Les sorcières, d’hier et d’aujourd’hui

La figure de la sorcière constitue un thème intarissable qui traverse de nombreuses disciplines, de l’histoire à la sociologie, en passant par la psychanalyse et la littérature. Si la répression massive des femmes accusées de sorcellerie entre le XVe et le XVIIe siècle est bien connue, ces figures ont ensuite hanté le romantisme du XIXe siècle, alors féru de sciences occultes. De retour sur le devant de la scène au XXIe siècle, la sorcellerie est devenue un sujet politique et culturel pleinement réinvesti par les mouvements féministes.
Qu’en est-il alors de leur représentation dans l’art ? Vieilles femmes terrifiantes ou jeunes ensorceleuses, accompagnées de chats noirs ou juchées sur des balais : nous vous proposons de traverser les siècles en compagnie de ces figures fantasmées, détentrices de savoirs mystérieux.

Intervenante : Agnès Ghenassia


Pourquoi vous proposer ce thème en ce moment ?
Parce qu’à la fin du mois d’octobre, nous fêtons Halloween — une célébration que notre jeunesse a empruntée aux Américains et qui stimule bien sûr la consommation. Mais c’est surtout parce que j’avais repéré une importante programmation d’expositions sur ce sujet à travers le monde et les régions :

À Montréal, d’octobre 2024 à avril 2025 ;


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Au musée de Pont-Aven, de juin à novembre 2025 ; qui se concentrait sur la représentation des sorcières au 19e siècle.


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Au château des ducs de Bretagne, à Nantes de février à juin 2026 ;


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À Daoulas, de juin à novembre 2026 ;


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À Bordeaux, au musée d’Aquitaine, d’octobre 2026 à mai 2027 ;


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Voir également.

À Marseille, à la bibliothèque départementale, de septembre 2026 à mars 2027…


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… et peut-être d’autres encore qui m’ont échappé.
Ce qui est incroyable, c’est la continuité historique de notre relation avec la figure de la sorcière, de la plus haute Antiquité à nos jours.

Lilith, la première insoumise

La première femme accusée de connivence avec le diable est Lilith. Elle apparaît en Mésopotamie puis dans la Bible hébraïque comme la première compagne d’Adam. Elle aurait fui le paradis après que ce dernier eut refusé qu’elle soit son égale. S’étant envolée comme un oiseau, elle rôderait depuis dans la nuit au-dessus de la mer Rouge tel un démon, semant la désolation.
Ses attributs sont les suivants : les ailes et les animaux nocturnes, que l’on voit apparaître sur ce bas-relief babylonien du British Museum.


Lilith, 1800-1750 avant J.-C. haut-relief en terre cuite 49,5 x 37 cm British Museum
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Rien de tout cela, en revanche, dans cette peinture du XIXe siècle anglais de Dante Gabriel Rossetti, Lady Lilith, qui la dépeint comme une femme séduisante.


Dante Gabriel Rossetti, Lady Lilith 1873 huile sur toile 96,5 × 85,1 cm Delaware Art Museum Wilmington USA
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Voir un commentaire.

Comme la légende suggère que Lilith aurait envoyé à Ève le fameux serpent tentateur, John Collier la représente enveloppée par un reptile en 1887.


John Collier Lilith 1887 huile sur toile 194 × 104 cm Musée de Southport Angleterre
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De son côté, Richard Westall l’associe en 1831 à Faust (Faust et Lilith), qui a noué un pacte avec le diable.


Richard Westall Faust et Lilith 1831 huile sur toile 248,4 × 174 cm Collection particulière
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Plus proche du mythe d’origine, Anselm Kiefer a consacré plusieurs œuvres à Lilith, la montrant sous la forme d’une simple robe plâtrée flottant au-dessus d’une ville en ruine ou de la mer Rouge.


Anselm Kiefer Lilith 1998 Technique mixte 129,5 × 156,8 cm Musée d’Art Moderne de San Francisco (SFMOMA)
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Il la représente ici flottant au-dessus de la mer Rouge dans un livre en plomb.


