Cours du 19 février 2018

1984 la parole de saint Agathon. Agathon fut pape de 678 à 681. En tant que Pape il est connu pour avoir engagé des négociations entre le saint Siège et Constantinople. On débattait à l’époque de l’idée de la légitimité des images (entre iconoclastes et iconodules). Alberola évoque Saint Agathon car il travaille sur la légitimité du regard et des images.

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En 1983 – 84, il tourne son premier film La vie de Manet. Il évoque un voyage de Manet vers une terre lointaine, il rend hommage aux frères Lumière essai expérimental en noir et blanc.
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Il expose avec les artistes de la figuration libre.

Depuis 1983, il réalise des éditions de livres d’artiste à compte d’auteur, qu’il fait imprimer au Havre et typographier à Grignan. Il a réalisé une soixantaine de publications.

En 1985 il est invité à participé au Centre Pompidou à l’exposition intitulée : « La peinture l’histoire et la géographie ».


Jean Michel Alberola – Breton dixit Actéon (1985)
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Breton dixit Actéon récit (1985) commande de J. Lang pour le jardin des Tuileries. Déposé depuis au MAC de Marseille. Silhouette de femme assise sur un tabouret posé sur une pierre blanche, qui est inspirée par les dessins de Breton pour illustrer son récit Nadja publié en 1928, sur certains, on retrouve des cornes d’antilope. Il a déposé des cornes d’antilope sur sa tête de la femme assise.
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En 1986, Alberola séjourne au Togo. Il avait lu de livre de Raymond Roussel « Impression d’Afrique« , et il a voulu aller sur place pour voir ce qu’avait ressenti Roussel. Très souvent par la suite il fera des voyages pour revivre ce qu’avaient vécu des écrivains qu’il avait aimé. Il veut se mettre dans les yeux des écrivains.
A son retour, il publie un livre impression d’Afrique.

Il participe au palais de Tokyo, à une expositions sur exposition ambitieuse qui cartographie l’influence de Roussel sur les artistes d’aujourd’hui.

Il publie Retour d’Afrique en 1989.

Long séjour à Naples en 1986, pour étudier le corps du Christ. Il publie un livre d’artiste avec le musée Cantini De tous les Saints sur l’histoire de Naples.


Jean Michel Alberola – Etudier le corps du Christ (1989) 193 x 123 cm Centre Pompidou
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Aquarelle, pastels, monochrome jaune avec bras et jambes.
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Dialogue avec Picasso. Cet éternel sujet de la peinture est interprété de façon très personnelle par Jean-Michel Alberola, même s’il s’inscrit parfois dans un dialogue ironique et irrévérencieux avec « la Crucifixion » de Picasso. La variété des techniques et des supports utilisés, ainsi que la diversité des représentations attestent non seulement de son talent de dessinateur, mais aussi de l’importance et de l’autonomie de son œuvre graphique.

Jean-Michel Alberola nous explique dans quelle circonstance ce thème lui est apparu et la signification qu’il revêt pour lui : « … Dans la chambre de mon enfance, il y avait une croix, comme dans toutes les familles espagnoles, une croix accrochée au-dessus de mon lit. Quand j’étais petit, on me disait : « il faut que tu fasses le signe de la Croix. » Dans le travail que j’ai fait, ce qui m’importait, c’était justement d’effacer ce signe de la croix pour parler du corps du Christ comme un corps simple. La Crucifixion a été pour moi un passage obligatoire dans le sens où, ce qui manque à l’art contemporain, c’est la proposition d’un corps sain… obligé de passer par un corps malade, un corps mourant et le grand corps de la peinture occidentale : le Christ… En même temps, dans la Crucifixion, il y a un corps simple entier, il est en face de nous dans sa clarté d’image, d’icône et de signe« .

Sacré cœur fait parti du travail d’Alberola pour illustrer l’évangilaire.

Voir Jean Michel Alberola la peinture métaphysique.

En 1993, se déroule « Avec la main droite », une exposition de dessins de Jean Michel Alberola au Cabinet d’art graphique du Centre Georges Pompidou.


Jean Michel Alberola – Avec la main gauche gravures (1992)
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Le Christ aux outrages est le thème central de l’ouvrage « Avec la main gauche » (43 gravures) : Piero Crommelynck avait, avec son frère Aldo, imprimé les dernières gravures de Picasso. Pour se libérer de la mémoire de Picasso qui plane dans l’atelier Crommelynck, Alberola entreprend une série de gravures sur le thème du Christ aux outrages associées à des jurons espagnols qu’il adresse au maître.


Jean Michel Alberola- Et après ? (1992)
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Et après ? 1992 Les deux sculptures furent commandées en 1987 par Jack Lang, et installées en 1992 dans les niches du passage des quatre Fontaines. A chaque sculpture s’associe une date dans la pierre, sous la niche (1901 naissance de Malraux et son décès en 1976). Les bronzes traduisent en bas-relief les reproductions choisies par Malraux. Ainsi chaque sculpture est une référence à l’art grec, indien, khmer, huaxtèque, toltèque et congolais, sans oublier l’égnimatique sourire de l’ange de la cathédrale de Reims. Sur le sol des fragments de poèmes de Malraux.

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Il se consacre de plus en plus à l’édition de dessins, lithographies, et de sérigraphies.

Il publie un ouvrage Avec la main gauche de gravures à la pointe sèche inspirées par le Christ aux outrage de Fra Angélico.

