Cours du 26 mars 2018

En 2015, elle a une résidence de quelques mois à Petropolis au Brésil, dernière résidence de Stefan Zweig.
Elle lui consacre un travail qui rejoint ses recherches sur la montée du fascisme en Europe. Elle a par ailleurs une grande connaissance de la culture allemande.

Elle a appelé son exposition Abschie of Europa (Adieu à l’Europe) en référence au livre de Zweig.


Giulia Andreani – Abschie I & II (2015) acrylique sur toile, 81 x 60 cm
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Sur le tableau de gauche, elle fait le portrait de Friderike premier amour de Zweig. Elle la découpe à travers le portrait le plus célèbre de Zweig. Il est présent dans le tableau sans être là.

Deuxième tableau Zweig avec son épouse Lotte la découpe de la scène est le portrait de Friderike. C’est une façon de dire que dans le couple qu’il a formé avec Lotte, il n’a jamais oublié Friderike.
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Exposition au palais de Tokyo en 2015.


Giulia Andreani – Sept femmes (2015) acrylique sur toile, 35 x 27 cm chaque, collection FRAC Poitou Charentes
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Sept femmes 2015 titre. Richter avait peint en 1966 8 élèves infirmières (toutes victimes d’un sérial Killer).
Les premières réactions ont été de supposer que ces femmes ont été des victimes ou des prisonnières. On reconnaît le visage de Juana Bormann, et ces femmes ont été jugées à la fin de la guerre pour leur brutalité.
Elle a réalisé cette oeuvre après avoir lu le livre de Wendy Lower sur la brutalité des femmes. Elle montre comme le nazisme a eu un rôle émancipateur pour les femmes qui étaient soumises au modèle du KKK (Kinder, Küche, Kirche soit enfants, église et cuisine). Il est très difficile d’évoquer cet aspect de l’histoire, mais il est vrai que les femmes venant de milieux très défavorisés, en adhérant au national-socialisme et en prenant place dans ces postes accédaient à un salaire élevé et à un logement meilleur. Il y a une dimension assez atroce de penser que cette dualité puisse exister et les conduisent à réaliser des atrocités« .

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Giulia Andreani – Trois femmes (2015) série de 3 tableaux, acrylique sur toile
35 x 27 cm chacun

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Même évocation pour 3 femmes, qui ont eu un procès après la guerre.

Série damnatio memoriæ (2015)
La damnatio memoriæ (la damnation de la mémoire) dans la Rome antique était un ensemble de condamnations post mortem à l’oubli collectif (effacement des noms sur les monuments publics, renversement des statues etc.) Par extension le mot est utilisé pour toutes condamnations post mortem. La condamnation post mortem est le contraire de la divinisation (consecratio) »


Giulia Andreani – Damnatio Memoriae III (2015) acrylique sur toile, 150 x 200 cm
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Voir également :
– Femme qui supporte un piano et le pianiste KKG (King Kong girl) inspiré par la King Kong théorie de Virginie Depentes.
– Homme avec un marteau Damnatio Memoriae IV. Elle évoque la destruction du patrimoine culturel au cours des guerres et des autodafés.


Giulia Andreani – La gifle (2015) aquarelle sur papier 125 x 95cm
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Deux athlètes y sont représentés dans un mouvement qui nous donne la trompeuse impression d’être synchronisé. Nous savons d’après les sources dévoilées par l’artiste que nous sommes en compagnie ici d’une lanceuse de disque participant à une compétition sportive sur le territoire palestinien, prise en photo par Liselotte Grschebina en 1937, et de Erwin Hubert, discobole nazi immortalisé par Leni Riefensthal un an auparavant.

«Les œuvres de Andreani sont innervées de telles rencontres improbables et autres téléscopages qui désamorcent les références initiales afin de les soumettre à des relectures qui nous incitent à interroger les liens entre images fixe ou en mouvement et l’histoire. Pièces à conviction, documents, fiction et réalité : ces notions sont mises à rude épreuve dans son œuvre» (Erik Verhagen)


Giulia Andreani – Le rempart (2015) acrylique sur toile,190 x 410 cm
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2015 le rempart est à lire comme un travelling de cinéma. A gauche, on voit des infirmières penchées sur un lit de malade. A côté d’elles, on voit un personnage avec un masque de lapin. A l’arrière plan on voit une femme mettant un bulletin de vote dans une urne cette femme, c’est Simone de Beauvoir. Au premier plan on reconnaît Hannah Höch avec une de ses poupées sur la tête dont la robe lui fait une sorte de chapeau. A côté une fillette s’agrippe aux branches d’un arbre. A droite une image prise dans un film de Hitchcock avec un revolver à la main et qui cache son visage. A droite Salomé tient dans ses mains sa propre tête.
Pour elle, toutes ces femmes, sont des femmes fortes qui ont fait évoluer la place de la femme dans la société.