Anselm Kiefer Lilith am Roten Meer (Lilith de la mer Rouge) 1990 Technique mixte 280 × 640 cm musée d’art contemporain de Berlin (Allemagne)
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L’idée qu’elle sème la désolation est clairement son sujet (en voici un détail).

En 1976, un petit groupe de femmes juives américaines, sous l’impulsion de Susan Weidman Schneider, a fondé le magazine Lilith: The Independent Jewish Women’s Magazine, qui se veut indépendant, juif et résolument féministe.


Lilith
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Distribué aux abonnés et en kiosque, ce titre utilise la figure de Lilith — la rebelle par excellence qui a refusé d’obéir à Adam — comme porte-drapeau des revendications féministes contemporaines.
Enfin, on peut aujourd’hui trouver dans le commerce des statuettes de Lilith en bois sculpté, considérées aujourd’hui comme des accessoires gothiques.

Les magiciennes et déesses de la nuit de l’Antiquité gréco-romaine : Hécate et Circé

Hécate :
Sur ce relief grec, découvrons Hécate.


Hécate IIe siècle apr. J.-C. 64 x 41 cm Galerie nationale de Prague
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Reine de la magie et de la sorcellerie dans la mythologie grecque, cette fille de deux Titans est capable du bien comme du mal.

Elle est souvent représentée avec trois visages, parfois trois corps.


Hécate IIIe siècle apr. J.C. 124 x 51 x 24 cm Musée Lapidaire d’Avignon
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En Grèce, on lui apportait des offrandes chaque mois, lors de la nuit de la nouvelle lune, et son culte s’est poursuivi durant la période romaine. Ses attributs sont la lune, les torches, les chiens et les serpents, comme l’illustre cette médaille.


Hécate, création contemporaine
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Sur ce vase peint, elle guide Perséphone aux Enfers. Perséphone émerge à moitié du sol, coiffée d’un diadème. Elle est guidée par le dieu psychopompe Hermès. Au centre, la déesse Hécate éclaire le chemin à l’aide de deux grandes torches.


Hécate 440 av. J.-C. Metropolitan Museum of Art (The Met) à New York
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; sur cet autre, elle brandit une torche face à Cerbère et Héraclès.


Hécate 330–320 av. J.-C. Staatliche Antikensammlungen de Munich
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Circé :
Quant à Circé, l’Odyssée nous apprend qu’elle retint Ulysse pendant un an et transforma ses compagnons en pourceaux.


Circé et Ulysse, illustration pour une édition de Boccace, 1474
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Au XVIe siècle, Dosso Dossi peint Circé et ses amoureux dans un paysage, dans une esthétique maniériste.


Dosso Dossi, Circé et ses amoureux dans un paysage, 1525 huile sur toile 100,8 × 136,1 cm National Gallery of Art à Washington
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C’est une magicienne ensorceleuse qui excelle dans l’art de soumettre et d’asservir les hommes. Fille du dieu soleil Hélios et de l’Océanide Perséis, elle maîtrise l’usage des drogues et des poisons. On dit que son palais, au milieu des bois, était gardé par une meute de loups et de lions qui n’étaient autres que des marins égarés qu’elle avait jadis ensorcelés.
L’histoire de l’art s’en est largement emparée :
Bartholomeus Spranger propose son Ulysse et Circé.


Bartholomeus Spranger, Ulysse et Circé, 1580 huile sur toile 108 × 72 cm Kunsthistorisches Museum Vienne Autriche
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Au XVIIe siècle, Giovanni Battista Trotti montre Circé redonnant forme humaine aux compagnons d’Ulysse.


Giovanni Battista Trotti, Circé redonnant forme humaine aux compagnons d’Ulysse, 1610 fresque murale Palais du Jardin (Palazzo del Giardino) à Parme, Italie
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Angelo Caroselli réalise Le Royaume de la sorcière Circé.


Angelo Carosselli, le royaume de la sorcière Circé, 1630 huile sur toile 60.5 x 74 cm Museo Statale d’Arte Medievale e Moderna d’Arezzo Italie
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Au XIXe siècle, John Collier signe une Circé sensuelle.


