La biennale de Venise 2026

Notre groupe de 31 provençaux a profité d’un temps radieux pendant toute notre semaine à Venise. Malgré les trajets en Vaporetto, souvent bondé, nos jambes ont été mises à contribution avec une moyenne de 11 km par jour. Mais quelles récompenses!
Notre conférence de la rentrée nous permettra de revenir sur certaines démarches et surtout de partager nos découvertes avec ceux qui n’étaient pas avec nous.

Intervenante : Agnès Ghenassia


La soixante-et-unième Biennale de Venise devait être placée sous le commissariat de Koyo Kouoh (1967-2025), directrice du plus grand musée d’art contemporain d’Afrique, le Zeitz MOCAA au Cap.

Née à Douala, au Cameroun, elle avait grandi à Zurich avec ses parents, mais c’est en Afrique qu’elle s’est imposée dans le domaine de l’art en organisant de nombreuses rencontres artistiques. Décédée à 57 ans en mai 2025, elle avait désigné une équipe qui a pu mettre en œuvre ses intentions et ses choix autour du titre In Minor Keys (En tonalités mineures). Ce terme désigne en musique la structure d’un morceau et ses effets émotionnels. Son idée, loin des ténors de la scène artistique, était d’écouter ce que le monde murmure plutôt que ce qui hurle, afin de proposer une expérience sensorielle, méditative et humaine.
Elle citait volontiers James Baldwin : « Certains souhaitent coloniser la Lune, d’autres dansent devant elle comme devant une amie ancestrale. » De même, pour Toni Morrison, «  c’est dans les mythes que se trouvent nos germes  » : il n’est pas possible de se focaliser constamment sur la crise, il faut de l’amour, il faut de la magie, car c’est aussi cela, la vie. Cette recherche d’apaisement n’a pourtant pas empêché les tensions géopolitiques lors des journées d’ouverture à la presse.


Manifestation des Pussy Riot devant le pavillon russe
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Des manifestations, notamment portées par le collectif Pussy Riot devant le pavillon russe et d’autres rassemblements devant le pavillon israélien, se sont opposées aux contextes de conflits internationaux.
Ces querelles ont pris fin dès l’ouverture au grand public, entraînant cependant quelques conséquences. Le jury, qui décerne traditionnellement les prix pendant les premiers jours, a démissionné ; il a donc été décidé que les prix du public seraient attribués à la fin de la Biennale, le 22 novembre. Autre conséquence : la Commission européenne, par le biais de l’Agence exécutive européenne pour l’éducation et la culture, a suspendu sa subvention de deux millions d’euros jusque-là versée à la fondation qui gère l’événement. Pour autant, le ministre de la Culture italien a finalement obtenu la fermeture au public du pavillon russe.
L’entrée dans les Giardini comme dans l’Arsenal permettait de méditer sur l’actualité politique.

À l’entrée des Giardini, on découvrait le cerf en origami (Origami Deer) de Zhanna Kadyrova, une sculpture réalisée en 2019 en béton.


Zhanna Kadyrova cerf en origami
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Elle était initialement installée comme une œuvre permanente dans un parc de Pokrovsk, une ville de la région de Donetsk dans l’est de l’Ukraine, sur le piedestal qui soutenait un ancien avion soviétique (à capacité nucléaire) démantelé. En août 2024, lorsque la population civile a évacué Pokrovsk, l’artiste et son équipe ont démonté l’œuvre pour la mettre en lieu sûr. En prévision de la Biennale, le cerf a ensuite entamé un grand déplacement vers Venise en traversant Varsovie, Vienne, Prague, Berlin, Bruxelles et Paris : une invitation à réfléchir à la fragilité de la paix et à la résilience du peuple ukrainien.
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À l’entrée de l’Arsenal, sur une bande de tissu, était imprimé le poème de Refaat Alareer : « Si je dois mourir, vous devez vivre pour raconter mon histoire … », composé quelques semaines avant que le poète palestinien et sa famille ne soient tués par une frappe aérienne en 2023.


Poéme de Refaat Alareer Conference of one’s self 2026 40 × 2,8 mètres
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Au-dessus est suspendue une peinture d’Issa Samb, artiste sénégalais emblématique pour qui l’art se veut un moyen de transmission entre les générations.

Aussitôt après, le visiteur est enveloppé dans une toile de 40 mètres de long installée en cercle, sur laquelle sont projetées des images en négatif de visages au sein d’une foule. C’est une œuvre de Khaled Sabsabi (né en 1965 au Liban, qui vit en Australie), qui suggère la puissance du groupe et du collectif.


