Cours du 29 mai 2018


Sheila Hicks – Le trapèze de Cristobal (1971)
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Le trapèze de Cristobal. Le titre fait référence à son fils, Cristobal, qui aime travailler avec elle. Le travail consiste en vingt-trois faisceaux de fils enroulés, qui se ramifient, se courbent et se tortillent. Elle a appris à connaître la technique de l’enroulement lors de ses voyages en Amérique latine à la fin des années 1950.

En 1972-73 elle a séjourné au Maroc, où elle a observé les pratiques de tissage. Aidée par des femmes berbères elle a fait des tapis de prière.

Pour Sheila Hicks : « Il ne s’agit plus de faire des images avec du coton, du lin, de la laine ou de la soie, mais d’exalter la couleur et la matière, de stimuler notre perception dans l’espace »

Elle insiste beaucoup sur la familiarité des relations que nous entretenons avec le textile. Elle dit : « De la naissance à la mort, depuis les langes, doudou, vêtements, jusqu’au linceul, on a une relation au tissu qui est permanente aussi bien masculine que féminine« .

Commande pour un centre culturel au Japon.


Sheila Hicks – Flowering futur (2001) 2050 x 1150 cm Kiryu Japon
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Créé par Sheila Hicks, tissé et assemblé par le syndicat des manufactures de textile de Kiryu, ce rideau de scène du Kiryu Cultural Center est fascinant. Au-delà de ses dimensions (20,50 m de longueur sur 11,50 m de hauteur) et de son poids (850 kg), Flowering Future impressionne par son décor coloré aux papillons dansants. Un motif qui cherche à symboliser un futur fleuri pour les habitants de Kiryu.

Parmi les techniques qu’elle a appris au Mexique il y avait la technique d’entortiller des fils de couleur autour de tiges.

Fil de lin multicolore entortillé autour de forme tantôt de gros galets et de forme de bâtonnets. Les pierres sont appelés « pierre d’écoute » et les bâtonnets les « bâtons de parole » ce qui évoque des rituels magiques.

Ce que lui ont appris ses voyage en Inde et au Mexique c’est que toutes les couleurs vont ensemble, que l’on peut tout accorder.


Sheila Hicks – Lianes de Beauvais (2011 – 2012) Lin, coton perlé, laine, soie et nylon Centre Pompidou
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Lianes de Beauvais, ce sont des cordes en lin serrées les unes contre les autres nouées par endroit. Évoque les lianes de la forêt vierge et renvoie également à la Manufacture nationale de Beauvais qui est une institution en matière de tapisserie.


Sheila Hicks – Pêcher dans la rivière (2013)
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En 2012 elle réalise une installation « pêcher dans la rivière ». Ce sont des fibres naturelles présentées horizontalement et, avec humour, elle y a mêlé des vieux harpons qui remplacent le peigne du tisserand.

Commande pour un restaurant de luxe à New York.


Sheila Hicks – Baoli (2014 – 2015) Palais de Tokyo, Paris
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Au Palais de Tokyo en 2014-2015 elle a fait une installation de balles de laine colorées dans lesquelles le public était invité à se vautrer.


Sheila Hicks – La Sentinelle de safran
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La Sentinelle de safran composée de couleurs chaudes.

Voir une vue de l’exposition au centre Pompidou.


Sheila Hicks – Atterrissage (2014)
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Ce dispositif rappelle qu’elle a d’abord été formée en tant que peintre. Elle utilise le textile commune une coloriste. Grâce à elle, l’art textile n’est plus relayé dans la catégorie des Arts décoratifs, mais relève de l’art tout court ; elle se situe entre l’héritage art moderne et l’héritage des traditions non occidentales.

En savoir plus sur Sheila Hicks.


Les lignes de vie de Sheila Hicks au Centre Pompidou Paris

Sheila Hicks à Chaumont-sur-Loire.

Voir d’autres œuvres de Sheila Hicks.

Voir le site de Sheila Hicks.

Maria Lai (1919 – 2013) Elle crée dans un univers très différent où le décoratif est absent.

