Art et nature (saison 2)

De façon très différente on aurait pu, à la manière de la terre de Dubuffet, évoquer aussi :

Miguel Barcelo, né en 1957 partage sa vie entre un village Dogon et Majorque, il travaille entre peinture et modelage.

Depuis longtemps, il a rendu terreuse ses peintures.


Miguel Barcelo – 2h30 gare du Nord, 2000 huile sur toile
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Les couleurs terre envahissent tout !
Voir également :
Le Louvre grande galerie, 1985 envahie par une couleur de terre.
Mon atelier, 2000.

Il a recouvert d’argile à la cathédrale de Palma de Majorque en 2006-2007.


Miquel Barceló et la Seu de Palma de Majorque

A la BNF en 2016, il a couvert les vitres d’argile pour dessiner aux doigts, dans l’argile fraîche, un monde de personnages d’animaux, qu’il avait intitulé Le Grand verre de terre (en référence à Duchamp).
Voir l’exposition à la BNF

Dans la famille Cézanne, à la manière de la carrière de Bibémus(1895), avec son goût pour la géologie.

Per Kirkeby, 1938-2018. Il est danois et a d’abord fait des études de géologie. Toutes ses peintures sont inspirées de paysages du Danemark, et de la Suède, c’est une œuvre minérale et colorée, qui mêle figuration et abstraction.


Per Kirkeby – Sans titre, 1998, huile sur toile, 300 x 500 cm
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Voir également :
Sans titre, 2005
Sans titre, 2005
Cossus ligniperda, 1989
On retrouve comme des strates géologiques, et il déclare : “Je suis un peintre de l’ancienne école, qui est soumis et dépendant des choses vues et perçues, comme de la lumière qui les entoure“.

Voir d’autres oeuvres de Per Kirkeby.

Dans la famille Courbet, à la manière de La source dans le Jura de 1860, on trouve 3 peintres contemporains récemment invités en résidence à Ornans pour se confronter à l’œuvre du maître.

Malgorzata Paszko, née en 1956 à Varsovie. Elle travaille en France depuis 1976. Elle a même été pensionnaire de la Villa Médicis en 1986-87. Elle peint en grand format, des paysages humides et flous, en travaillant sur sa toile mouillée, avec des pigments, du liant, et avec beaucoup d’eau.


Malgorzata Paszko – Champs IV, 2013 Acrylique sur toile 137 x 130 cm
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Voir d’autres oeuvres de Malgorzata Paszko.
Les toiles ressemblent à des aquarelles.

Antoine Correia, né en 1976 à Paris. Il peint un monde plus ou moins chaotique, tourmenté, dans un style post-expressionniste.


Antoine Correia – Paysage (Dyptique) 2013 huile sur toile 100 x 200 cm
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Voir également :
Lieu de la Tentation, 2009.
Paysage, 2009.

Voir d’autres oeuvres d’Antoine Correia.

Ronan Barrot, né en 1973 à Carpentras, il peut lui aussi être qualifié d’expressionniste.


Ronan Barrot – Arbre paysage, 2008, huile sur toile 210 x 130 cm
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Voir également :
Sans titre, 2007
Paysage, 2007

– D’autres oeuvres de Ronan Barrot.
Voir : La nature: de Gustave Courbet aux artistes du XXIe siècle, regards croisés

Dans la famille Gustave Klimt, à la manière de la hêtraie (1902)

David Hockney, né en 1937 en Angleterre. Après savoir incarné le pop art britannique, Hockney a passé une grande partie de sa vie en Californie, où il a peint ses fameuses piscines, qui l’ont rendu célèbre. En 2005, à 68 ans, il est rentré en Angleterre, plus précisément à l’est du Yorkshire, où il avait passé son enfance. Là, il a peint d’immenses forêts frontales, qu’il réalise par adjonction de plusieurs panneaux, car il tient à s’immerger dans le paysage.


David Hockney – Woldgate Woods 2006 huile sur toil 300 x 200 cm
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Couleurs assez Pop. Il aime multiplier les points de fuite (dans chaque panneau, il y a un point de fuite différent).

Ses tableaux suivent le fil des saisons

Voir également :
La forêt
La forêt
À partir de 2010, il a découvert la possibilité de dessiner sur écran. C’est un iPad qui lui sert de carnet de croquis désormais.

En 2011, il a offert au Centre Pompidou, un paysage immense intitulé l’arrivée du printemps à Woldate, composé de 32 panneaux. Hockney vit désormais en Normandie.


Exposition David Hockney – Galerie Lelong Paris 2015

Dans la famille Max Ernest à la manière de La forêt, 1927

Eva Jospin, née en 1975 à Paris.
Depuis 15 ans, Eva (fille de Lionel Jospin), se fait un nom en travaillant, et en sculptant le carton ondulé. En multipliant les couches, elle obtient un effet saisissant de réalisme de forêt, dense, et mystérieuse.

En 2016, dans la cour carrée du Louvre, on pénétrait dans son panorama

Et, tout récemment en 2018, a été inauguré, 53 rue de Grenelle un nouveau passage, entre des immeubles parisiens (Beaupassage), et elle a réalisé là, la traversée (une commande avait été passée par le cabinet d’architecte à 5 artistes).


Eva Jospin – La Forêt noire, 2019 Bronze, 78 x 58,5 x 14 cm Galerie Suzanne Tarasieve
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Tout récemment, certaines de ses réalisations sont moulées en bronze et ses paysages se diversifient.