Khaled Sabsabi Conference of one’s self 40 × 2,8 mètres Matériaux utilisés : Installation multimédia immersive combinant une peinture acrylique sur toile, une structure en acier, une installation vidéo HD à 8 canaux avec audio (durée de 64 minutes)
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Pour guider la visite, le choix s’est porté sur une sélection d’œuvres et de démarches présentées par domaines d’objectifs : Documenter le présent, perpétuer les croyances ancestrales, ou encore se souvenir de la nature etc.

1 – Documenter le présent

L’œuvre la plus radicale s’intitule The End of the World (La Fin du monde).

L’artiste derrière cette installation n’est autre qu’Alfredo Jaar (né en 1956 au Chili, qui vit et travaille à New York). Il a réalisé une oeuvre parmi les plus radicales de clles représentées.


Alfredo Jaar The End of the World 2026
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Nous pénétrons dans une longue salle entièrement rouge jusqu’à une table (un autel) sur laquelle est posé un cube de 4 cm de côté. À l’intérieur sont comprimés du cobalt, du cuivre, de l’étain, du nickel, du lithium, du manganèse, du coltan, du germanium et du platine, tous essentiels aux technologies au cœur de la transition écologique et des conflits armés. Chaque couche de ce cube se trouve au centre de tensions géopolitiques exacerbées dont les conséquences environnementales et humaines sont vertigineuses.
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Dans une salle sombre équipée de plusieurs écrans, une autre œuvre s’intitule Death Passed My Way and Stuck This Flower in My Mouth. C’est une installation vidéo à cinq canaux signée Éric Baudelaire (né en 1973 aux États-Unis, qui vit à Paris). L’artiste a emprunté son titre à un dialogue de Pirandello dans sa pièce L’Homme à la fleur à la bouche.
Le film se déroule dans l’immense entrepôt de fleurs d’Aalsmeer aux Pays-Bas, où transitent chaque matin des tonnes de fleurs d’Afrique et d’Amérique du Sud.


Eric Baudelaire Death Passed My Way and Stuck This Flower in My Mouth
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Évaluées et calibrées en vue de leur vente aux enchères, elles sont ensuite expédiées à travers le monde.


Eric Baudelaire Death Passed My Way and Stuck This Flower in My Mouth
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À l’écran, on voit des machines, des fleurs, des visages ; on ressent à quel point l’économie informatisée est une interface désincarnée. Et pourtant, l’humain résiste, incarné dans les portraits sensibles des employés.
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Joana Hadjithomas et Khalil Joreige (nés en 1969 au Liban) ont réalisé une vaste installation pour mettre en scène le récit de toutes les destructions et des ruines, reliant l’Antiquité à nos jours, de l’histoire du Liban au chantier de Notre-Dame de Paris. L’installation présente des carottages de fouilles et des débris de l’histoire, autant d’échantillons scientifiques tous référencés avec précision.


Joana Hadjithomas et Khalil Joreige Unconformities: What Lies Beneath Our Feet 2026
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Cette version inédite et immersive combine des tapisseries, des sculptures, des vidéos, ainsi que des dispositifs optiques comparables à des loupes permettant d’observer la matérialité de pièces archéologiques et les sédiments terrestres.


Joana Hadjithomas et Khalil Joreige Unconformities: What Lies Beneath Our Feet 2026
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À travers ces échantillons, Hadjithomas et Joreige s’opposent à la vision linéaire et lisse de l’Histoire. Une ville ne se construit pas simplement en empilant sagement des couches successives. Au contraire, le sol révèle des actions violentes, des ruptures, des déplacements de matière, des incendies et des reconstructions


Joana Hadjithomas et Khalil Joreige Unconformities: What Lies Beneath Our Feet 2026
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Joana Hadjithomas et Khalil Joreige Unconformities: What Lies Beneath Our Feet 2026
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En transformant la matière brute du sous-sol en une installation artistique monumentale et poétique, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige nous rappellent que les villes contemporaines marchent sur les fantômes de leur propre passé.
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C’est un propos analogue qu’exprime Dawn DeDeaux (née en 1961 à Liberty, dans l’État de New York). Elle présente notamment un fragment de météorite posé sur un bureau. Ce qui l’a inspiré c’est la catastrophe causée par l’ouragan Katrina en 2005.


Dawn DeDeaux Meteor Study Desk (2024-2026)
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Dans sa série Dust Bowl Table, des échantillons de sol provenant du monde entier sont présentés dans de simples bols en bois.


Dawn DeDeaux Dust Bowl Table
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Dans Watermark for Venice and New Orleans, les niveaux d’inondation (à Venise et à la Nouvelle Orléans) sont indiqués par des images numériques incrustées dans de hautes plaques acryliques.


