Cours du 9 octobre 2018

Gilbert & George

Sommaire : Singing sculpture, Drinking sculpture…

Cours d’Agnès Ghenassia

Gilbert et George

Un de leur slogan est : »l’art pour tous« . Ce sont deux individus mais un seul artiste. Ils ont réalisé actuellement plus de 3 000 œuvres.
Gilbert est italien, il est né à San Martino in Badia, province de Bolzano (Italie), le 11 septembre 1943 et George est anglais, il est né à Plymouth en Angleterre le 8 janvier 1942.
Tous deux d’origine modestes se sont retrouvés à la San Martin school of art. Ils se sentaient différents des autres et isolés (par leur homosexualité et leur origines modestes). Ils se définissent comme des sculptures vivantes. Personnages publics, ils se sont construit un look d’employé de banque avec un air raide, et une politesse désuète. Contraste entre leur pratique artistique et leur allure.
Depuis le début ils vivent dans le quartier populaire de East End de Londres (12 Fournier Street), entre la City et le quartier musulman de White Chapel. Ils habitent une vieille maison en brique, dans laquelle au début, ils avaient loué une chambre, puis qu’ils ont acheté ensuite.
Leur appartement comprend des collections anciennes (meubles, livres, bibelots) mais pas de cuisine, car ils prennent tous leurs repas dans le même restaurant turc. Par contre leur atelier est très moderne. Ils estiment que leur quartier est l’endroit idéal pour observer la société. « Il n’y a rien qui se passe dans le monde qui ne se passe pas dans l’East End« , selon George.

Début 1968 point with objects sculptures sur le toit de la St Martin School of Art, Londres, 1968.
Ils proposent (sans succès) au Tate modern à l’occasion de Noel, de s’installer dans le hall d’entrée au milieu d’animaux vivants.
Ils organisent en 1969 une performance culinaire. Ils proposent d’inviter à un repas David Hockney, qui accepte à condition de ne pas payer (!). En savoir plus.

Ils ont l’idée de leur première œuvre : les sculptures chantantes.


Gilbert et George : Sculpture chantante

Singing sculpture (Sculpture chantante). Avec leurs visages et leurs mains peintes avec un mélange de poudre métallique de couleur bronze et de vaseline, et d’une table comme socle, ils ont chanté le chant de deux clochards de la Dépression, « Sous les arches », répétant lentement une série de gestes, et tournant mécaniquement comme des personnages dans une boîte à musique.
Ils apparaissent comme des aristocrates déchus.
La performance a connu un grand succès, (elle durait au départ quelques minutes, puis jusqu’à 8 heures à la fin). Ils se sont tenus à distance à la fois de l’art corporel et de Fluxus.

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Gilbert et George – Galerie Konrad Fischer Düsseldorf (1971)
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En 1971 à Düsseldorf dans Galerie Konrad Fischer ils exposent un dessin au fusain. Les artistes la décrivent non pas comme un dessin, mais comme une sculpture au fusain sur papier.

Voir également Les Tuileries (1974) MoMA

Voir un commentaire sur Charcoal on paper sculpture (MoMA)


Gilbert et George – Autodérision (1970)
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Ils pratiquent autodérision George the cunt (le con…) Gilbert the shit (la merde…).
Voir un commentaire (Tate modern)

Ils aiment Van Gogh, Michel Ange et Bacon des artistes qui souffrent.


Gilbert et George – A drinking sculpture (1974) 170 X 170 cm
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A drinking sculpture (une sculpture à boire) 1974 photos des soirées dans les pubs pour montrer leur ivresse. A l’opposé de leur aspect.
Voir d’autres drinking sculpture (site de Gilbert et George)


Gilbert & George : Drinking Pieces and Video Sculptures | Galerie Ropac London


Gilbert et George – Dusty corner (1974) 170 X 170 cm
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Dusty corner (Coin poussiéreux) 1974. Au milieu des années 70 ils achètent leur maison, dans laquelle ils vivaient depuis 1968, date à laquelle ils avaient loué le rez-de-chaussée. Le bâtiment était dans un état de délabrement considérable et plusieurs de ces images montrent un plafond humide. Ils ont décrit le processus de rénovation comme l’une des tâches les plus difficiles qu’ils aient jamais entreprises, et la maison leur sert désormais de studio et de maison. Pour dusty corner, ils photographient des chambres vides et ils se représentent seuls et mélancoliques.

Ils cessent leur vie sociale et se concentrent chez eux sur leur travail.

