Cours du 5 février 2018


Peter Doig – Criket
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Réalisé à partir de photos de matchs de criquet

Beaucoup de succès dans les produits dérivés (cravates, agendas etc.)


Peter Doig – Pelican, (2004)
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Pélican 2003 et 2004. Scène qu’il a observé depuis son bateau à Trinidad. Un homme tue un pélican (pour le manger). L’homme emmène le pélican mort. Cette scène a marqué l’artiste par rapport à la pauvreté des habitants qui sont conduits à manger des pélicans et il a cherché à restituer ce souvenir. Comme il a besoin d’un document, pour restituer l’attitude de l’homme qui s’enfuyait avec le pélican il s’est inspiré d’une carte postale montant un indien tirant un filet sur la plage.

Il a réalisé une autre version


Peter Doig – Pelican, (2004)
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L’homme ne porte plus le pélican il est dans une nature luxuriante, traitée de façon plus moderne. Doig s’est inspiré d’une peinture de Matisse Coup de soleil dans les bois de Trivaux.


Podcast de France culture

En 2004 il a repris l’idée de la Haus der bilder dans Metropolitan (house of pictures)


Peter Doig : Metropolitain raconté par Stéphane Aquin


Peter Doig – Cold Blooded, (2003), huile sur toile 58 x 43 cm
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Cold Blooded, (2003), Sans froid, personnage emprunté à Daumier mur d’images qui rappelle la peinture pélican. En haut on voit à la fois le paysage et le tableau.
« Je ne regarde pas la nature avec les yeux de Van Gogh ou de Gauguin mais je regarde le réel par le prisme de la peinture« .


Peter Doig – Lapeyrouse Wall, (2004)
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Laperouse wall (2004) réalisé deux ans après son retour à Trinidad. Les effets de ce mouvement sont visibles à la fois dans sa palette, qui capte la chaude lumière caribéenne, et dans son sujet: le mur en ruine appartient au cimetière de Lapeyrouse, un cimetière du XVIIIe siècle à Port of Spain. Nommé en l’honneur de l’homme qui a fondé le premier domaine sucrier de l’île. Le cimetière est un rappel de l’histoire coloniale de Trinidad et de la mise en œuvre et de la dépendance de l’Empire britannique à l’égard de l’esclavage. Un homme se tient devant ce mur, la figure, vaguement délimitée, apparaît à la fois comme une partie du mur et peut-être comme un rappel de la proximité de l’héritage du colonialisme. Il s’est inspiré d’une photo d’un homme qu’il avait prise à partir de sa voiture.

Il a réalisé une série sur ce thème.

Un sculpteur lui avait offert une petite sculpture faite de fil de fer et de papier mâché, renvoyant au carnaval de Trinidad où les hommes se déguisent en chauve souris. Il avait remarqué que dans son atelier cette petite sculpture projetait son ombre et il a fait une série de toiles à partir de cette ombre projetée.


Peter Doig – Man Dressed as Bat (2007) Huile sur toile,
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Man Dressed as Bat 2007 homme habillé en chauve souris. Il existe plusieurs versions.

Il a réalisé également un certain nombre de portraits d’autochtones. Voir portrait I do not sing because I am happy. I sing the song because it is about happiness et aussi Jamaica kincaid Annie John (titre d’une une nouvelle écrite par Annie John).

Portraits dans un style de plus en plus primitiviste.

Voir d’autres œuvres (Site du Guardian)


Peter Doig – Ping pong (2008) Huile sur toile,
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Ping pong (2008) Il ne s’est pas enfermé dans un style.

Voir Peter Doig le maître de la couleur.

Exposition au musée d’art moderne de la ville de Paris en 2008.

2014 Exposition Nulle terre étrangère au musée des beaux arts de Montréal.


Peter Doig – Painting for wall painter (2010 – 2012) Huile sur toile, 240 x 360 cm
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Painting for wall painter Peinture pour peintre mural. Il a reproduit les drapeaux de tous les pays colonisés qui sont devenus indépendants


Peter Doig – Horse and Rider (2014) Huile sur toile,
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Horse and Rider (2014) Basée sur la peinture Goya du duc de Wellington. Il a remplacé le visage par son autoportrait.

Voir un commentaire sur l’oeuvre de Peter Doig.