Dawn DeDeaux Watermarkers for Venice and New Orleans (2006/2026)
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À côté, des silhouettes représentent les vaincus : ces hommes en combinaison de protection, sur le point de disparaître, se dématérialisent peu à peu à l’image.


Dawn DeDeaux Les témoins 243 x 365 cm dessin numérique de haute qualité (tirage jet d’encre d’archive) imprimé et contrecollé sur un panneau de Dibond
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Les quatre artistes que nous venons d’évoquer amènent à réfléchir au présent à l’échelle mondiale. D’autres nous font partager un présent plus singulier.

Par exemple, Yo-E-Ryou, artiste coréenne, a observé sur l’île de Jeju les Haenyeo, ces femmes qui plongent à dix mètres de profondeur sans assistance respiratoire pour pêcher.


Yo-E-Ryou Les femmes plongeuses se reposent
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Pour sa performance Breath Orchestra, elle a filmé de jeunes filles qui s’entraînent à retenir leur respiration.


Yo-E-Ryou Breath Orchestra
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L’œuvre invite ainsi les visiteurs à s’immerger dans une perception sensorielle et profonde, axée sur l’écoute du souffle et du silence.
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Kambui Olujimi (né en 1976 à New York) est fasciné par le cosmos et les étoiles. En 2022, grâce à une bourse, il a offert à sept créatifs issus comme lui de la diaspora africaine une expérience de vol en apesanteur de 8 mn. L’expérience vécue de ces corps libérés de la gravité a donné naissance à sa série de peintures North Star, réalisées à l’encre de couleur, à l’aquarelle et à l’or sur papier. C’est pour lui le souvenir d’une expérience vécue. Métaphoriquement, ce sont des corps sans pesanteur, affranchis de toutes les oppressions.


Kambui Olujimi aquarelle, encre et graphite sur papier
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Kambui Olujimi aquarelle, encre et graphite sur papier
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Kambui Olujimi aquarelle, encre et graphite sur papier
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Kambui Olujimi aquarelle, encre et graphite sur papier
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Biennale Arte 2026 – Kambui Olujimi

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Yohannes Phokela (né en Afrique du Sud) détourne l’histoire de l’art européen avec une palette de bleus et de blancs. Ces teintes évoquent la porcelaine chinoise et japonaise jadis importée par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, pour parler des désordres et de la violence en Afrique. Dans une série de peintures, il ironise sur les vertus vantées par la chrétienté occidentale, à la manière de Bosch et Brueghel en leur temps.


Yohannes Phokela série
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Yohannes Phokela Prudentia (2024) 80 x 100 cm huile sur toile
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Il interroge qui définit la moralité, qui la performe et qui en tire profit. La « prudence » devient ici une forme de stratégie de survie ou d’hypocrisie


Yohannes Phokela Fortitudo (La Force) (2024) 80 x 100 cm huile sur toile
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À travers cette scène chaotique, l’artiste commente la façon dont les puissances impériales et coloniales ont historiquement déguisé l’agression militaire, la guerre et la domination sous les traits de la « vertu » et du devoir moral.
Dans une œuvre de grand format, il reprend la composition de Rubens dans La Chute des damnés et, à la place du Christ, met en évidence une femme noire enceinte qui incarne l’avenir.


Yohannes Phokela Mela Caramellata appiccicosa assediata dallo scioglimento del Gelato (Pomme d’amour collante assiégée par la fonte de la glace) 220 × 160 cm
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La femme noire enceinte sur le globe incarne ici le commencement, la résilience et la perpétuation de la vie. Elle est la seule à se tenir droite et souveraine.
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Kaloki Nyamai (né en 1985 au Kenya) est un peintre qui puise son inspiration dans le quotidien de Nairobi, la capitale où il a grandi et où il vit. Élevé au son des récits de sa grand-mère sur le peuple Kamba, l’artiste représente ses sujets dans des situations triviales mais sur de très grands formats. Le support hybride mêle de la corde de sisal, des transferts photographiques et des fils de caoutchouc brûlés, de sorte que les figures peintes à l’acrylique apparaissent comme des images de mémoire émergeant d’un contexte violent. Entre beauté et brutalité.


Kaloki Nyamai Kana Kakwa 400 x 250 cm toile de lin peintures végétales acrylique matériaux divers
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Détail de la peinture


Kaloki Nyamai Kwata Kau, Ithyonze nitwavika vaa 400 x 250 cm toile de lin peintures végétales acrylique matériaux divers
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Voir les oeuvres dans leur contexte>

Billie Zangewa (née en 1973 au Malawi, elle vit en Afrique du Sud et à Londres) qualifie son travail de « féminisme quotidien ». Elle réalise de complexes collages texturés, cousus et brodés à partir de fragments de soie brute. Les scènes quotidiennes qu’elle donne à voir évoquent ainsi à la fois la beauté domestique et une certaine vulnérabilité des corps.


