Cours du 24 mars 2014

L’art conceptuel

Sommaire : Robert Morris, Sol LeWitt , Joseph Kosuth, Lawrence Weiner


L’art conceptuel

C’est une forme d’art apparue vers le milieu des années 60, chez des artistes d’horizons divers, qui s’interrogent sur le mot art, et qui voient en Duchamp le précurseur. Catherine Millet en donne la définition suivante : L’art conceptuel ne signifie pas réduction de l’oeuvre en une idée, un concept, mais idée de l’art, concept de l’art.
Les artistes cherchent a sortir du formalisme (l’art rétinien de Duchamp). Chez beaucoup d’entre eux, le langage, la philosophie, et même les mathématiques jouent un rôle important.
C’est un courant qui est parallèle en littérature analytique dans le domaine de la linguistique du culturalisme de la sémiologie. L’impulsion vient des Etats-Unis, à travers le travail de Duchamp et l’art minimaliste. Les artistes sont en même temps des théoriciens (ils font le travail des critiques d’art).

Robert Morris né en 1931. Grand éclectisme de son travail (musique, danse, sculpture, littérature), avec une grande cohérence intellectuelle. Après de longues études universitaires au Kansas, il a écrit une thèse sur Brancusi, et des essais critiques, il s’intéresse a la musique et a la danse.
Dans les années 50, il était en Californie et il s’est intéressé aux recherches des musiciens d’avant garde (La Monte Young, et John Cage).
Il épouse une danseuse et chorégraphe Simone Forti. Il travaille ensuite à New York avec le Judson Dance Theater pour lequel il a chorégraphié quatre pièces.


Robert Morris – 1964 avec Carolee Schneeman
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1964 avec Carolee Schneeman.
Pose de l’Olympia de Manet. L’artiste déplace un grand panneau de contreplaqué blanc durant le spectacle. C’est un jeu permanent visuel de géométrie dans l’espace. La géométrie c’est le corps.
Voir également scène 1, scène 2, scène 3.


Robert Morris – 21.3 (1964)
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21.3 1964 il est habillé en orateur, il mime la lecture d’un traité d’Erwin Panofsky. Les gestes sont en contradiction avec ce que dit sa voix.


Robert Morris – Waterman Switch
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Waterman Switch, un couple s’enlace de manière asexuée, les pieds posés sur des poutres de bois. Ils semblent tirés par une femme (habillée en homme) qui est elle même manipulée depuis les coulisses. Voir également scène 1, scène 2, scène 3.


Robert Morris – Box for standing (1961)
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Box for standing 1961. Boite fabriquée aux mesures exactes de son corps. Performance : Il est debout dans cette boite, puis il tombe au sol avec sa boite.


Robert Morris – I Box (1962)
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I Box 1962
Le corps doit se confronter avec les objets. Il dispose de la photo de son corps nu dans la boite.

Passageway 1961 réalisé dans le studio de Yoko Ono.
Richard Serra est dans cette même trajectoire.


Robert Morris – Box with sound of’ils own making (1961)
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Box with sound of’ils own making 1961
Il s’est enregistré lorsqu’il construisait la boite. La boite est remplie par les bruits de la vie.
Voir un commentaire.


Robert Morris – Card File (1962) Tiroir de fichier métallique, monté sur planche de bois, fiches cartonnées 68,5 x 27 x 4 cm Centre Pompidou Paris

Card File 1962 Pompidou
Card File (en français tout simplement fichier) répond au projet d’une œuvre entièrement tautologique, qui n’est constituée que de sa propre histoire : rien qu’une série de fiches, alignées dans un classeur de type Cardex, regroupant par ordre alphabétique les données constitutives de l’œuvre. A « Décision », on peut lire la liste des premières fiches et la date de leur choix ; à « Erreurs » le recensement des fautes d’orthographe contenues dans les autres fiches ; à « Titre » le titre ; à « Signature » la signature de Morris, etc, la plupart des fiches renvoyant l’une à l’autre. Ce jeu virtuellement infini est arrêté par décision arbitraire au 31 décembre 1962, comme l’indique la fiche « Travail ».
Card File anticipe le mouvement de l’Art conceptuel qui s’efforce, dans les années 60 et 70, d’appliquer aux arts visuels un modèle issu de la philosophie du langage (en particulier celui de J. L. Austin, dont les articles ont été publiés sous le titre How to do Things with Words*, littéralement « comment faire des choses avec des mots »).

Robert Morris – Litanie (1963). Trousseau de cle.
Dans les années 60 63 action de dématérialisation des oeuvres d’art.


Robert Morris – Memory drawings (1963) Installation à la galerie Leo Castelli
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Memory drawings 1963. Comment dessiner ou mesurer la mémoire. Il a rédigé un texte sur la mémoire, il a essayé ensuite de le mémoriser en le retranscrivant plusieurs fois. Exposition chez Leo Castelli. Comparaison des écrits par les spectateurs. Voir un commentaire.
Le moi est un enregistrement.


Robert Morris – Crisis (1962)

Crisis 1962. Il a réagit a l’annonce de la mise en quarantaine de Cuba. Il a collé les unes des journaux, puis les a recouvert de peinture.


Robert Morris – Plywood show, green gallery (1964)
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Plywood show, green gallery 1964. Ce n’est plus le corps de l’artiste qui est confronté à la géométrie du lieu, mais le corps des visiteurs.

Voir un commentaire.

Robert Morris – Bodyspacemotion things 2009 Tate gallery Londres.

Depuis 1967
Michael Fried reproche à Morris d’imposer au spectateur l’ordre de s’y impliquer et d’en être tributaire. Il n’y a rien sans la présence du spectateur.
Pour lui une oeuvre doit être autosuffisante et autonome. Une oeuvre autonome affirme son être présent de façon à ravir le spectateur, à l’arracher aux flux du temps pour le projeter dans un présent continu et perpétuel (Michael Fried)
C’est une question qui peut se poser également pour les oeuvres minimalistes et qui continue à être d’actualité. Morris a mis en évidence ce questionnement parce qu’il a fabriqué des oeuvres qui font jouer soit son propre corps soit le corps des spectateurs.
Voir la Cheminements à partir de l’oeuvre de Michael Fried.

L’éphémère est un autre aspect du travail de R. Morris.

Stream 1967 utilisation de la vapeur d’eau. Voir un commentaire.
Il a été un précurseur du land art.

Un autre aspect de son travail est l’informe.


Robert Morris – Treadwaste (1968)
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Treadwaste 1968. Chute de feutres, filasses, cuirs, miroirs, Morris abolit la forme. C’est une sculpture de l’anti-forme, qui abolit la forme. Il veut explorer les formes molles, pour lui c’est juste s’opposer aux derniers avatars de l’idéalisme rationnel hérité de Platon.

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