Il s’inspire du tableau des frères Le Nain repas des paysans (1642).


Jean Michel Alberola- Le deuxième repas des paysans (1996) 66 x 53 cm Musée du Louvre
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Le deuxième repas des paysans. On reconnaît à gauche le garçon, des objets et quelques éléments de l’architecture de l’arrière plan. Grand espace vide au centre qui correspond peut être à la nappe.
Il travaille également sur le tableau du Repas des paysans des frères Le Nain, qu’il décline en plusieurs planches et rebaptise Frères Lénine. Il a glissé des frères Le Nain aux frères Lenine, la phrase qu’il a retenue vient sans doute de l’époque de Lénine.


Jean Michel Alberola – Icône des populations (1996) gouache et fusain sur papier, 84 x 104 cm,
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Icône des populations (1996). Le personnage au premier plan s’inspire des casseurs de pierre de Gustave Courbet (même geste du bras).

Une visite à Auschwitz l’amène à se questionner sur le statut de l’artiste dans la société.

A la suite de cette visite, il publie un livre d’aquarelles sans titre en 1997.


Jean Michel Alberola – Sils Maria (1992) 119 x 175 cm
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Sils Maria (1992). Sils Maria est le lieu où Nietzsche a longuement séjourné, ainsi que Thomas Mann et Anne Franck. C’est un lieu chargé d’histoire.

Lorsqu’il a découvert l’extermination au Rwanda, il s’est intéressé au Massacre des innocents de Poussin qui lui inspire un livre avec une série de lithographies et de gravures.

Il consacre une série de travaux au Gilles de Watteau.
Son ouvrage de gravure s’intitule Qui a t-il dans les poches du Gilles ? (1995) 25 pages brochées.


Jean Michel Alberola – Qui a-t-il dans les poches de Watteau ?
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Gilles de Watteau Qui a-t-il dans les poches de Watteau ? Tête transformée, esprit très post cubiste. Fragmentation des couleurs à l’arrière.

Il déclare : « Les discours est la seule chose qui soit démocratique, j’ai fait un petit tableau pour une exposition chez Daniel Templon, sur lequel était inscrit « je suis un objet visible de votre puissance d’achat ». Et ce petit tableau s’est vendu 20 000 € à l’époque. Et j’ai fait une édition de la reproduction du tableau qui a été vendu 50 fois moins cher. C’est la quête la plus explicative sur cette question économico-politique« .

En 1995 il expose à la fondation Cartier l’effondrement des enseignes lumineuses. Une rétrospective de ses travaux mais qui insiste sur l’effondrement du système de marchand.

Différents néons de l’artiste.
L’effondrement des enseignes lumineuses


Jean Michel Alberola – Crâne (1995) 20 x 25 cm
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Rien crâne, existe en version murale ou dans un caisson. Il rejoue l’idée de vanité en se servant des lettres.
Contradiction excessive (2012)


Jean Michel Alberola – Sans grand changement (1995)
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Sans grand changement. Phrase de Kafka il s’adresse à lui pour lui dire que rien n’a vraiment changé.

La question du pouvoir est la seule réponse le titre de l’oeuvre est « l’idée de François » et pour lui François est saint François d’Assise.
La pauvreté est une idée neuve en Europe (2002) référence à la phrase de saint Just qui avait dit : « Le bonheur est une idée neuve en Europe« .

Une oeuvre résolument protéiforme : à travers des peintures, des néons, des films, des textes, des objets, des installations, des sculptures, des murs peints, des éditions et des tracts, Alberola interroge le monde, évolue entre abstraction et figuratif, explore la création artistique et la politique, convoque les figures de penseurs et artistes majeurs, de Robert Louis Stevenson à Guy Debord, en passant par Franz Kafka, Karl Marx, Simone Weil.

Il n’y a pas de figure centrale.
La sortie est à l’intérieur (centre Pompidou)


Jean Michel Alberola – Errico Malatesta (1996)
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Portrait de Errico Malatesta révolutionnaire italien 1996. On distingue deux mains

Voir d’autres œuvres (galerie Catherine Issert)


Jean Michel Alberola – Vous avez le bonjour de Marcel (2002) mur peint Centre Pompidou
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En 2002, il a peint Vous avez le bonjour de Marcel. Il s’agit de la partie supérieure du grand verre de Marcel Duchamp. Il fait allusion à la fois à Marcel Duchamp et à Marcel Broodthaers.
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Il réalise ce mur peint à l’occasion de l’exposition au centre Pompidou : Où en est la peinture ? Tout va bien.

Il réalise à chaque exposition un mur peint :

J’ai l’impression de parler à un mur.
Devenir chien d’aveugle

Voir l’oeuvre imprimée de Jean Michel Albertola (BNF 2009).

En 2002-2003, le projet intitulé The Little Utopian House (La maison des petites utopies) est réalisé pour la Triennale d’Echigo-Tsumari de 2003. Cette construction ornée de fresques abrite la salle de réunion du village de Matsudaï, au nord-ouest de Tokyo, en pleine montagne. Onze lithographies reprennent les murs peints.


Jean Michel Alberola – Triennale d’Echigo-Tsumari (Japon) 2003
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Éclairage en groupe. Mur peint pour la fondation Cartier en 2014. Visages de femmes philosophes.

Les ouvrages réalisés par J.M. Alberola

Exposition au musée de saint Etienne 2009 La précision du terrain vague.

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