Cours du 27 novembre 2017


Maurizio Cattelan – The wrong gallery New York
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Il ouvre à New York (à Chelsea de 2002 à 2005) The wrong gallery (La mauvaise galerie), l’espace d’exposition le plus petit de New York et qui est toujours fermé. Cela lui permet d’aller dans les foires internationales où les galeristes sont invités.

Untittles 2001 ascenseur de 30 cm de haut. Les ascenseurs lilliputiens sont des répliques parfaites jusque dans les moindres détails – en approchant des mini portes, un capteur détecte le mouvement et les portes de l’ascenseur s’ouvrent avec un « ding » familier, il y a des mini boutons à l’intérieur de l’ascenseur et nous pouvons voir haut ou bas. humour et esprit critique acéré.

– En 1991, à Bologne, il a constitué une équipe de foot constituée d’immigrés sans papier. Il construit un baby foot géant, dont le nombre de joueurs correspondait à celui d’une équipe de foot, pour faire un pied de nez à l’obsession pour le football et à son monde corrompu.

– En Angleterre en 1999 il fait graver sur une stèle la liste des matchs perdus par l’équipe d’Angleterre. Ceci pour rendre ridicules toutes les éventuelles actions de commémoration d’un événement historique.

En 1994 alors que l’Italie traverse une période de troubles politiques, il réalise 2 pièces
J’ai trouvé mon Amour à Portofino. Cette oeuvre met en scène des rats nourris au fromage italien Portofino ; il vend ensuite des rats.
Il bel paese Le plus célèbre fromage italien appelé « Il bel paese » utilisé comme un tapis dans le hall du Château de Rivoli à Turin. Idée de piétinement par des centaines de visiteurs.


Maurizio Cattelan – Vache sans titre (1998)
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Taxidermie de veau avec guidon de Vespa à la place des cornes..


Maurizio Cattelan – Z (1996)
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En 1996, il s’amuse aussi à pervertir l’esthétique picturale d’un artiste conceptuel comme Lucio Fontana par une série de toiles monochromes qu’il entaille d’un Z, tel un Zorro : les Z paintings.

En 1997 Germano Ceylan l’invite à La biennale pour rendre hommage à l’Arte Povera. Il réalise turisti avec 2 000 pigeons naturalisés. Leur présence était signalée aux visiteurs par leurs excréments fictifs sur le sol.


Maurizio Cattelan – Sans titre (2009)
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Sans titre (2009) allusion à Manzoni avec le balai brosse


Maurizio Cattelan – L.O.V.E. (2010) Marbre blanc de Carrare, travertin romain 1100 x 470 x 470 cm
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Love MILAN en 2010, il réalise place Affari, devant la bourse, une gigantesque main de 11 m de haut avec un doigt d’honneur, les autres phalanges étant coupées. DOIGT d’honneur de 11 m de haut.
«L’idée est très simple. C’est un salut nazi ou fasciste qui a été tronqué, mais pas complètement, et transformé ainsi en un autre symbole qui est l’antithèse du premier. On peut l’analyser comme une critique des idéologies, mais l’oeuvre est aussi ouverte à d’autres interprétations… La main est un sujet récurrent dans la sculpture figurative, la main colossale de Constantin qui salue est un exemple célèbre de l’époque romaine.« . (Maurizio Cattelan)
Il ne ferme jamais la liberté interprétative du spectateur. Par exemple, chez les mafieux les doigts sont coupés pour trahison ou les doigts des otages.
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Ave Maria 2007 salut fasciste associé à l’Eglise.

4 – Mettre en place des scènes absurdes, tragi-comiques ou carrément tragiques


Maurizio Cattelan – Bidibidobidiboo (1996) Ecureuil naturalisé, ceramic, formica, peinture, acier 45 x 60 x 58 cm
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Bidibidobidiboo (1996). Un écureuil vient de se suicider dans sa cuisine (il a reproduit une maquette de la cuisine de ses parents). Une simple cuisine est transformée par l’écureuil en une image surréaliste et symbolique de désespoir.
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Betsy (1999) une femme dans le réfrigérateur. Le marchand d’art londonien Ben Brown a demandé à Cattelan de réaliser un portrait de sa grand-mère. Il a fait Betsy.