Les moindres gestes de leur vie deviennent ainsi prétextes à la création d’une forme inédite de sculpture : marcher, chanter.

Voir un commentaire sur les performances de Gilbert et George.


Gilbert et George – The Major’s Port (1972) 140 x 208 cm
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The Major’s Harbor (Le port du major)

Voir également :
Balls (Balles).
Falling (Chute).

Ils travaillent également à partir de cartes postales.


Gilbert et George – Sculpture de cartes postales (1974) 55 cartes postales 127 x 94,7 cm
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Voir un commentaire (Médiapart).

Voir d’autres oeuvres dans l’art de la carte postale (site de Gilbert et George)

Voir un commentaire (extraits de Conversation intime avec François Jonquet).

Vers 1974, Gilbert & George ont commencé à créer des grilles rectangulaires et ordonner de leurs images, format qu’ils ont suivi et développé jusqu’à aujourd’hui.


Gilbert et George – Bad thoughts n°9 (1976) 124 x 104 cm
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Bad thoughts (mauvaises pensées) le rouge apparaît

Voir d’autres Bad thoughts (site de Gilbert et George).

Grille avec opposition gris et rouge.


Gilbert et George – Bloody life n°1 (1975) 251 x 311 cm
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Bloody life (vie sanglante).

Voir d’autres Bloody life (site de Gilbert et George)


Gilbert et George – The tree (1978) 242 x 202 cm
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Un de leur thème est de rendre compte de la réalité urbaine de Londres. Parcs et jardins.

Voir d’autres oeuvres de cette période (site de Gilbert et George)

Le rouge est le symbole de la passion et du danger (série red morning).

Voir également :
Mental red morning (trouble du matin rouge) 1977 MoMA.
Album de sculptures rouges (MoMA), avec les visages et les mains colorés en rouge.
D’autres oeuvres de cette période (site de Gilbert et George)

En 1975, ils sont suffisamment connus pour que des artistes fassent leur portrait :
Andy Warhol fait leur portrait ainsi que Gerhard Richter (mélange des deux portraits afin de suggérer leur identité mutuellement bénéfique et indissociable) en 1975.


Emission l’œil du cyclone consacrée à Gilbert et George

En 1977 ils réalisent une série dirty words (gros mots). Ils en ont eu l’idée en photographiant dans la rue des graffitis vulgaires qui apparaissent dans chaque oeuvre de cette période.


Gilbert et George – Angay (1977)
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Angy (fâché)

Voir également :
Queer photo d’un graffiti associé à leur silhouette.
D’autres oeuvres de cette période (site de Gilbert et George)

Voir Thirsth (La soif) 1982 Tate
Décalage entre leur expression et leurs propos.
A partir de 1984, ils ajoutent dans leurs images des portraits, pris au début à l’insu des gens dans la rue, puis progressivement, ils leur demandent poser pour eux.


Gilbert et George – Death after life (1984) 484 x 1111 cm
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Voir d’autres oeuvres de cette période (site de Gilbert et George).
La diversité ethnique des personnages commence à apparaître dans cette série.
Lorsque les critiques leurs demandent pourquoi ils sont présents dans leurs oeuvres , ils répondent : « Parce ce que nous sommes les témoins« .


Gilbert et George – The alcoholic (1978) 241 x 201 cm
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The alcoholic (l’alcoolique). A partir de cette image, ils demandent aux gens la permission de les photographier, ils vont également accepter de payer ceux qui leur servirons de modèle. On voit ici un homme ivre photographié à côté de leur maison.

A partir de 1980 ils évoquent l’Eglise.


Gilbert et George – Crusade (1980) 242,40 x 202,00 x 2,50 cm
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Crusade (Croisade) image ambiguë du symbole de la croix, entre blasphème critique et fascination. Ici, il existe un lien entre le titre, qui fait référence à des expéditions militaires en Terre sainte entreprises par des chrétiens au Moyen Âge, et le fait que les artistes tiennent le dos des chaises comme s’il s’agissait de croix.
En tant qu’artistes, ils connaissent ce que l’art occidental doit à l’Eglise. Ils disent : « Nous avons toujours revendiqué une position absolument schizophrène vis à vis de la religion. Nous aimons l’idée d’un homme souffrant qui porte le poids du monde sur ses épaules et nous aimons le symbole de la croix. Mais nous sommes également très anti-religion. Souvent nous proclamons qu’il faudrait interdire les religions et décriminaliser les textes« .