Cours du 6 octobre 2014

Retour à la chronologie de ses oeuvres


Francis Bacon – Personnage dans un paysage (1945) 144,8 x 128,3 cm Tate Modern Londres
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1945 personnage dans un paysage.

La peinture est basée sur une photographie de son ami Eric Hall dans Hyde Park, pour que la silhouette soit à peine perceptible il a procédé par grattage de manière à obtenir une évocation floue.
On devine un banc métallique, un buisson, le ciel est bleu.
Il dissimule la figuration sous des effets plastiques (flou, grattages, effacements).
Voir un commentaire.


Francis Bacon – Peinture 1946 (1946) 197,8 x 132,1 cm MoMA New York
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1946 peinture (1946). Le titre nous interdit de chercher a comprendre il ne veut pas que l’on se raconte d’histoire.
On voit un empilement de différentes choses : carcasse de bœuf (qui fait penser à Rembrandt, ou à Soutine) qui domine un personnage, dont on ne voit que sa bouche et ses dents, dissimulé sous un parapluie. En bas on voit une cage et les bras sont des pièces de boucherie. Humour grinçant.
Il a raconté qu’au départ, il voulait faire une image d’un rapace fonçant sur le sol, puis il a changé sa composition. Il veut que l’on considère l’oeuvre comme un fait pictural brut.
Son tableau est acheté par le Musée d’art moderne de New York en 1948.

Avec le prix du tableau il va vivre et jouer (sa passion) à Monte Carlo.

En 1971 il a fait une seconde version de peinture 1946. Version nettoyée stylisée épurée.


Francis Bacon – Seconde version de peinture 1946 (1971) 80,8 x 58,7 cm Wallraf-Richartz Museum, collection Ludwig
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On retrouve les mêmes éléments que dans la peinture de 1946.

Les portraits

Il réalise en 1949 une série de six têtes : Serie tête 1, tête 2, tête 3, tête 4, la tête n°6 a pris la forme du Pape tête du pape Innocent X, peint par Vélasquèz.
Il a trouvé l’idée de représenter des traînées verticales qui forment un rideau qui mettent à distance le personnage. Il peint le pape en train de crier, l’idée est de représenter le cri plutôt que l’horreur.
Voir un commentaire.
A partir de cette dernière peinture, il réalisa la série des papes (une trentaine) durant 14 ans.


Francis Bacon – Le Pape Innocent X, (1953) 153,4 x 119,4 cm Des Moines Art Center, USA
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Effet d’enferment, dans une cage dorée, figure de solitaire.
Voir Francis Bacon le sacré et le profane (exposition au musée Maillol en 2004).

La bouche du pape est inspirée de la bouche de la nourrice qui lâche son landau dans le film le cuirassé Potemkine (de Sergueï Eisenstein).
Il s’est également servi de la bouche de la femme peinte par N. Poussin dans le massacre des innocents.


Francis Bacon – Le Pape (1954) 129.9 x 121.9 cm
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Pape entre deux carcasses de viande. Photo de John Deakin de Francis Bacon avec de la viande (1962) pour Vogue.


Francis Bacon – Le Pape Innocent X, (1953) 153,4 x 119,4 cm Des Moines Art Center, USA
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A partir du tableau de Velasques, on peut comprendre comment le fauteuil est devenu une cage pour isoler le pape du reste du monde. On comprend que le travail de Vélasquèz sur les rouges a pu suggérer à Bacon l’idée de viande, le pape a un regard au delà du présent.

Voir le cours de Gilles Deleuze sur Bacon.

Voir Francis Bacon et Innocent X (Philippe Sollers).

Voir article Bacon et les papes.

Voir d’autres portraits.

En 1952, il fait des recherches sur le nu accroupi. Il souhaite masquer les figures.


Francis Bacon – Deux figures dans l’herbe (1952)
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Deux figures dans l’herbe 1952, a été suivie par une réflexion sur le tableau de Van Gogh, sur la route de Tarascon.
«J’avais toujours aimé ce tableau. Et comme rien d’autre n’avait marché, j’ai eu l’idée de tenter quelque chose là-dessus. J’ai toujours préféré le Van Gogh des débuts, mais ce personnage hanté sur la route me paraissait convenir tout à fait, à ce moment-là ­ tel un fantôme de la route, pourrait-on dire», confiera Francis Bacon. Van Gogh a été un personnage tourmenté comme Bacon.
Il est influencé par Van Gogh et il devient de plus en plus fauviste.

Voir un article Van Gogh vu par Bacon.

