Cours du 16 octobre 2017

Damien Hirst

Sommaire : Premières œuvres, Natural History, les insectes, les peintures, les médicaments, Venise 2017

Damien Hirst est né en 1965 à Bristol.
Il est issu d’un milieu pauvre, il n’a pas connu son père biologique. Son père adoptif quitte le foyer lorsqu’il avait 12 ans. Anecdote : à 14 ans lors d’une visite dans un hôpital il dérobe une oreille à la morgue et la cache dans un sandwich.
Photo de jeunesse avec une tête de mort tranchée.
Il se présente à Saint Martin’s, la plus célèbre art school anglaise, mais il n’y est pas admis. Après avoir passé deux ans sur un chantier de construction, il se tourne vers le Goldsmith’s College, qui a un règlement bien particulier : il n’y a aucune distinction entre les diverses disciplines artistiques, et, surtout, les étudiants sont encouragés à vendre leurs œuvres. L’idée plaît à Hirst, qui joue volontiers le rôle d’imprésario pour lui et ses camarades et il devient organisateur d’expositions collectives, il intègre le groupe Young British artistes.
En 1990, Damien Hirst participe à l’exposition «Gambler», qui va le propulser vers le devant de la scène.


Damien Hirst – A thousand years (1990) verre, métal, tête de vache, larves de mouches 207,5 x 400 x 215 cm
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A l’exposition « Gambler », il dévoile One Thousand Years, (un millier d’années) sa première œuvre majeure qui fait grand bruit. Derrière une vitrine, des mouches naissent dans un nid à même la cage et s’affairent autour d’un crâne de vache sanguinolent, puis meurent pour la plupart électrocutées sur une lampe bleutée.
Voir un commentaire.
Cette oeuvre a immédiatement séduit Charles Saatchi magnat de la publicité en Angleterre, qui a acheté cette oeuvre et qui est devenu, pour un certain nombre d’années, le mécène de Hirst.


Damien Hirst – Let’s Eat Outdoors Today, (1990 – 1991) verre, métal, tête de vache, larves de mouches 221 x 411,5 x 214,6 cm
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Let’s Eat Outdoors Today – Allons manger dehors aujourd’hui. La vitrine est partagée en deux. Une moitié contient un barbecue en acier recouvert de viande crue; sous le barbecue, des plateaux d’asticots sont insérés à la place du charbon. Les mouches passent dans l’autre vitrine à travers un trou circulaire de quatre pouces, de sorte que la vitrine rappelle le visage d’une matrice. Dans l’autre vitrine, les restes abandonnés d’un repas en plein air d’une famille typique sont présentés, la tête d’une vache se trouve sous la table. Un piège à insectes est positionné au-dessus de la table, son plateau est retiré afin que les mouches mortes tombent dans la nourriture. Hirst décrit le travail comme « une exploration des tentatives humaines d’essayer d’isoler l’horreur de nos vies et de l’enlever».


Damien Hirst – Last Night I Dreamt I Didn’t Have a Head, 1997 verre, métal, taxidermie, lit, tissus magasines, crayon … 251 x 428 x 214 cm
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Last Night I Dreamt I Didn’t Have a Head, 1997 La nuit dernière, j’ai rêvé que je n’avais pas de tête.

Adam et Eve mise en scène d’une autopsie. La mort est mise en scène, provocation, humour noir.


Damien Hirst – The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living, (1991) 217 x 542 x 180 cm verre, métal peint, silicone, requin, formol… 251 x 428 x 214 cm
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The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living – L’impossibilité physique de la mort dans l’esprit de quelqu’un vivant (1991). Requin immergé dans du formol. Cette oeuvre correspond à la première commande de Saatchi qui dit alors qu’il paiera pour tous les délires de l’artiste. Hirst a donc entamé un nouveau projet pour, selon ses dires, que l’art soit plus réel que ne l’est une peinture. Pour cela, il travaille avec des cadavres d’animaux dont la putréfaction est ralentie (mais non empêchée) par le formol dans lequel ils sont plongés. Il présente ainsi en 1991 cette œuvre de 22 tonnes composée d’un requin de 4,25 mètres plongé dans 850 litres de formol.
Cette oeuvre fait partie d’un groupe de sculptures collectivement intitulé Natural History, que Hirst a initié en 1991

Il découpe parfois ses animaux pour les présenter en plusieurs morceaux.