2) Le complice des arbres

Giuseppe Penone, né en 1947 à Garessio, Italie.

Depuis le “J’ai empoigné un arbre de 1968, devenu en 1978, Poursuivra sa croissance, sauf en ce point, Pénone entretien avec les arbres, un rapport étroit de connivence.


Giuseppe Penone – L’arbre dans sa 22e année, 1969
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En 1969 “L’arbre dans sa 22e année” (l’âge de l’artiste, qui a dégagé d’une poutre, le jeune arbre du même âge que lui, en comptant les anneaux de croissance…)

Il a réalisé ses grandes installations intitulées Répéter la forêt, le cèdre de Versailles, tombé en 2000, et dont il a fait une porte en 2002, “Les Verde del Bosco“, qui sont des empreintes d’arbre, réalisées avec de la mousse et des feuilles trouvées sur place (sorte de frottage comme Max Ernst).

En 1984-86, il réalise Les Sentiers de charme, ces bronzes, très fins comme des peaux (fragiles) entre lesquels poussent, des arbustes, qu’il insère ensuite dans des paysages naturels..


Giuseppe Penone – L’Arbre des voyelles aux Tuileries

L’arbre des voyelles, installé dans le jardin des Tuileries 1999, est un moulage en bronze d’un arbre déraciné. A chaque point de contact de ses branches avec le sol, il a fait planter un jeune arbre, de telle sorte que la sculpture, l’arbre en bronze, donne naissance à des arbres vivants.

En 2013 son installation à Versailles arbre où la sève est remplacée métaphoriquement par une feuille d’or, puis arbre de bronze ouvert qui protège un jeune arbre au milieu.

L’idée du contact intime entre l’humain et le végétal est au cœur de son travail.

En 2002 au Centre Pompidou il réalise l’incroyable Dépouille d’or sur épines d’acacia (bouche) [Spoglia d’oro su spine d’acacia (bocca)], 2001-2002 Soie, épines, colle, or 3000 x 1200 cm (trente toiles de 100 x 120 cm chacune). Voir la feuille d’or au centre, voir un commentaire.

Plusieurs artistes partagent cette démarche.

3) Abolir la dualité homme/nature

Ana Mendieta, 1948-1985 (américano-cubaine)
Elle est contemporaine des premiers land artistes américains. Mais son parcours a été très mouvementé : née à Cuba, elle a été arrachée à sa famille pendant la Révolution castriste (son père emprisonné, elle a été envoyée dans un orphelinat aux États-Unis). Jeune femme, elle s’est consacrée à des performances, évoquant des rituels, le culte ancestral des forces naturelles… elle met en jeu son corps tout entier, fusionnant avec la terre, les arbres… Elle était la femme de Carl André, elle s’est donné la mort en 1985.


Ana Mendieta – Imágen de Yágul 1973 Photographie
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Voir également :
Tree of Life, 1976, photographie couleur, 50,8 x 33,7 cm
Birth 1974, photographie noir et blanc 76,2 x 101,6 cm

Ernest Pignon-Ernest, né en 1942 à Nice.
En réalisant, “Les arbrorigènes“, en 1989, il avait réussi à incarner la métamorphose de Daphné dans la mythologie. Ses moulages de corps féminins, en mousse souple, contenaient des micro-algues destinées à participer à la photosynthèse, à fusionner véritablement avec les arbres, et à se végétaliser progressivement.


Ernest Pignon-Ernest – Les arbrorigènes, 1989 Jardin des Plantes de Paris
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Voir également :
Les arbrorigènes, 1989
Les arbrorigènes, 1989

Céleste Boursier-Mougenot, né en 1961 à Nice. Il a occupé, en 2015, le pavillon français de la Biennale de Venise, avec une installation intitulée : “Rêvolutions“. Il s’agissait de 8 arbres, à l’extérieur comme à l’intérieur du pavillon, mobiles, fichés dans leur motte de terre, ils se déplaçaient doucement, et engendrant une partition sonore à partir de courants électriques qu’ils produisaient.


Biennale d’art contemporain de Venise 2015 – “rêvolutions” de Céleste Boursier-Mougenot

L’artiste révèle en quelque sorte le métabolisme des arbres, les variations du flux de leur sève, leur sensibilité au passage de l’ombre à la lumière, une invitation au rêve aussi bien sûr. Les arbres sont aussi des êtres vivants.

Javier Perez, né en 1968 à Bilbao. Il a fait de nombreux travaux de dessins et de sculptures sur des hybridations homme / végétaux. Cet automne à Paris, il participe à l’exposition le rêveur de la forêt (au Petit Palais et au musée Zadkine). Il présente des branches dont les extrémités sont lumineuses et dont les “fruits” sont des cœurs.


Javier Pérez – Trans (formaciones) I, (2010) bronze, résine polyester, parchemin, 72 x 165 x 135 cm
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Entre humain et végétal, un grand écart entre deux vieux mythes, et les récentes découvertes des chercheurs (Francis Hallé notamment) sur la capacité des arbres à éprouver des émotions.

Voir d’autres oeuvres de Javier Perez

Laure Prouvost, née en 1978 près de Lille, elle est présente aussi au musée Zadkine avec ses branches affublées de seins et de cuisses.


Laure Prouvost – Parle Ment Branches, 2017
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Elle est également présente au Petit Palais avec un arbre de seins disposé devant une tapisserie au petit point, sur laquelle on découvre l’artiste avec son arbre, au pied d’un immense monument dédié à la femme.

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