 chênes, pendant la 7e documenta de Kassel en 1982, a pris la forme d’une véritable campagne écologiste. Il s’agissait de faire planter 7 000 chênes, dans la zone urbaine de Kassel, par des souscripteurs, prenant en charge de transport et la mise en place de chaque arbre, en échange d’un certificat signé par l’artiste. Celui-ci a planté symboliquement le premier arbre, devant le Muséum Fredericianum. Les 7 000 blocs de basalte entreposés sur la place, ont suscité l’indignation, mais en même temps contraignaient la municipalité à remplir ses engagements, pour favoriser le déroulement de l’action.
Beuys avait prévu de planter lui-même le 7 000 ème arbre 4 ans plus tard pendant la Documenta 8, mais il est décédé à un ans avant, et c’est son fils qui l’a fait à sa place.

Fabrice Hyber, né en 1961 à Luçon.
Il se dit “artiste, entrepreneur, médiateur et créateur déluré“. Connu du grand public pour son homme de Bessines (homme fontaine), il vit en Vendée, près de la ferme de son enfance, où il est en train d’aménager une vallée en lieu de rencontres artistiques. Il y a 20 ans, il a semé, avec son père une forêt 100 000 arbres pour composer ce qu’il appelle “le biotope idéal“. En effet au sortir de ses études aux Beaux-Arts de Nantes, il a racheté les terres de la vallée, avec son père, alors qu’à perte de vue il n’y avait que des champs; à cause du remembrement. Ils ont semé (et non planté) des séquoias, des chênes, des frênes, des amandiers, des charmes, des sureaux, des cormiers… en faisant financer ceci par des entreprises.
Je voudrais que cette vallée soit un lieu de travail, de rencontres, d’échanges autour des arts et de l’agriculture, que les promeneurs puissent découvrir ici, des œuvres et des arbress”.

Ses œuvres, depuis 20 ans, prennent pour modèle de développement, le rhizome, le principe de croissance des végétaux.
À la Biennale de Lyon en 2013, il nous faisait pénétrer dans son “prototype paradis“. Il a proposé, à un moment, de remplacer tous les arbres décoratifs par des fruitiers. Il a imaginé des arbres poussant, sur des sols pollués et suintant du pétrole, et des arbres obligé de fuir pour échapper à les sols pollués.


Fabrice Hyber – Prototype de Paradis, Biennale de Lyon 2013
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Il a imaginé de sauver les arbres, d’un désastre écologique, en embarquant chaque espèce sur une île du Pacifique, comme une arche de Noé pour végétaux. De ce projet qu’il appelle “Ile flottante” en 2012 il l’a (partiellement) concrétisé dans l’estuaire du Canal Saint Félix à Nantes, rassemblant différentes embarcations en mauvais état, pour accueillir une végétation hétéroclite, laissant penser qu’avec le temps une île se formera, qui sera le havre de l’humanité future (commande publique dans le cadre des voyages à Nantes.

Fabrice Heyber, est davantage dans le rêve et la fantaisie poétique, il dit que sa pensée et son oeuvre se développent en rhizome (comme le modèle de développement des végétaux), mais son engagement pour la nature est authentique.

Voir d’autres oeuvres de Fabrice Hyber.

Olafur Eliasson, né en 1967 à Copenhague, de parents en islandais, son père était pêcheur, et peintre paysagiste. Il pratique un art éco-responsable.

Entre 1996 et 2001, il réalise Green River. Il a déversé dans 6 villes traversées par des fleuves de l’uranine, (c’est un colorant très puissant mais inoffensif, soluble dans l’eau qui est utilisé pour tester les courants marins). Le but était d’attirer l’attention sur l’eau en tant que force vive, dynamique, à laquelle, dans les espaces urbains en particulier, les gens de prêtent pas attention.


Olafur Eliasson – Ice watch (2015) Paris
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En 2015 à Paris, en décembre, pendant la COP21, il a installé en cercle, devant le Panthéon, 100 tonnes de glace, en provenance des glaciers du Groenland arrivés de nuit dans six porte-conteneurs réfrigérés. Les 12 blocs forment les chiffres d’une horloge. 100 tonnes de glace, est l’équivalent de la glace qui fond chaque centième de seconde, au Pôle Nord. L’œuvre évoque l’idée d’un compte à rebours, d’un cadran polaire.