Coupés en long.

Francis Bacon a vu les œuvres de Hirst qui lui rappellent certains de ses tableaux voir Figure with meat le Pape.

La volonté d’aller au plus près de la chaire de l’animal mort, il la justifie ainsi : « J’espère que vous vous rendez compte que c’est une métaphore de vous, visiteur« . Le but est la confrontation avec la mort jusqu’au malaise.


Damien Hirst – Away from the Flock (1993) Verre, acier peint, silicone, acrylique, mouton et formaldéhyde 96 x 149 x 51 cm
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Away from the Flock Loin du troupeau (1993) est une sculpture au sol constituée d’un réservoir à paroi de verre rempli de solution de formaldéhyde dans lequel un mouton mort est fixé afin qu’il semble être vivant et pris en mouvement. Des cadres blancs épais entourent et soutiennent le réservoir, mettant en relief brillant la turquoise transparente de la solution dans laquelle le mouton est immergé.
« Ce n’est pas un agneau « préservé », c’est un agneau mort. Mais alors, il a une sorte de nouvelle vie. »

«Away from the Flock», un agneau dans un réservoir de solution de formaldéhyde, a été montré pour la première fois dans l’exposition collective organisée par Hirst, «Some Went Mad, Some Ran Away», à la Serpentine Gallery de Londres (1994). Il s’agit d’un travail précoce clé dans la série «Histoire naturelle» de Hirst.
Le titre est venu après que Hirst ait terminé le travail et observé la « beauté tragique » de l’animal. « L’agneau, identifiable à l’intérieur de l’iconographie chrétienne comme Jésus, a été séparé par la mort des vivants, de sorte que «vous vous sentez désolé pour cela».


Damien Hirst – Mother and Child (1993) Verre, acier peint, silicone, acrylique, monofilament, acier inoxydable, vache, veau et formaldéhyde 2 parties 190 x 322,5 x 109 cm et 102,9 x 168,9 x 62,5 cm
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Mother and Child – Mère et enfant (divisé) 1993, une vache et un veau coupés et conservés dans quatre cuves de formaldéhyde, a été exposé pour la première fois dans le cadre de l’exposition de la Biennale de Venise «Aperto 93». Il s’agit d’un travail clé de «Natural History» et ce qui lui a permis ensuite de remporter le concours Turner Prize en 1995.
Les vaches sont retirées de la nature, à la fois par leur présence peu orthodoxe dans un cadre de galerie, et par la mort. L’artiste explique: «D’une certaine manière, vous comprenez davantage les personnes vivantes en traitant avec des personnes décédées. C’est triste mais vous vous sentez plus proches des vaches découpées dans le formaldéhyde qui ont plus de personnalité que les vaches qui marchent dans les champs.  »
Les vaches, sont tragiques en ce sens qu’elles sont parmi les «animaux les plus abattus» Elles sont utilisées pour démontrer «une chose émotionnelle à laquelle vous faites face de façon brutale et sans émotion». Le titre de l’œuvre est simultanément «une reconnaissance de la bissectrice et une expression de la violence inhérente dans toute sorte de relation, comme essayer de garder une relation ensemble quand elle s’effondre».


