Cours du 28 septembre 2015

De grands critiques d’art, F. Pluchart, C. Millet, G. Lascault, Jean Clair, s’intéressent a l’artiste et à l’idée de mémoire collective et d’attachement à l’enfance.
Il reviendra sur des idées d’archives dans les années 80, avec Les archives de C. Boltanski de 1965 a 1988.


Christian Boltanski – Les archives de Christian Boltanski de 1965 à 1988 Métal, lampes, fils électriques, photographies noir et blanc et couleur, papier 270 x 693 x 35,5 cm Centre Pompidou
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Théâtre d’ombres 1964. Des figurines en carton, papier, laiton, fil de fer, projecteur et ventilateur
(les ombres des silhouettes d’un petit théâtre de marionnettes sont mouvantes, projetées et agrandies sur le mur ; elles évoquent tout aussi bien les jeux, les histoires et les peurs de l’enfance que les récits mythologiques, les danses macabres ou la tradition des théâtres d’ombres chinois et indonésiens).


Christian Boltanski, Théâtre d’ombres

Les enfants de Dijon 1985 chapelle de la Salpêtrière. Dans la pénombre 142 photos d’enfants éclairés avec 270 ampoules électriques. Photos en noir et blanc, encadrées avec des cadres en fer blanc, matériaux pauvres. Création d’une ambiance de recueillement, méditative. Association lumière pénombre, photos.
En 1973 Boltanski a demandé aux quatre cents élèves d’un CES de Dijon de lui fournir leur portrait photographique préféré. Chaque image est agrandie à un format identique grâce à une nouvelle prise de vue, placée sous verre et encadrée par une bordure de fer blanc. Il réutilise ces clichés douze ans plus tard pour les enfants de Dijon. Mémoire à l’enfance disparue, adieu solennel à l’enfance disparue.

Collection du musée de Grenoble. Les boites en fer blanc, et les fils électriques font partie de l’oeuvre, ils donnent le sentiment d’une installation faite rapidement.
Entre 1985 et 1986 il réalise des monuments à l’enfance. Il ne donne pas de clé de lecture. La forme géométrique reprend celle des façades d’églises.
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A la documenta 8 de Kassel, il traite du thème de l’Holocauste, il occupe trois salles avec 350 photos de déportés. Il affronte son passé juif.
Il a remplacé les ampoules électriques par des lampes de bureau qui éclairent violemment les visages.
Autel lycée Chases photos de classe lycée juif de Vienne. Les visages floutés ce ne sont que des souvenirs. Les boites ont une autre signification (archives de la police, cercueil).


Christian Boltanski – Autel du Lycée de Chases, (1988) Musée d’art contemporain de Los Angeles
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En variant le dispositif d’installation, il veut faire un monument pour que la fonction commémorative soit perceptible. Voir un commentaire.

Odessa 1989 massacre de juifs durant la guerre, musée juif de New York. Dégage un fort sentiment émotionnel, méditation sur le passé.

En 1989 la réserve des Suisses morts. Il a rassemblé près de 1000 portraits de personnes décédées, provenant de la rubrique nécrologique d’un journal valaisan, collés sur des boîtes de biscuits rouillées éclairées par des lampes de bureau, qui constituaient plusieurs installations dont les empilements à l’équilibre précaire obligeaient le visiteur à se déplacer avec attention. Les Suisses ont aucune raison historique de mourir. Terme d’archives très juste. Voir un commentaire.

Canada 1990 à la place des photos il utilise de vieux vêtements usagers. Le terme Canada était désigné à Auschwitz pour le lieu où les vêtements étaient stockés.


Christian Boltanski – Réserve Canada (1990)
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Avec la Réserve de 1990, Boltanski tapisse les murs d’une salle entière de vêtements usagers, voire poussiéreux, qui répandent une odeur de grenier. Car la forte présence de l’œuvre ne se manifeste pas seulement visuellement, mais par une dimension olfactive trop rarement exploitée en art plastique.
Comme les autres œuvres de la série, la Réserve de 1990 crée un environnement incitant à une méditation mélancolique sur le corps comme enveloppe vulnérable, sur la vanité et sur la mort, qui sont les sujets de prédilection de Boltanski durant les années quatre-vingt-dix.