Billie Zangewa A Matter of Perspective (Une question de perspective) 2026 110 x 170 cm La soie brute de récupération fil à coudre colorants textiles

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Billie Zangewa A Stable Hand (Une main stable) 2026 110 x 140 cm assemblage minutieux de chutes de soie brute de récupération (raw silk offcuts) teintes et imprimées, entièrement assemblées, superposées et brodées à la main avec du fil à coudre
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Biennale Arte 2026 – Billie Zangewa

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Leonilda González (1923-2017) avait fondé en Uruguay le Club de Grabado de Montevideo (Club de gravure) pour diffuser des milliers d’estampes auprès du peuple. Sa célèbre série Novias revolucionarias (Les Fiancées/Épouses révolutionnaires) mêle ironie et colère à travers des visages d’inspiration byzantine. Plus tard, ces gravures sur bois (xylographies) ont été lues comme de puissantes images d’opposition à la dictature militaire qui a sévi en Uruguay de 1973 à 1985.


Leonilda González Novia revolucionaria XI 1969, 88 x 43 cm Xilographie (gravure sur bois) imprimée sur papier
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Elles ont toutes des visages d’inspiration byzantine avec des yeux allongés.


Leonilda González Novias revolucionarias I 1968, 61 x 71 cm Xilographie (gravure sur bois) imprimée sur papier
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Leonilda González Novias revolucionarias III 1969 50 x 70 cm Xilographie (gravure sur bois) imprimée sur papier
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Autres oeuvres de la série Novias revolucionarias
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Kader Attia (né en 1970 à Dugny vit entre Paris et Berlin) sillonne le monde depuis plusieurs années à la rencontre de cultures différentes. Il prend le temps d’écouter et de filmer ceux qui appréhendent le réel autrement pour tenter de les comprendre. Son installation labyrinthique, intitulée Murmure de traces, fait évoluer le visiteur entre des cordes recouvertes de fragments de miroirs. On y découvre notamment les propos d’un chaman vietnamien selon lequel les virus informatiques sont des entités spirituelles cherchant à contrecarrer la domination humaine.


Kader Attia Murmure de traces
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L’intelligence artificielle y est perçue comme un génie potentiellement démoniaque. Des récipients en filet remplis d’herbes sèches semblent indiquer que les esprits de l’Amazonie ont infiltré les technologies audiovisuelles.


Kader Attia Murmure de traces
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Kader Attia Murmure de traces
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2 – Perpétuer les cultures animistes

Demond Melancon (dit Big Chief), né en 1978 à La Nouvelle-Orléans, a été particulièrement remarqué. Grand chef de la tribu des Young Seminole Hunters, il est une figure centrale de la culture des « Black Masking Indians » de La Nouvelle-Orléans. Il perpétue une tradition issue de pratiques cérémonielles apportées par les Africains réduits en esclavage aux États-Unis. Pour cela, il fabrique lui-même, avec son épouse Alicia, des costumes de cérémonie à base de tissus brodés, de plumes d’autruche et de perles.


Demond Melancon Amistad Takeover
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Lors de l’ouverture de la Biennale, il a défilé en costume au rythme de tambourins, chantant sa prière aux ancêtres. Cette visibilité à la Biennale met fin à des années de vaches maigres : « Couler du béton, cuire des homards… Si vous saviez le nombre de métiers que j’ai exercés pour pouvoir financer mon art ! » La galerie Mariane Ibrahim a désormais décidé de le représenter et de financer son travail.


Demond Melancon Amistad Takeover
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Biennale Arte 2026 – Big Chief Demond Melancon

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Guadalupe Maravilla, né en 1976 au Salvador, vit à New York depuis 1980. Il intitule ses sculptures Disease Throwers (Porteurs de maladies). Ce sont de grands trônes magiques depuis lesquels la guérison peut advenir en s’y asseyant. L’artiste les a imaginés après avoir lui-même traversé l’épreuve d’un cancer.


Guadalupe Maravilla Disease Throwers #2 200 cm de haut
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Guadalupe Maravilla Disease Throwers #3 200 cm de haut
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Ebony G. Patterson, née en 1981 à la Jamaïque, vit aux États-Unis où elle enseigne. Ses assemblages s’inspirent du folklore et des mythes jamaïcains, mais se composent d’objets bien réels issus des déchets de la société de consommation dans les pays du Sud : plumages, tapisseries, dentelles, pompons, perles, plantes en verre, coquillages, feuilles d’or et paillettes.