Voir un commentaire (tout geste est un renversement)

Voir Giulia Andreoni la peinture post-historique.

Voir également :
Sans titre (Salomé), 2014.
– Elle aime bien également le personnage de méduse. Avec une fille à poil tu peux le faire à 100 euros de plus (2014)

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Elle a participé en 2017, à l’exposition Ciao Italia au musée national de l’immigration sur un siècle d’immigration italienne en France.
Elle a fait une série de portraits sur les anti-fascistes


Giulia Andreani – Silvio Trentin (2017) aquarelle sur papier
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Portrait d’anti-fascistes. Aquarelles à partir d’images d’archives. Les images étaient accrochées perpendiculairement au mur afin de voir au dos un témoignage écrit.

Voir également :
Etude VDP (2017)
Sorellina (2017)


Giulia Andreani – Le cours de dessin (2015) acrylique sur toile, 150 x 200 cm
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En 2015 le cours de dessin. Elle s’inspire d’une photo de son grand père à l’époque où il étudiait la peinture aux beaux arts dans les années 30. L’artiste souligne la position ambiguë de la jeune femme au centre, qui peint un portrait de Hannah Hoetch et derrière elle, un homme la dirige avec les mains. Elle évoque la le manque de liberté des femmes dans la société fasciste.


Giulia Andreani – Les comploteuses (2015) Aquarelle sur papier — 36 × 48 cm
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Les comploteuses 2015. Dactylos penchées sur leur machine à écrire affublées d’un masque.

Les pêcheuses (2015) Aquarelle sur papier — 36 × 48 cm.

Voir exposition de 2016.

En 2016 elle a été en résidence aux Arcs dans le Lot. Elle réalise ensuite une exposition qui s’intitule :
« Un si joli village« .

«Elle s’est intéressée à une zone d’ombre autour de Ossip Zadkine, qui vécut et travailla aux Arcs, des années trente jusqu’à sa mort, en réactivant le souvenir de Valentine Prax, sa compagne. Artiste elle aussi et même excellent peintre, elle vécut comme tant d’autres femmes artistes et compagnes d’artiste, à l’ombre du maître qui captait presque toute la lumière. (…) »


Giulia Andreani – Femme d’intérieur (2016) acrylique sur toile, 200 x 350 cm
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Femme d’intérieur (2016) La compagne de Zadkine, Valentine Prax est représentée trois fois à partir de trois photos d’archive. Elle peint l’ombre d’elle même.

Elle s’est également intéressée, lors de son séjour aux Arcs, aux résistants qui se sont réfugiés là durant la dernière guerre et qui ont été dénoncés et envoyés dans des camps.


Giulia Andreani – On n‘en saura rien (2016) acrylique sur toile, série de 8, 35 x 27 cm chaque
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On n‘en saura rien 2016. Portraits des réfugiés dénoncés à l’époque.

L’enlèvement d’Europe (2016). Autre allégorie, des infirmières qui enlèvent une petite fille.

Exposition galerie VNH en 2018. Elle y présente le travail qu’elle a effectué lors d’une résidence au centre maternel des marronniers qui accueille de jeunes mères avec leur enfant. Elle n’a pas eu l’autorisation de travailler à partir de photos.
Voir d’autres images de l’exposition.


Giulia Andreani – Guerrières (2017) acrylique sur toile, 150 x 200 cm
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Guerrières (2017) montre des femmes déterminées en marche, dans une attitude guerrière.

Voir également
Michel Journiac reproduisant un cliché de la performance de Michel Journiac, 24 heures de la vie d’une femme ordinaire. Elle remplace le nom de la lessive « Génie » par « Genre ».

Elle a été sélectionnée pour aller à la villa Médicis à Rome pour 2017-2018. Elle a recherché dans les archives de la villa, la trace des premières femmes peintres pensionnaires comme Odette Pauvert 1925

Voir le site de Giulia Andreani

L’oeuvre de Giulia Andreani est construite à partir de sources légères et de sources graves, superficielles pour certaines, profondes pour d’autres. Elle sait que l’image une fois décontextualisée, est un signe visuel sur lequel on ne peut porter aucun jugement fiable. L’image seule n’est jamais objective.
Quand on lui demande si l’on peut parler de peinture d’histoire, elle répond : « Je tisse des allégories du présent créés à partir des débris culturels de l’Europe. La peinture est là pour dire l’invisible, montrer l’invisible, perturber les certitudes et avoir le dernier mot. « .
Ce qui est intéressant dans son travail c’est que l’on oscille entre un désir esthétique et en même temps une prise de conscience car il y a chaque fois matière à réflexion.

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