Cours du 23 novembre 2015

Les élèves ont une seule image à reproduire un chapeau. Il peint 400 chapeaux c’est une mise en boîte du monde de l’art, avec les refusés. Voir un commentaire (Centre Pompidou).

L’académie donne également des cours par correspondance.
Un jour les étudiants se révoltent sous l’influence de Kiga. Elle est l’incarnation de la peinture primitive, elle mélange ses excréments à des plantes aromatiques, obtenant ainsi un produit avec lequel elle fabrique des compositions à la manière de Cézanne,


Gérard Gasiorowski – KIGA, “les tourtes” (1976 – 1980)
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Kiga les tourtes 1979. elle façonne des objets, réalisés avec des excréments avec de la paille, puis cuites au four.

Les jus 1979 série Kiga. Le jus provient de la pressurisation des tourtes avant cuisson. peinture avec les doigts en utilisant les jus. C’est de début d’un langage, on reconnaît des figures humaines, des personnages, des outils, des objets.

Il s’est enfoncé dans une schizophrénie volontaire qui est jouée sur le mode de la régression artistique.

Les Paysans, descendants de Kiga, de la tribu imaginaire des Worosis, sont indifférents au marché de l’art, et organisent leur activité autour d’une peinture en prise directe avec la terre (Le Village des Meuliens, Les Charbonniers, Les Pissats…, 1981).

En 1981, il va reprendre pied grâce à Adrien Maeght qui lui propose une exposition dans laquelle il présente son académie, les fleurs, la guerre. Malgré l’échec cuisant de l’exposition, d’autres expositions seront organisées et soutenues par Maeght.

La ville de Paris lui propose en 1983, une exposition au musée d’art moderne. Le critique d’art, Bernard Lamarche-Vadel a écrit : “Cette oeuvre, au départ figurative ne représente rien, et c’est une série de formes organiques de la dissolution figurative, c’est sa majesté, et sa dissolution j’ajoute que ce peut être aussi celle de celui qui la regarde“.

Comme il va mieux, il annonce la mort de Kiga, qui a tué également le professeur Arne Hammer.

Il va reprendre goût à la peinture.

Série sur les cérémonies 1983. Il rend hommage à tous les artistes qui l’ont bouleversé. (ligne continue)


Gérard Gasiorowski – Hommage à Manet, (1983) Acrylique sur toile, 50 x 1000cm
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Hommage à Manet ligne continue, taureau à gauche, évocation du le torero mort et des peintures rupestres

Voir un commentaire (le Monde).

Voir également : Grand taureau dans le diverticule axial (1984), “Afin de ne pas montrer vraiment l’image du taureau de Lascaux j’ai regardé son arrière-train. On pense que c’est sa tête mais pas du tout, il s’agit du départ d’une de ses cuisses. L’autre est amputée, il s’agit de la préhistoire, des choses ont disparu, mais on voit aussi son sexe qui se promène, la vie bat encore.

Giotto atelier de Gasiorowski il a repris la position du personnage de Juda dans le baiser de Juda de Giotto (fresque de Giotto dans la chapelle Scrovegni, de Padoue 1303-05).

Voir entretien avec Thomas West


Gérard Gasiorowski – Parure, (1986)
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Parure
Voir d’autres oeuvres.


Gérard Gasiorowski – Fertilité, (1986) Installation de 12 toiles
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En 1986, il est à nouveau apprécié par les critiques, et il réalise fertilité jeu de variation sur le motif des carrés, qui s’opposent à des parties gestuelles avec 12 toiles mises bout à bout.
La même année en 1986, il réalise les stances, un interminable rouleau de 40 m
Les stances étaient réalisées à l’origine pour l’Abbaye de Fontevraud.


Gérard Gasiorowski – Stance, (1986) 40 m
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Enfin « Les Stances », œuvre monumentale qui s’étend sur 40 mètres. Cette œuvre où l’on peut voir « l’Homme qui marche » de Giacometti est traversée d’un fil d’Ariane qui résume à lui seul la force et la définition même de Gasiorowski.
Voir un détail.
Voir la présentation à la galerie Maeght.
A l’extrémité du tableau on trouve la citation de St Augustin :”Celui qui se perd dans sa passion, a moins perdu que celui qui perd sa passion“. Cela ressemble à un testament alors que Gasiorowski va décéder brutalement quelques semaines plus tard.

Voir ce que le peintre peut.


Gerard Gasiorowski – Nîmes 2010

Le carré d’Art à Nîmes a proposé du 19 mai au 19 septembre 2010 une Rétrospective Gérard Gasiorowski. “Recommencer-Commencer de nouveau la peinture”.

Voir l’exposition à la fondation Maeght (article de Libération) en 2012.


Gerard Gasiorowski – Fondation Maeght 2012

Gasiorowski a dit : Ne plus peindre pour épater la galerie, ne plus prendre des pincettes pour dire ce que à quoi on tient, ne plus faire du médium pictural un appât ou un leurre adorable mais lui rendre, au risque de déplaire, son caractère primordial, fondamental.
On dit que l’humour est l’élégance du désespoir, et Gasiorowski nous touche car il dit avec humour qu’il aimait désespérément la peinture.