Ebony G. Patterson when the land is in plumage 2020
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Paon avec des perles blanches qui semble émerger d’un environnement assez kitch.
Voir un détail : Pattes de la poule

Accumulation de 1 000 gants en dentelle rouge sang, moulés dans lesquels étaient logés des éléments noirs un peu inquiétants.


Ebony G. Patterson …fester… (2023)
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Ebony G. Patterson utilise la métaphore du jardin non pas comme un espace de calme, mais comme un témoin de l’histoire. Elle aime répéter que « les mauvaises herbes finissent par nous emporter tous ». Détail des mains.


Ebony G. Patterson …fester… (2023)
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Derrière se trouvait une accumulation dense et compacte de tissus de tapisserie Jacquard chamarrés, de dentelles, de franges et de passementeries. Au milieu de cette profusion textile colorée, on distingue deux colonnes vertébrales d’animaux dorées à la feuille d’or.
Voir d’autres oeuvres de Ebony G. Patterson.
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Daniel Lind-Ramos, né en 1953 à Porto Rico. Il construit, avec des objets trouvés ou donnés dans les rues de Loíza après un ouragan, de grands assemblages qu’il désigne comme des sentinelles veillant sur les terres et les hommes.


Daniel Lind-Ramos Talegas de la memoria (Sacs de la mémoire), 2023-2024
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Daniel Lind-Ramos Talegas de la memoria (Sacs de la mémoire), 2023-2024
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Daniel Lind-Ramos Talegas de la memoria (Sacs de la mémoire), 2023-2024
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Edouard Duval-Carrié, né en 1954 en Haïti, vit à Miami. Après le coup d’État militaire de 1991, des milliers d’Haïtiens ont fui leur pays. L’artiste, témoin de cet exode, s’est dit que ce qu’ils emportaient avec eux, c’étaient les esprits, les « Iwas » au cœur du vaudou haïtien.


Edouard Duval-Carrié
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Un panthéon de divinités Vaudou (Les Iwas) : Au premier plan, la série de trois bustes sculptés en bronze représente un ensemble de divinités du panthéon vaudou haïtien (les Lwas). À travers ces figures aux traits solennels l’artiste cherche à matérialiser la force intérieure, la résilience et la dignité spirituelle de la culture haïtienne


Edouard Duval-Carrié
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Elle montre une divinité (Ezili) en robe rose ornée de crânes, juxtaposée à la silhouette rigide d’un Marine américain armé sur un navire. Ce contraste frappant illustre directement l’histoire moderne d’Haïti : la présence militaire étrangère, le coup d’État de 1991 et l’exode forcé de milliers de réfugiés traversant les Caraïbes.


Edouard Duval-Carrié Poto Mitan
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Le Poto Mitan est considéré comme l’axe cosmique reliant le monde des humains à celui des esprits (les Iwas). C’est par ce canal vertical que les divinités descendent sur Terre pendant les rituels et les cérémonies.
Si, de loin, elle paraissait être en verre, elle était en réalité entièrement gainée de fils électriques bleus auxquels étaient accrochés des symboles vaudous et des bateaux.
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Werewere Liking, née en 1950 au Cameroun, vit en Côte d’Ivoire. Artiste autodidacte, elle est aussi chanteuse, écrivaine et metteuse en scène. Elle s’intéresse aux traditions orales panafricaines et aux rituels de son peuple d’origine, les Bassas. Ses peintures montrent des paysages urbains qui se métamorphosent en prenant des formes animalières, créant des êtres changeants.


Werewere Liking 2008
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Univers onirique et symbolique de l’artiste, mettant en scène des figures rituelles et cosmologiques africaines.


Werewere Liking 2011 100 x 136 cm Technique mixte sur toile
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Voir d’autres peintures de Werewere Liking.

On retrouve la même fantaisie dans ses sculptures-lampes qu’elle réalise en bois peint et qu’elle appelle des « nids de lumière ».


Werewere Liking Généalogies de lumières 2023, 55 x 45 x 30 cm éléments sculptés en bois peint, matériaux de récupération des gaines tubulaires colorées
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Elle intègre le concept de lumière spirituelle dans ses objets rituels

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Werewere Liking Généalogies de lumières 2023, 170 x 70 x 60 éléments sculptés en bois peint, matériaux de récupération des gaines tubulaires colorées
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Rajni Perera et Marigold Santos, nées respectivement au Sri Lanka et à Manille, vivent au Canada. Elles ont créé un étrange humanoïde féminin allongé à plat ventre dans un jardin fleuri, le buste relevé et la tête cachée derrière un masque à la langue fourchue. Ses jambes sont curieusement détachées de son corps et la nature semble vouloir l’envahir. Elle porte une fleur noire au bout des seins. Les deux artistes, déjà exposées au MAC de Lyon, s’inspirent avec fantaisie des cultures matriarcales du Sri Lanka et des Philippines.