Maurizio Cattelan – Frank et Jamie (2002) Frank: Mannequin en cire, vêtements 191,7 x 63,5 x 52,7 cm Jamie: 182,2 x 62,8 x 45,7 cm
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Deux policiers new-yorkais la tête en bas, transformés en «perdants».

A Hanovre en 2000, il expose une voiture Audi dans laquelle a poussé un arbre.


Maurizio Cattelan – La ballade de Trotski (1996) Cheval naturalisé, seller de cuir, corde, poulie Grandeur nature
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Un cheval est suspendu, signification difficile à cerner. Un monument à la paralysie de l’utopie universelle. En 2001, l’oeuvre aurait été vendue 560 000 £ et en 2004, elle aurait été revendu 1,85 millions de dollars! Pourquoi un tel titre ? Ce cheval apparaît comme un emblème de l’exploitation, plus particulièrement de l’exploitation ouvrière. Ça rappelle furieusement Germinal ! Zola fait allusion, dans ce roman, à la condition effroyable de ces chevaux que l’on descendait dans les mines pour tracter les wagons de charbon et qui, une fois au fond du trou, y restaient jusqu’à leur mort. Comme l’ouvrier, le cheval apparaît comme sacrifié à l’industrialisation. Avec Trotski, on est bien dans le thème!
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Novencento (1997). Cette oeuvre fut exposée au Castello di Rivoli à Turin; un cheval empaillé était suspendu à un plafond baroque d’un des salons du musée, et ses jambes étaient rallongées afin de donner l’impression que la force de gravité les attiraient vers le sol. Novecento référence au film de Bertolluci en 1996 qui parle de la montée du fascisme Italien.

If a tree fall (si un arbre tombe) (1998) âne avec une télévision sur le dos. Maurizio Cattelan transforme une image traditionnelle de l’iconographie chrétienne en créant un âne portant sur son dos une télévision au lieu du Christ et des rameaux ; le Sauveur a été remplacé par l’emblème des médias de masse.


Maurizio Cattelan – Untitled – INRI (2009) Cheval naturalisé, verre, bois 158,5 x 200 x 190 cm
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Untitled – INRI (2009) Un cheval est allongé sur le sol, un panneau fiché dans son abdomen avec l’inscription « INRI », l’acronyme du latin « Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum », qui fait référence à la tradition de l’iconographie chrétienne.
Mais que signifie ce symbole sur un cheval mort ? Maurizio nous laisse avec une interprétation multiforme, qui ne change que selon la subjectivité du spectateur. Il est possible qu’il souhaite rapprocher le sacrifice biblique au sacrifice animal, prétendant que les humains et les animaux ont la même dignité, ou que l’animal a été tué par l’homme, tout comme le fils de Dieu (?)
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Maurizio Cattelan – Kaputt (2013) Cheval naturalisé, Grandeur nature
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Kaputt (2003). Dans le même ordre d’idée, Maurizio Cattelan expose une série de 5 chevaux empaillés suspendus à un mur, de dos, les pattes pendantes, et la tête encastrée dans le mur. Image saisissante d’une fuite pour ne pas voir le monde réel (?) C’est le contraire d’un trophée (?) Il fait référence au roman de Malaparte, « Kaputt », et particulièrement à l’épisode relatif aux chevaux pris dans les glaces du lac Lagoda en Russie.
« Lorsque j’ai une idée c’est l’image de l’idée qui me vient et pas le sens. » (Maurizio Cattelan)
Maurizio Cattelan exposera cette oeuvre pour la première fois en 2007. La réunion des 5 chevaux n’est pas facile, car chaque cheval appartient aujourd’hui à un propriétaire différent.
Les chevaux de Cattelan susciteront une vive réaction et donnera lieu à une pétition pour lui demander de dépendre les chevaux.


Maurizio Cattelan – Les musiciens de Brême (1999)
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Empilement d’animaux. Contes et légendes anges chien chat. Il empile également des squelettes d’animaux. Voir un commentaire.