John Collier, Circé 1885 huile sur toile 133 x 219 cm Collection privée
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John William Waterhouse peint Circé offrant la coupe à Ulysse (où l’on aperçoit le héros dans le miroir)


John William Waterhouse Circé offrant la coupe à Ulysse 1891 huile sur toile 149 x 92 cm Gallery Oldham, Royaume-Uni
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… puis Circé la magicienne (1911). Dans cette œuvre, elle apparaît comme une érudite pensive plutôt que comme une femme fatale.


John William Waterhouse Circé la magicienne 1911 huile sur toile 76 x 110.5 cm Collection particulière
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Wright Barker montre Circé entourée de ses fauves dociles.


Wright Barker, Circé, 1889 huile sur toile 138 x 188 cm Cartwright Hall Art Gallery située à Bradford, Royaume-Uni.
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En 1910, Frederick Stuart Church la place devant ses fauves ; elle semble ici agir sur des divinités célestes (une légère apparition se devine dans le fond).


Frederick Stuart Church, Circé 1910 huile sur toile 81,3 x 137 cm Smithsonian American Art Museum à Washington
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Enfin, Gustave Moreau en fait le seul motif figuratif sur un fond abstrait et tumultueux.


Gustave Moreau, Circé 1910 huile sur toile 105 x 85 cm Musée Gustave Moreau, Paris
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On le voit : les toutes premières sorcières sont de jeunes femmes — jamais de vieilles femmes au nez crochu. Elles sont indépendantes, belles, séduisantes et possèdent des pouvoirs singuliers qui les rendent redoutables.

La chasse aux sorcières (fin du XVe – fin du XVIIe siècle)

Le cas de Jeanne d’Arc (1430) :
Jeanne d’Arc fut l’une des premières accusées de sorcellerie, d’erreurs et de crimes hérétiques, d’idolâtrie et d’invocation des démons. On peut voir ici Jeanne d’Arc sur le bûcher, une miniature de Martin Le Franc (dans Le Champion des dames),


Martin Le Franc, enluminure issue d’un manuscrit du Le Champion des dames 1451, BNF Paris
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ainsi que différentes représentations de l’héroïne au XIXe siècle.

Le Marteau des sorcières
La grande vague de persécution commence véritablement avec la publication et la diffusion massive du Malleus Maleficarum (appelé en français Le Marteau des sorcières).


Malleus Maleficarum 1486
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Rédigé par des moines dominicains en 1486, cet ouvrage détaille la façon dont certaines femmes comploteraient avec Satan. Il explique également comment obtenir d’elles des aveux par des méthodes atroces et comment s’en débarrasser. Grâce à l’invention de l’imprimerie, cet ouvrage fut diffusé dans de nombreux pays.
De quelles femmes s’agissait-il ?
– Des femmes dépositaires de pratiques païennes, comme le maniement des plantes médicinales (les guérisseuses et les sages-femmes) ;
– Des femmes âgées et veuves, que l’on soupçonnait d’avoir aidé leur mari à mourir ;
– Des mères ayant perdu un enfant ;
– Des jeunes femmes non mariées, suspectées d’avoir des désirs sexuels non liés à la procréation.
Ces pages terribles, principalement rédigées par le dominicain Heinrich Kramer, avaient été cosignées par Jakob Sprenger, doyen de théologie de l’université de Cologne — ce qui leur conférait un immense crédit universitaire —, avant d’être appuyées par une bulle pontificale. C’était un véritable manuel d’extermination, recommandant la torture pour obtenir des aveux et le bûcher pour détruire l’âme.
À la base de ce phénomène se trouvait une propension populaire à chercher des boucs émissaires dès qu’il fallait justifier une mauvaise récolte, une épidémie ou un quelconque fléau.
Voici quelques gravures illustrant les pages de ce manuel, notamment celle représentant une sorcière soumise à l’ordalie par l’eau froide en Angleterre (1615).
Voir d’autres illustrations du Malleus Maleficarum

Supplices, persécutions et talismans (XVIe siècle)

L’iconographie du XVIe siècle témoigne de la violence des persécutions à travers l’Europe. Plusieurs œuvres et documents illustrent cette réalité tragique :

L’exécution d’Anneken Hendriks (1571) : Cette gravure illustre le martyre d’une femme soumise au bûcher.