La réserve du musée des enfants.

A l’occasion de la Monumenta 2010 C. Boltanski expose personnes.

Exposition “Personnes” au grand palais 2010. Gigantesque installation. On longe un mur de boites en fer blanc de 42 m de long et 3,9 m de haut. L’espace est jonché de vêtements disposés en rectangles de 5 m sur 8 m. Sensation de cimetière, de camp de réfugiés, au fond une montagne de vêtements avec une grue qui prend quelques vêtements (le doigt de Dieu qui prend la vie au hasard). Passé mémoire, mort, souvenir du génocide. Comment on survit dans le collectif.
Des bruits de battement de cœurs humains suggéraient la vie.


Christian Boltanski personnes 2010 Grand palais

Chance biennale de Venise 2011. Circulation de photos de nouveaux nés. Périodiquement un nourrisson était sélectionné par la machine et son image apparaissait plus grand et en bleu. De part et d’autre un décompte des naissances mondiales et le chiffre des décès. Jeu interactif a mettre dans l’ordre composition d’un portrait.


Christian Boltanski Chance biennale de Venise 2011

Depuis 2005 il veut faire des enregistrements de battement de cœur et en faire des archives. Les archives du cœur sont installées sur l’île japonaise de Teshima.

Voir d’autres oeuvres de C. Boltanski.

Il a récemment vendu sa vie en viager à un milliardaire de Tasmanie. Ce dernier, un joueur génial interdit de casino, car un peu autiste et capable de réaliser des calculs ébouriffants en une fraction de seconde, nourrit une passion pour le hasard. Un terrain sur lequel, avec Boltanski, ils se sont entendus comme larrons en foire. L’homme a donc acheté la vie de l’artiste et a fixé le montant des mensualités, qui reste secret. “Dans huit ans, il aura payé ce qu’il me doit, dit Boltanski. Si je meurs avant, il aura fait une bonne affaire. Si c’est après… Comme il affirme qu’il ne perd jamais d’argent, je devrais donc mourir avant huit ans. Moi, je pense que celui qui croit avoir vaincu le hasard est le diable. C’est une sorte de jeu d’échecs qui s’est instauré entre nous.
Pourquoi Boltanski est-t-il entré dans ce jeu macabre ? “Pour montrer qu’on n’a jamais raison.” Trois caméras qui le filment en permanence sont installées dans son atelier de Malakoff, en banlieue parisienne.

Take me expo a la monnaie de Paris (du 16/09/2015 au 8/11/2015).
Chaque visiteur sera invité, pour ne pas dire encouragé, à toucher, utiliser ou emporter avec lui les objets et les idées des artistes invités.
Les commissaires de l’exposition Christian Boltanski et Hans Ulrich Obrist reprennent ce principe fondateur tout en le renouvelant

L’exposition où tout doit disparaître. Tas de vêtements. Idée de déstabiliser le spectateur.

La cache C. Boltanski souvenir. Livre écrit par le fils du frère de Boltanski. Voir la critique de télérama. Mélange d’un récit biographique avec de la fiction.

Un site sur Christian Boltanski.

Christian Boltanski a l’art de mettre en scène des souvenirs qui sont la mémoire d’une génération. Il a l’art de mettre en scène des émotions collectives des souvenirs qui sont notre mémoire, que se soit des souvenirs de notre enfance, des souvenirs de l’holocauste, ou l’idée du temps qui passe et la crainte de la mort. Il met en scène des oeuvres qui sont très fortes parce qu’elle nous touchent tous sur le plan émotionnel.
Il a en commun avec Jean Le Gac d’inventer des fictions qui veulent être autobiographiques.
Il a aussi en commun avec Annette Messager le fait d’utiliser des matériaux de l’enfance (peluches) de travailler sur des stéréotypes communs à toute une génération, et être capable d’envahir des murs avec des objets ingénieusement disposés pour que cela fasse sens mais dont on se dit “Mais j’ai ça chez moi aussi !”.