Rajni Perera et Marigold Santos Efflorescence / The Way We Wake 2023
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L’art de réparer le futur – Rajni Perera et Marigold Santos par Marilou Laneuville

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Tabita Rezaire, franco-guyano-danoise, née en 1989 à Paris, vit à Cayenne. Omo Elu se compose de 7 panneaux teints à l’indigo représentant la déesse océanique yoruba Yemaya. C’est une pratique dévotionnelle liée à une relation maternelle avec la planète, (que l’on retrouve au sol au centre).


Tabita Rezaire Omo Elu, 2024 7 Panneaux de coton teints à l’indigo, calebasses, eau. Chaque textile: 140 × 200 cm
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Elle réalise aussi, à la sortie de l’Arsenal, des tapisseries, déjà exposées au MoMA, au Centre Pompidou et à la Whitechapel Gallery, qui montrent la Trinité mère de la forêt sacrée d’Amazonie. L’une bénit le jardin des plantes médicinales (la Terre mère),


Tabita Rezaire Mother sun 2023, 180 cm de diamètre Technique mixte sur textile, broderie de coton et fils de soie
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l’autre bénit le planétarium (la Lune mère)


Tabita Rezaire Mother moon 2023, 180 cm de diamètre Technique mixte sur textile, broderie de coton et fils de soie
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et la troisième bénit l’astronomie ancienne.


Tabita Rezaire Mother earth 2023, 180 cm de diamètre Technique mixte sur textile, broderie de coton et fils de soie
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Ranti Bam, née en 1982 au Nigeria, vit entre Paris et Lagos. Cette sculptrice puise son inspiration dans l’Ifa, un mot yoruba qui signifie à la fois « divination » et « attirer à soi ». Son œuvre montre l’argile animée par les esprits. Ses cinq sculptures sont des sortes de gardiens totémiques, des vases creux, des ventres maternels… C’est de l’argile noire façonnée à la main.


Ranti Bam Ifa Ile Oja – Black Ifa 2022 Chaque sculpture mesure environ 140 à 180 cm de hauteur argile noir façonné à la main
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Seyni Awa Camara (1945-2026), Sénégal. Elle avait participé en 1989 à la mythique exposition Les Magiciens de la terre. Héritière d’une longue lignée de potiers de Basse-Casamance, elle a créé un monde entre animal et humain, inspiré par ses expériences de vie : la maternité, la spiritualité, les croyances animistes et la foi musulmane.


Seyni Awa Camara maternités 2015-2025 terre cuite
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Seyni Awa Camara maternités 2015-2025 terre cuite
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Célia Vásquez Yui, née en 1960 au Pérou. Le Conseil des esprits, mère des animaux est une grande installation de sculptures zoomorphes en céramique, semblable à une réunion rituelle ou à un rassemblement. L’artiste appartient au peuple autochtone des Shipibos de l’Amazonie péruvienne et conçoit son rôle comme celui d’une chamane agissant sur la santé collective et environnementale. Ses créations utilisent des terres provenant de centaines de kilomètres le long du fleuve Ucayali, territoire ancestral revendiqué par son peuple, les Shipibos en tant que nation autochtone.


Célia Vásquez Yui
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L’œuvre fonctionne comme un tribunal ou un conseil spirituel où les esprits des animaux d’Amazonie


Célia Vásquez Yui
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Biennale Arte 2026 – Celia Vásquez Yui

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3 – Se soucier de la nature

Otobong Nkanga, née en 1974 au Nigeria, vit à Anvers et au Nigeria. Elle a acquis une réputation internationale depuis quelques années. À l’entrée du pavillon central des Giardini, elle a habillé les colonnes avec des briques locales vénitiennes. Elle y a accroché des pots en céramique accueillant des plantes destinées à s’étendre rapidement, ainsi que des objets en verre de Murano dont les formes s’inspirent d’une courge d’Afrique de l’Ouest, évoquant les cœurs d’un organisme.


Otobong Nkanga Soft Offerings to Silenced Voices and to All Who Have Turned to Dust(Offrandes douces aux voix réduites au silence et à tous ceux qui sont retournés à la poussière)
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Uriel Orlow, né en 1973 en Suisse, vit entre Lisbonne et Londres. Pour Ghost Herbarium Ghost’s, il a photographié les contours laissés par les plantes pressées sur du papier. Cette évocation fantomatique est la trace de la sève, qui renvoient aux anciennes classifications coloniales et, en même temps, l’idée d’une extinction en cours de certaines plantes. Par ailleurs, il s’efforce de démontrer l’utilité du vétiver dans l’Himalaya pour stabiliser les pentes menacées par le réchauffement climatique.