Anneken Hendriks au bûcher, Amsterdam, 1571 Gravure sur cuivre, eau-forte BNF Paris
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L’exécution de trois sorcières présumées au bûcher à Derenburg 1555 gravure sur bois colorisée
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Les gravures de la persécution des sorcières (1574) fixent dans l’esprit public la terreur de ces exécutions.


La chasse aux sorcières en Europe 1587
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Les sorcières en Suisse.

La tragédie de Schiltach : Les archives conservent le résumé de la condamnation d’une prétendue sorcière, accusée d’avoir brûlé cette ville allemande par ses maléfices.


Un résumé de 1533 relatant l’exécution d’une sorcière accusée d’avoir brûlé la ville de Schiltach en 1531.
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Dans l’imaginaire populaire, lorsqu’elles sont représentées chevauchant un balai, cet objet domestique est bien sûr détourné comme une version symbolique d’un grand phallus.


Martin Le Franc Le champion des dames 1451
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Par ailleurs, ces croyances s’appuient sur l’usage réel de plantes médicinales hallucinogènes (comme la mandragore ou la jusquiame) utilisées par des sages-femmes et des guérisseuses.
Face à la peur du Malin, la population tentait de protéger les habitations à l’aide d’objets protecteurs. Le musée de Liège conserve ainsi un exemple remarquable : un talisman en os gravé du sceau de Salomon, utilisé comme amulette apotropaïque pour chasser les démons.


Affiquet en os portant le sceau de Salomon, musée de Liège
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Le sabbat sous le burin des artistes
À la Renaissance et à l’époque moderne, les artistes s’emparent du sujet pour créer un genre pictural à part entière.

Albrecht Dürer (1500) : Dans son estampe au burin La Sorcière, il représente une femme chevauchant un bouc à l’envers, renversant l’ordre naturel.


Albrecht Dürer La Sorcière 1500 Gravure au burin sur cuivre 11,5 x 7 cm
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Hans Baldung Grien : Il popularise les scènes de Sabbat des sorcières, mêlant érotisme, rituels nocturnes et chaudrons fumants.


Hans Baldung Grien Les Sorcières (ou Le Sabbat des sorcières), 1510 Gravure sur bois en clair-obscur 37 x 26 cm
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Voir un détail.

Jacques de Gheyn II : Son dessin Sabbat de sorcières, conservé au Metropolitan Museum of Art (MET), montre l’influence de ces rituels sombres dans l’art nordique.


Jacques de Gheyn II Le Sabbat des sorcières 1610 Plume, encre brune et lavis brun sur papier beige 23,5 cm x 36,7 cm MeT New York
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Jan van de Velde : Sa célèbre gravure La Sorcière et son chaudron capte l’intensité des incantations magiques dans un clair-obscur saisissant.


Jan van de Velde La Sorcière et son chaudron 1626 Gravure à l’eau-forte et au burin 21,4 x 28,7 cm
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L’hommage contemporain de Kiki Smith :
En 2001, l’artiste américaine Kiki Smith répond à l’appel à projets d’une ville allemande souhaitant une sculpture pour son espace public. Constatant qu’il n’existait quasiment aucun monument pour rappeler le souvenir des innombrables victimes des bûchers à travers l’Europe — on dénombre environ 60 000 exécutions entre 1560 et 1630 —, elle conçoit Femme au bûcher.


Kiki Smith Femme au bicher 2001
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L’œuvre montre une figure agenouillée sur un tas de bois, les bras écartés dans un geste christique évoquant la plainte biblique : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Bien que le projet n’ait pas été retenu, cette œuvre puissante a servi de point de départ à d’autres réflexions contemporaines sur le mémorial de la sorcellerie.


Kiki Smith Femme au bicher 2001
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