Damien Hirst – Some Comfort Gained from the Acceptance of the Inherent Lies in Ever ything (1996) Verre, acier peint, silicone, acrylique, monofilament, acier inoxydable, vache, formaldéhyde 12 parties chacune : 217 x 102 x 53 cm
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Some Comfort Gained from the Acceptance of the Inherent Lies in Ever ything – Un certain confort acquis par l’acceptation des mensonges inhérents à tout (1996). Elle se compose d’une vache et d’un taureau coupés verticalement en douze sections verticales. Les sections de chaque animal sont maintenues dans des cuves d’acier et de verre en solution de formaldéhyde, les deux animaux sont orientés dans des directions opposées et les parties de leur corps sont alternées, ce qui donne un travail de douze pièces avec huit pattes et une tête à chaque extrémité.
«Un certain confort obtenu par l’acceptation des mensonges inhérents à tout» est conceptuellement similaire à «Mère et enfant (divisé)» (1993). Dans ces deux travaux, Hirst aborde les difficultés liées à «essayer scientifiquement de résoudre des problèmes lorsque vous avez affaire à des problèmes émotionnels». Hirst explique: «Vous pourriez dire que c’était l’amour. Vous pourriez dire: Je vais faire ces deux vaches en une seule. Évidemment, elles sont mortes et c’est très brutal … Mais la violence de tout ça, je pense, c’est la violence dans n’importe quelle relation, comme essayer de garder une relation ensemble quand elle s’effondre. La vérité semble être une sorte de recherche impossible. Les mensonges sont une partie importante de la vie.  »
Le titre sert également à renforcer parfaitement une préoccupation centrale de la série «Histoire naturelle»: «Cet échec d’essayer si fort de faire quelque chose que vous détruisez la chose que vous essayez de préserver». Comme l’a expliqué Hirst en 1996 à l’occasion de «No Sense of Absolute Corruption – Pas de sens de la corruption absolue» : «Si vous pouvez accepter que quelque chose d’impossible que vous voulez faire peut échouer, vous pourrez aller de l’avant« .

Il pose dans un magasine avec une tronçonneuse à la main.

Voir d’autres œuvres de Damien Hirst

Voir article sur l’artiste à la tronçonneuse (L’Express).

Il utilise l’iconographie chrétienne. Voir également les animaux crucifiés mis en croix
Voir également Mathieu, Marc, Luc et Jean les quatre évangélistes.


Damien Hirst – Saint Sebastian, Exquisite Pain 2007 321,6 x 155,8 x 155,8 cm
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Saint Sébastien, la douleur exquise (2007). Il explique que sa «croyance en l’art est une croyance complètement religieuse», Hirst a souvent cité l’importance de l’enseignement catholique lors de son enfance. Le martyr Saint-Sébastien – dépeint dans la tradition iconographique chrétienne comme un jeune homme lié et criblé de flèches – est ici représenté comme un jeune taureau, percé avec des traits d’arbalète, des flèches et de couteaux.

Mouton noiravec cornes et sabots en or.


Damien Hirst – The Golden Calf (2008) 398,9 x 350,5 x 167,6 cm
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The Golden Calf – Le veau d’or (2008). Un veau embaumé avec des sabots et des cornes en or 18 carats sur un socle en marbre intitulé «The Golden Calf» a été vendu pour 18,5 millions de dollars à la maison d’enchères Sotheby’s le lundi 15 septembre 2008. Le veau est placé dans un réservoir avec un cadre en acier plaqué or sur un socle en marbre. Hirst dit qu’à part le veau d’or, The dream (licorne en formaldéhyde) est sa pièce préférée en raison de sa qualité magique.


Damien Hirst – The Tranquility of Solitude (for George Dyer) 2006 228 x 172,2 x 97,6 cm
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The Tranquility of Solitude (for George Dyer) La tranquillité de la solitude (pour George Dyer) 2006. Animal sur un siège de toilette hommage à Bacon. La peinture de Bacon représente le suicide de son amant George Dyer, mort d’une overdose à la veille de la rétrospective de l’artiste au Grand Palais, à Paris, en 1971.
La technique de Bacon consistant à contenir ses personnages dans des «cadres spatiaux» tridimensionnels se rapporte directement à la série «Histoire naturelle» dans laquelle Hirst utilise des boîtes en verre pour encadrer les animaux. Dans «La tranquillité de la solitude», le verre agit comme «quelque chose de dangereux et quelque chose pour vous éloigner» – un matériau que vous pouvez voir malgré sa solidité.

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