En 2016, il est invité à Versailles, dans le Bosquet de la Colonnade, autour de la sculpture de François Girardon l’enlèvement de Proserpine par Pluton.


>Olafur Eliasson – Glacial Rock Flour Garden, bosquet de la Colonnade, Versailles 2016
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Il a installé un tapis de moraine (résidus fertiles des glaciers et provenant du Groenland). Proserpine étant la déesse protectrice de la germination des plantes, l’idée était que, “avec cette moraine, qui peut paraît sombre et triste, on pourrait fertiliser les sols en Afrique et en l’Amérique latine“.

La cueillette des tomates sur le toit de son studio à Berlin, où 90 personnes (architectes, designers, historiens d’art, artisans, web designers … et cuisinières) mangent bio et végétariens.

Jacob Kirkegaard, né en 1975 au Danemark.
C’est un artiste sonore, qui enregistre toutes sortes de sons en provenance de la nature.


Jacob Kirkegaard – Installation, Schirn Kunsthalle de Francfort 2019
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En novembre dernier à la Schirn Kunsthalle de Francfort, dans le cadre d’une exposition consacrée à l’idée du “Territoire sauvage“, il nous a plongé dans une petite salle toute rouge dans laquelle on entendait, amplifié le bruit que font les gouttes d’un glacier qui fond.

Tacita Dean, née en 1965 à Canterbury.


Tacita Dean – Quaternary, Schirn Kunsthalle de Francfort 2019
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Dans la même exposition, elle présentait Quaternary, un très grand polyptyque de photogravures montrant, en noir et blanc, un paysage désolé, sans trace humaine, sans trace de vie tout court. Elle imagine ce que serait notre environnement, après une immense éruption volcanique. Les phrases gravées, qui ponctuent ce monde apocalyptique, désignent l’emplacement de lieux habités, de villes qui n’existent plus. De l’anticipation catastrophiste.

Berlinde de Bruyckere, née en 1964 à Gand.

Née en 1964 à Gand en Belgique,


Berlinde de Bruyckere L’arbre blessé, Pavillon belge à Venise en 2013

Elle l’occupait en 2013, le pavillon belge de la Biennale de Venise, avec une installation intitulée “l’arbre blessé“. A terre, dans une pièce sombre, un arbre couché gigantesque, et par endroit emmailloté dans des pansements. Comme ces arbres ne sont ni des vrais, ni du bronze, la sensation est très particulière, car ce sont des modelages en cire, qui ont une présence tactile presque humaine, en tout cas très proche de celle de nos os et de nos muscles.
Voir également :
L’arbre blessé, Biennale de Venise 2013
L’arbre blessé, Biennale de Venise 2013

Zoé Léonard, née en 1961 aux Etats-Unis.

Comme Berlinde de Bruyckere, elle veut soigner les arbres, et elle montre une collection de grandes photos d’arbres maltraités, martyrisés en milieu urbain.


Zoé Léonard – Arbres blessés, 2018
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Voir également :
Arbres blessés (1)
Arbres blessés (2)

Klaus Littmann, né en 1951 en Suisse.
Il a été à Düsseldorf l’élève de Joseph Beuys. Quand il a entendu cet été, que la forêt amazonienne brûlait, il a pensé qu’un jour peut-être, on irait voir des arbres comme on va au zoo. Alors dans le stade de Klagenfurt en Autriche, un stade de 30 000 places, il a planté 300 arbres.

On donne à voir des arbres comme à un spectacle.

Philippe Echaroux, né en 1983 à Marseille, photographe street-artiste, il s’est rendu en Amazonie à la rencontre de la tribu Surui, qui ne compte plus que 1 300 habitants, et qui sont des Indiens, grands défenseurs de la forêt. Il a fait leurs portraits qu’il a projeté sur les arbres de la forêt, pour défendre leur cause. Son idée est de dire : “Quand tu abats un arbre, c’est comme si tu abattais un homme“.

Voir d’autres oeuvres de Philippe Echaroux.