Maurizio Cattelan – La Nona ora (1999)
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La Nona Ora (1999) exécutée sous la direction de M. Cattelan par Daniel Druet et Odile Hautemulle. L’installation est composée de façon très réaliste d’une sculpture grandeur nature en cire du pape Jean-Paul II habillé de la traditionnelle soutane blanche, la férule à la main, écrasé par une météorite et entouré d’éclats de verre dispersés sur un tapis rouge. Le titre de l’œuvre fait référence à l’heure de la mort du Christ sur la croix, la neuvième heure selon la théologie chrétienne.
L’œuvre fut présentée en 1999 dans le cadre de l’exposition Apocalypse à la Royal Academy de Londres. Elle fut vendue le 17 mai par Christie’s à un collectionneur privé pour une somme de deux millions de US$. Devenue mondialement célèbre, elle a contribué à la renommée de son concepteur et est depuis régulièrement exposée. Le nom de l’œuvre fait référence à Évangile selon Marc : « Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : Eli, Eli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Père, Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Interprétations possible : En 1999 Jean Paul II était malade mais incroyablement résistant et seul un événement venu du ciel pouvait le terrasser (?)
Fragilité du pouvoir (?)
Voir un commentaire (Père Michel Brière, Aumônier des Beaux-arts).

En 1999 à la biennale de Venise il présente une performance assez impressionnante Mother : il a demandé à un fakir de s’enterrer dans le sable 4 fois par jour durant une heure.


Maurizio Cattelan – Him (2001)
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Him (2001). On voit de dos un personnage à genoux en prière. En s’approchant, on découvre qu’il s’agit de Hitler. Associer le politique et le religieux. « Hitler incarne l’image de la peur. En le mettant en scène, je ne fais que m’emparer d’une icône de notre siècle… Le mal absolu est comme la forme inversée de la spiritualité absolue. S’il existe quelque chose d’aussi grand que Dieu, alors il doit exister quelque chose d’aussi extrême dans le registre opposé, celui du mal. Him incarne ces deux visages… » (M. Cattelan)
L’oeuvre a été controversé, lors de sa présentation dans l’ancien ghetto de Varsovie.
Voir une fiche pédagogique.

Charlie don’t surf 1997. Représente un jeune garçon assis un petit bureau le dos tourné au spectateur. Posées à plat ses mains sont fixées à la table par des crayons qui les transpercent. Il offre aux visiteurs une image faisant écho au témoignage de l’artiste sur son expérience de l’école en apprentissage de l’échec à l’opposé de la confiance et de l’engagement que l’art permet de développer. Le titre Charlie don’t surf rappelle le cri de guerre de l’un des personnages du film Apocalypse Now, surnom donné à l’adversaire pendant la guerre du Vietnam le nom de Charlie a souvent été utilisé par l’artiste pour lui-même.


Maurizio Cattelan – Love without words, (1998)
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Maurizio Cattelan « Love without words », (1998) L’amour sans mots. Taxidermie d’enfant recouvert d’un pelage de chien avec une mitre d’évêque en papier sur la tête qui peut aussi ressembler à un bonnet d’âne. Souvenir traumatique d’enfance du mauvais élève, mis dans la position d’un petit chien. Si on lui demande pourquoi l’iconographie religieuse tient une telle place dans son travail, il répond : « J’ai grandi à Padoue et la religion était partout, les images religieuses sont dans notre mémoire collective. »


Maurizio Cattelan – Now, (2004) Mannequin en cire, vêtements, cheveux naturels, bois 85 x 225 x 78 cm
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2004 Now (et maintenant) exposé dans la chapelle des Petits-Augustins aux Beaux-Arts. Cette œuvre représente la dépouille de John Fitzgerald Kennedy allongée dans son cercueil. Comme d’habitude, cette performance a fait couler beaucoup d’encre. Il s’agit d’un mannequin en cire, réalisé par le sculpteur Daniel Druet (qui a travaillé dix ans pour le Musée Grévin), pieds nus dans un cercueil ouvert. L’impact visuel dans la chapelle moyen-âgeuse est très fort d’autant plus que les autorités américaines n’avaient, à l’époque, autorisé aucune photographie du président assassiné.
Selon l’auteur, ce corps symbolise la fin du rêve américain, les pieds nus font référence à un tableau du Caravage, La Mort de la Vierge. Le titre préfigure le questionnement au moment ultime « Et maintenant ? ».
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Maurizio Cattelan – Sans titre, (2007) Mannequin en cire, vêtements, cheveux naturels, bois 85 x 225 x 78 cm
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2007 femme de dos, fixée au mur dans un caisson de bois. Version inversée d’une crucifixion.

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