Uriel Orlow Herbarium Ghost’s
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Uriel Orlow Herbarium Ghost’s
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Carolina Caycedo, née en 1978 à Londres de parents colombiens, vit entre Los Angeles et Porto Rico. Trois gaines de bois suspendues à des filets de jute font référence aux « trois sœurs », une technique agricole autochtone où le maïs, les haricots et les courges sont cultivés en interdépendance.Les formes volumineuses en bois polychrome insérées dans les filets évoquent de gigantesques graines ou semences végétales, ces graines géantes deviennent des symboles de résistance face à l’agro-industrie extractiviste et à la privatisation du vivant.


Carolina Caycedo Ñañay Kculli ~ S’oam Bawi Wenag ~ Kiik K’úum, 2024
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Par ailleurs, elle présente des tapisseries qui rendent hommage à des femmes préservant un savoir ancestral lié à la terre.


Carolina Caycedo When You Take From Mother Earth You Can Give Back By Sprinkling Tobacco (Ella)(Quand tu prends à la Terre Mère, tu peux donner en retour en parsemant du tabac) 2023 127 x 91 cm Tissage Jacquard, sergé de coton imprimé à l’acrylique
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Cette série de tapisseries rend un hommage vibrant aux femmes qui développent, protègent et transmettent les savoirs ancestraux liés à la terre et à la flore locale face à l’agro-industrie extractiviste.
Le titre fait référence à un rituel de réciprocité écologique et spirituel : lorsqu’on cueille une plante ou qu’on prend une ressource à la Terre, on offre en retour quelques pincées de tabac traditionnel pour la remercier, maintenant ainsi l’équilibre écosystémique.


Carolina Caycedo We Save Our Seed for the Following Season / Cada sorbo de café será una bendición para ti (Tinti)(Chaque gorgée de café sera une bénédiction pour toi) 2023, 101,6 × 152,4 cm Tissage Jacquard, sergé de coton imprimé à l’acrylique
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Le portrait met en lumière cette célèbre activiste environnementale portoricaine, cofondatrice de l’organisation communautaire Casa Pueblo. « Tinti » a mené une lutte historique et victorieuse contre l’exploitation de mines à ciel ouvert dans la région centrale de Porto Rico.

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Vera Tamari, née en 1944 à Jérusalem, vit à Ramallah en Palestine.


Vera Tamari Mantra 2019
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Mantra se compose de centaines de graines en rotation façonnées en argile, qui tournent sous une graine géante gonflable. L’œuvre illustre l’idée de la résilience des spécimens botaniques et de la capacité des graines à voyager à travers le monde.

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Bonnie Devine, née en 1952 au Canada, est membre de la Première Nation autochtone des Anishinaabeg. Dans un ensemble de peintures, elle met en évidence les effets de l’extraction de l’uranium et de la radioactivité sur les paysages.


Bonnie Devine Battle for the Woodlands, 2013-15 550 x 240 cm Peinture acrylique, graphite, fusain directement appliqués sur les murs
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Le point de départ de l’œuvre est une reproduction agrandie d’une carte historique du XIXe siècle du Haut et du Bas-Canada tracée par les colons britanniques. Sur cette grille géopolitique imposée qui effaçait les nations autochtones, l’artiste réimpose une cartographie vivante et spirituelle


Bonnie Devine Land in War (La Terre en guerre) 2024-2025,
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Ces paysages vibrants s’inspirent directement des récits de vétérans autochtones de la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement des souvenirs du père de l’artiste.


Bonnie Devine Land in War (La Terre en guerre) 2024-2025, 182,9 × 121,9 cm huile sur toile
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Hala Schoukair, née en 1957 à Beyrouth. Enfant, sa mère l’a sensibilisée, pendant des promenades en forêt, au monde des feuilles, des fleurs et des insectes. Elle présente des dessins à l’encre finement rebrodés de perles, évoquant les miracles de la botanique, ainsi que de grandes toiles peintes à l’acrylique dont les formes fluides s’inspirent de la nature.


Hala Schoukair Mindless Thinking (2020-2024)
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Hala Schoukair sans titre 2022, 75 x 75 cm acrylique sur toile
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Elle traduit ici l’expérience de la lumière du soleil filtrant à travers le feuillage d’été, ou encore des gouttes d’eau glissant sur une vitre.
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Annalee Davis, née en 1963 à la Barbade, présente un journal de prière écologique, une série d’œuvres en lin entièrement réalisées à la main. Chaque pièce intègre des techniques d’applique, de broderie, de crochet et de teinture végétale. Les couleurs sont toutes issues de matières naturelles (curcuma, thé, oseille de Guinée) récoltées autour de chez elle, car elle vit et travaille dans une ancienne plantation. Ses broderies mettent en valeur les plantes locales reconnues pour leurs propriétés médicinales à la Barbade. Son carnet de prières est un acte de résistance poétique face aux crises écologiques actuelles. L’artiste est aussi enseignante et militante.