Elle est née en Sardaigne en 1919. À Ulassai. Très jeune en raison de sa santé fragile elle a été confiée à un couple de paysans qui vivait dans un village isolé, et c’est dans un isolement complet qu’elle a découvert son aptitude pour la création. Elle commença l’école à neuf ans et trouva difficile de lire et d’épeler jusqu’à ce qu’un professeur sensible (le poète et écrivain Salvatore Cambosu, qui devint plus tard son mentor et un ami proche) lui ordonna de lire à haute voix le verset et de suivre le rythme des énoncés.
Elle s’est ensuite formée, comme artiste, entre Rome et Venise, sous la direction de Arturo Martini.

Elle a vécu à Rome dans les années 60 où elle a renseigné. Elle rencontre alors les artistes de l’époque notamment les jeunes de l’Arte Povera.


Maria Lai – Berger avec troupeau (1960) Détrempe sur table
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Voir d’autres œuvres de la période 1960 – 1969

Dans les années 70 elle fait des compositions abstraites à base de tissu sur des supports de bois, pour organiser une composition géométrique.


Maria Lai – Métier à tisser du feu. Technique mixte, 1972
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Voir la maison cousue (1979).

Voir d’autres œuvres de la période 1970 – 1979


Se lier à la montagne (1981)

A Ulassai, 1981, elle réalise une véritable performance Land Art pour relier toutes les maisons du pays à travers 27 km de tissu bleu clair. Elle a fait participer tous les villageois en particulier les femmes et les enfants pour relier l’ensemble des maisons du village à la montagne. Elle a eu cette idée à partir d’un ancien conte populaire.
Voir d’autres photos.

Elle a fait également une intervention dans l’ancien lavoir du village d’Ulassai.


Maria Lai – Métier à tisser du feu. Technique mixte, 1972
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Le travail de Maria Lai est placée dans le plafond de la partie intérieure du bâtiment, est composé de différentes chaînes qui entremêlent et se lient sur les tuyaux de fer pour former un grand métier à tisser traditionnel.

Voir un commentaire.

Dans les années 80 elle a commencé à faire ce qu’elle appelle ses géographies. Ce sont des collages de tissu sur un support textile. Tous les graphismes sont brodés.


Maria Lai – Livres cousus, (1980)
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Des broderies qui ressemblent à des lignes d’écriture mais qui en fait ne sont pas lisibles.
Maria disait: « Mon rôle est de chercher des signes qui n’ont pas encore un sens, c’est plutôt un jeu, mais il a ses risques. Je joue avec les fils, mais mes fils contiennent électricité, provoquent décharges, brûlures, illuminations temporaires”.

Voir d’autres œuvres de la période 1980 – 1989

Elle est intervenue avec un ingénieur à une entreprise locale sur les murs de soutènement des routes en Sardaigne, la strada Barbara. Elle réalise des poissons en creux et en volume qui sont des moulages en ciment. Elle a réalisé cela en souvenir des pèlerinages à pied ou en charrettes à bœufs, pour demander que le village soit mis à l’abri des orages et de la sécheresse.


Maria Lai – Carte céleste, (1992)
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Voir d’autres œuvres de la période 1990 – 1999


Elle a collaboré avec la coopérative textile locale qui ont réalisé ces modèles de chèvre.

Elle a réalisé ensuite une importante série de livres cousus. Ces livres racontent tous des légendes sardes.

Voir d’autres œuvres de la période 2000 – 2011

Elle réalise également des céramiques.


Maria Lai – Métier à tisser, (1997) Céramique peinte
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Assemblage qui évoque le métier à tisser en même temps qu’une composition abstraite.

Elle a décoré la maison des inquiétudes ou des inquiets qu’elle a peuplé de créatures imaginaires empruntées aux légendes sardes.

En savoir plus sur Maria Lai.

Le musée de Maria Lai a été inauguré en 2006.

Sa dernière œuvre en 2011 a été installée dans la salle des Groupes parlementaires du Palazzo Montecitorio à Rome.


Maria Lai – Palazzo Montecitorio à Rome (2011)
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Les fils noirs dit-elle, rappellent les passages obscures avant l’unification de l’Italie.

L’oeuvre de Maria Lai est attachante, singulière et secrète même. Si elle se manifeste dans l’espace public, toute son oeuvre est un hommage aux tissus, aux fils, et à l’artisanat des femmes, qui se nourrit de mythes et de légendes du local. Elle disait : « L’art naît de l’amertume mais rend en douce l’existence« .

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