Voir Peter Doig « Plus rien ne s’oppose à la nuit » (Emmanuel Daydé, fondation Beyeler Bâle)


Peter Doig – Rain at Port of Spain (2015) Huile sur toile, 301 x 352 cm
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Rain at Port of Spain (2015) Pluie à Port of Spain. Le lion est le symbole de la fierté collective des habitants de Trinidad. « Le lion dans ce cas, qui est un motif qui est assez commun à Trinidad c’est le Lion de Juda. Le lion de Juda est bien sûr issu du mouvement Rastafari, mais c’est aussi devenu une sorte de stand-in, pour une sorte de figure spirituelle semblable au Christ.
Pluie dans le Port d’Espagne est une peinture assez triste parce que dans la ville de Port of Spain où je vis, tout un pâté de maisons dans le centre de la ville est occupé par la prison. C’est une garnison construite par les Britanniques il y a 150/200 ans, elle est toujours occupée et très surpeuplée qu’on ne voit jamais à l’intérieur, elle est fermée à clé. De l’expérience de personnes que je connais qui ont été là-bas, c’est absolument horrible, mais les bruits de la ville, y compris le carnaval y arrivent.
 »

A Trinidad on trouve une population très diversifiée, (de nombreux travailleurs provenant d’Asie, d’Afrique et d’Europe ont été amenés sur l’île). C’est une population polyglotte très mélangée, en constante croissance, et très matérialiste, (ce qui explique les problèmes de délinquance).


Peter Doig – Two trees (2017) 240 x 355 cm
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Two trees (2017) deux arbres. Il a été le témoin d’une rixe entre deux hommes, on les voit ici alors qu’ils vont s’affronter, avec un troisième personnage qui les filme. Le titre Deux arbres est plus neutre.

A Trinidad il a créé un ciné club ainsi que des affiches pour les films qu’il présente, et il invite la population locale à y venir. C’est sa façon de participer à la vie culturelle locale.


Peter Doig : Les affiches du Studio Film Club racontées par Stéphane Aquin


Peter Doig – Walking Figure by Pool (2011)
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Série sur un homme et une piscine.

Voir les derniers portraits Paragon (2006), cavalier (2017) le style est de plus en plus naïf.


Peter Doig – Red Man (Sings Calypso) (2017)
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Red Man (Sings Calypso) (2017). Un homme rouge chante du calypso. Il chante et il est indifférent à la scène qui se passe derrière lui. C’est un homme en bleu aux prises avec un serpent (comme le mythe du Laocoon). L’homme qui chante, c’est Robert Mitchum, qui était venu à Trinidad, pour s’inspirer des chants calypso, mais qui ne s’est pas tout intéressé à la population de l’île.
Il fait référence à la mythologie (Laocoon) car il veut rendre hommage à son ami, le poète Derek Walcott, qui venait de mourir et qui avait transposé l’odyssée d’Ulysse dans les Caraïbes. .
Ils avaient réalisé un livre commun, Paramin avec des poèmes de Derek Walcott, illustrés par Peter Doig.

Conclusion
Lorsqu’il n’est pas dans son atelier, Peter Doig fait du ski (dans les Alpes et dans les Rocheuses), joue au hockey sur glace (à New York et à Londres) fait du canoë et nage (à Trinidad). Pendant treize ans, il a enseigné à l’académie d’art de Düsseldorf, il a beaucoup voyagé.
Ce qui est frappant dans sa peinture, c’est qu’il n’est pas vraiment un peindre contemporain. Par son authenticité sa sincérité, son oeuvre continue à s’inventer sans se répéter. Alors que tant d’artistes ne veulent pas changer un style qui se vend bien, lui n’est pas dans cette démarche.
Dans sa peinture s’entrelacent l’histoire de la peinture et sa propre histoire, il en fait des espaces symboliques à la fois étranges et familiers. Dans beaucoup d’entre eux, ce qui frappe c’est la beauté, la beauté formelle, la beauté plastique qui fusionnent avec un semblant de construction narrative. Il peint beaucoup d’atmosphères et sa nature est dans la voie classique et contemporaine d’une certaine façon. Si elle est contemporaine, c’est parce qu’il emprunte ses références au cinéma, et aux photographies.

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