C’est à cette époque que Francis Bacon rencontre Peter Lacy a Tanger. Relation longue et tourmentée. Lacy était un ancien pilote de chasse, alcoolique toxicomane et sadique.


Francis Bacon – Deux figures (1953) 152,5 x 116,5 cm collection privée
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Mise en scène de leur couple en 1953. Pour Bacon, l’acte sexuel est violent, furtif (l’homosexualité n’est pas acceptée à cette époque). Tableau vivant et violent. Il travaille comme beaucoup d’artistes à l’époque sur les chronophotographies de Mybridge et son ouvrage : “La locomotion humaine et animale”.
Il se sert souvent de Mybridge


Francis Bacon – Homme avec un chien (1953) 152 x 117 cm Albright-Knox Art Gallery, Buffalo
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1953 homme avec un chien.


Francis Bacon – Enfant paralysé marchant à quatre pattes (1961) 198 x 142 cm
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Peinture réalisé à partir des travaux de Mybridge.

Dans la peinture figurative dès que l’on voit plusieurs personnages, cela raconte une histoire ce qu’il refuse. Il réalise des tableaux en mettant ça et là des postures de corps de telle sort que toute narration soit impossible.

Les stratégies utilisées par Bacon pour théâtraliser et construire l’espace autour de ses figures.

Son soucis est de rendre ses figures très lisibles, qu’elles se détachent.

Alors qu’il est à Londres en 1969, Francis Bacon peint trois toiles sur le thème de la corrida.

Etude pour corrida n°1 (1969).

Etude pour corrida n°2 (1969). L’arène lui permet de différencier les couleurs, il a été décorateur et il a un sens des couleurs indéniable.
Voir un commentaire.


Francis Bacon – Figure couchée avec une seringue hypodermique (1963) 198 x 145 cm Collection particulière
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Figure couchée avec une seringue hypodermique. Forme du sol circulaire.
Voir un commentaire de Philippe Sollers.


Francis Bacon – Etude pour un portrait (1971)
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Etude pour un portrait 1971, l’espace est quadrillé.


Francis Bacon – Figure en mouvement (1976)
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Figure en mouvement 1976, Présence d’une arène et d’une cage, effet de loupe.


Francis Bacon – Etude de nu avec figure dans un miroir (1969) Galerie Beyeler, Bâle
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Etude de nu avec figure dans un miroir 1969. Présence d’un témoin comme dans les triptyques, un spectateur indifférent à la scène.

Quelques fois ce témoin est présent dans un tableau.


Francis Bacon – Trois figures et portait (1975) 198,1 x 147,3 cm Tate Gallery, Londres
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Trois figures et portait, les figures ressemblent à des Érinyes le spectateur est dans le tableau accroché au mur du fond.

Deux figures avec un singe (1973). Il ne s’agit plus d’ellipses, mais de formes géométriques anguleuses, avec des aplats noirs pour théâtraliser la souffrance du corps.

Trois étude de corps humain (1967). Le fond est rarement noir.


Francis Bacon – Etude pour le corps humain (1973) Collection privée
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Etude pour le corps humain 1973 fait penser a des décors de théâtre à des éléments mobiles qui organisent un espace théâtral.

Figure en mouvement (1985), La structure géométrique lui permet de structurer un corps qui lui n’est pas structuré.


Francis Bacon – Etude du corps humain d’après un dessin d’Ingres (1992)

Etude du corps humain d’après un dessin d’Ingres (1992). (Ingres a souvent dessiné des fragments de corps).

Œdipe et le sphinx d’après Ingres (1983). Ingres avait en 1808 et 1827 réalisé une étude sur Œdipe explique l’énigme du sphinx.

Voir d’autres oeuvres.

Retour sur quelques triptyques

Beaucoup de triptyques traitent de l’accouplement, il est passé du bœuf écorché au corps humain nu et vulnérable.


Francis Bacon – Triptyque inspiré du poème de TS Eliot de (1967)

Triptyque inspiré du poème de TS Eliot Sweeney Agonistes.

La mise en scène est très séduisante, des figures couchées sur des lits à gauche et à droite, un voyeur à droite, une carcasse de viande au centre, devant une fenêtre qui est en fait est couverte par un store bleu.

Triptyque trois études de corps humain (1970). Le figures sont découplées pour éviter la narration.

Il rencontre George Dyer qui devient son ami, son confident et son modèle pour de nombreuses toiles.

Triptyque 1970
Dyer apparaît sur la gauche et Bacon est à droite. Le groupe central est inspiré d’une photographie de lutteurs par Edward Muybridge, mais suggère également une rencontre plus sexuelle. Le tourbillon central a été vu aussi comme «une lutte à mort».