Annalee Davis
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En remplaçant les motifs floraux décoratifs traditionnels des traditions de couture britanniques par des éléments de la flore sauvage, locale et médicinale, Davis transforme un artisanat domestique d’effacement en de véritables « placards de protestation »


Annalee Davis
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Annalee Davis An Unbound Book of Prayer (Un livre de prières sans reliure), 2022-2024, 30,5 cm × 41,3 cm broderies crochet et teintures végétales
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Son carnet de prière est un acte de résistance poétique face aux crises écologiques actuelles.
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4 – Se souvenir du colonialisme

Bernie Searle (née en 1964 au Cap, Afrique du Sud) est une artiste et réalisatrice de renom. Elle présente un film tourné dans le somptueux hôtel de ville de Bruges, où l’on observe une silhouette drapée d’or (l’artiste elle-même) qui troque peu à peu son étoffe étincelante contre un voile de dentelle noire, au rythme d’une partition jouée par le carillon du beffroi.


Bernie Searle Interlaced (2011) Performance
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Ses mains recouvertes d’or évoquent avec force la brutalité de la colonisation belge au Congo, une époque tragique où l’on amputait les mains des travailleurs qui n’atteignaient pas les quotas de récolte de caoutchouc imposés par l’administration coloniale.
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Eustaquio Neves (né en 1956 au Brésil) est un photographe autodidacte qui manipule ses images directement en chambre noire. Sa série Cartas ao Mar (Lettres à la mer) réunit des portraits réalisés à Rio de Janeiro, principal lieu de débarquement des Africains réduits en esclavage. L’artiste y a superposé sept visages à des clichés de pierres tombales, imprimant le tout sur du papier vieilli pour lui donner l’aspect de documents d’archives oubliés.


Eustaquio Neves Boa Noite (Bonne nuit) issue de la série historique « Passaporte » (Passeport) 1997, 34,5 cm × 23,5 cm
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Cette œuvre prend la forme d’une pièce d’identité ou d’un document douanier altéré par le temps.


Eustaquio Neves Boa Noite (Bonne nuit) issue de la série historique « Passaporte » (Passeport) 1997, 34,5 cm × 23,5 cm
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Biennale Arte 2026 – Eustaquio Neves

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Manuel Mathieu (né en 1986 à Haïti, qui vit entre le Canada et Paris) ravive la mémoire des souffrances historiques de son île natale. Ses œuvres portent des titres sombres et évocateurs comme Abondante sécheresse ou Génocide. Elles prennent la forme de peintures, de céramiques et de mosaïques aux textures torturées.


Manuel Mathieu
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Manuel Mathieu Apparition of a portrait (Apparition d’un portrait) 2024, 152,4 × 137,2 cm
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Il construit ses tableaux par une succession de couches de peinture qu’il vient ensuite gratter, mutiler ou arracher. Dans Apparition of a portrait, les formes biomorphiques aux teintes charnelles (rose, ocre, beige) s’entremêlent pour faire surgir une silhouette organique presque humaine, évoquant la fragilité des corps face aux traumatismes de l’histoire.


Manuel Mathieu Abundance and Drought 2024, 152,4 × 137,2 cm
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Il introduit la mosaïque de verre à grande échelle, voir un détail. Le titre Abundance and Drought résume parfaitement les tensions qui traversent l’histoire contemporaine d’Haïti et les crises mondiales.
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Buhlebezwe Siwani (née en 1987 en Afrique du Sud, qui vit et travaille entre Amsterdam et Le Cap) aborde la condition des femmes noires sous le prisme de l’apartheid et de l’histoire coloniale. Ses sculptures, Zanenkosi et Ilifa lakhe, sont façonnées en savon vert de la marque Sunlight, un produit ménager universellement associé aux foyers sud-africains modestes et un marqueur fort des inégalités sociales.


Buhlebezwe Siwani Zanenkosi et Ilifa lakhe, 2022 savon vert Sunlight Soap
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Dans son installation vidéo à cinq canaux intitulée Amagugu, elle met en scène six femmes noires nues parées de fleurs de protea et de strelitzia, manipulant de l’imphepho, un encens traditionnel utilisé en divination et en médecine rituelle. En jouant sur un clair-obscur prononcé, l’artiste réinvestit un paradigme de la peinture occidentale pour mieux subvertir et déconstruire l’imaginaire colonial et le regard historique posé sur le corps de la femme noire.


Buhlebezwe Siwani Amagugu
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