Cours du 19 février 2018

Jean Michel Alberola

Sommaire : Jean Michel Alberola

Jean Michel Alberola est né en 1953 à Saïda en Algérie.

C’est une figure inclassable et incontournable de l’art contemporain. Il enseigne aux beaux arts de Paris. Il est très discret, secret, et évite la presse. Il ne veut pas parler de son travail de peintre.
Né en Algérie, d’une famille de rapatriés, il a fait ses études à la faculté d’Aix-Marseille, il dispose d’un atelier à Grignan.
Il se dit peintre avant tout mais s’exprime aussi par le collage, les murs peints, les livres d’artiste. Il veut réconcilier la peinture et l’art conceptuel. Ce sont à priori deux choses irréconciliables. Les artistes conceptuel se sont éloignés de la peinture au profit les mots, du langage. Il tente de réconcilier ces deux approches. Il ne donne pas de clés de lecture de ses œuvres, il laisse le spectateur libre de son interprétation.

Dès 19882 son travail est remarqué par Daniel Templon, qui deviendra son galeriste.


Jean Michel Alberola- Aïcha (1979) Pastel 109 x 74 cm
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Aïcha (1979)


Jean Michel Alberola- Le voile d’Aziyadé (1981) 109 x 74 cm
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Le voile d’Aziyadé (1981) donne l’impression d’un paravent, la découpe donne l’impression de relief. Aziyadé est le nom d’une héroïne du premier roman de Pierre Loti (en 1879). C’est une jeune fille de harem qui va vivre une histoire d’amour. Un grand sens esthétique et beaucoup d’aisance.


Jean Michel Alberola- Canacé (la légende d’Actéon) (1981) Pastel 135 x 101 cm
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Canacé la légende d’Actéon (1981). Actéon a été élevé par un centaure et il était devenu un habile chasseur, jusqu’au jour où il surpris Diane au bain. Pour le punir Diane l’a transformé en cerf. Actéon meurt déchiré par ses propres chiens qui ne le reconnaissent pas et sont rendus fous de rage par la déesse.


Jean Michel Alberola – Melampous II (1981) Pastel 135 x 101 cm
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Melampous II 1982 animal à corne, fragment de personnage féminin. Melampous était un devin qui comprenait le langage des oiseaux.

Dans la série « Actéon », il introduit d’autres personnages mythologiques, il multiplie les références.


Jean Michel Alberola- Tigris (1982) pastel 135 x 122 cm
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Tigris pastel. On voit une ébauche d’un personnage féminin qui tente de masquer son visage avec son bras. Probablement la vengeance de Diane qui met des cornes sur la tête d’Actéon. On voit également une silhouette noire dans l’obscurité.
Toujours bien composé, bien construit, avec une vision fragmentaire qui permet au spectateur de reconstruire une histoire à partir des fragments.


Jean Michel Alberola- Diane et Actéon (1982) Pastel 126.5 x 152.5 cm
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Diane et Actéon nom gravé sur le sol en blanc. Silhouette traitée comme une sculpture. Idée du linge qui permet de voiler la nudité.


Jean Michel Alberola – Mythe de Suzanne (1986) Pastel 126.5 x 152.5 cm
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Mythe de Suzanne (1986). On retrouve Actéon et Diane qui le poursuit avec des cornes.


Jean Michel Alberola – De Rubens à Chardin le nom d’Actéon (1983) Aquarelle, fusain, sanguine, pastel blanc, polaroid sur papiers 34 x 77 cm Centre Pompidou
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De Rubens à Chardin le nom d’Actéon (1983), idée de la forêt et du personnage.

Il s’identifie au personnage d’Actéon, il signe « Actéon dixit » ou « Actéon fecit » (Actéon l’a dit ou Actéon l’a fait).


Jean Michel Alberola – Actéon (1983) Pastel 83 x 67 cm
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Grand pastel personnage qui fuit.

Il reprend le Mythe de Suzanne et les vieillards du Tintoret. C’est un épisode biblique relatant l’histoire d’une jeune femme, Suzanne qui, observée alors qu’elle prend son bain, refuse les propositions malhonnêtes de deux vieillards. Pour se venger ceux-ci l’accusent alors d’adultère et la font condamner à mort. Mais le prophète Daniel, intervient et prouve son innocence. Il fait condamner les vieillards. il s’agit de la question du regard.

Variations autour de Suzanne, étude et ébauches.


Jean Michel Alberola- Suzanne et les vieillards la peinture à l’envers (1984) 200 x 230 cm
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Suzanne et les vieillards la peinture à l’envers. Haie de buisson que l’on retrouve chez Le Tintoret.


Jean Michel Alberola- Suzanne et les vieillards et les idées reçues, (1983) huile sur toile 200 x 200 cm
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Suzanne et les vieillards et les idées reçues. On reconnaît l’emprunt au Tintoret.


Jean Michel Alberola – Suzanne et les vieillards l’attente de Suzanne (1983) 195 x 250 cm
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Suzanne et les vieillards l’attente de Suzanne. Jeu de fausses découpes.


Jean Michel Alberola – La sentinelle de Suzanne (1982) huile sur toile, 324 x 120 cm.
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La sentinelle de Suzanne aplat continu de noir. Silhouettes d’hommes dans la partie droite.

Centre Pompidou Derrière Suzanne. Images fractionnées, tableau très structuré. On reconnaît le mouvement des cuisses de la Suzanne du Tintoret.

Les critiques parlent de peinture cultivée.

Le mythe de Suzanne, interview de Jean Michel Alberola.


Jean Michel Alberola – Suzanne et les vieillards l’échange (1986) 194 x 162 cm
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Suzanne et les vieillards l’échange (1986) jeu de damiers, accumulation de personnages entre pièces de jeu d’échec et sculptures africaines.


Jean Michel Alberola – Suzanne et les vieillards la régence ou la peinture intermédiaire (1984) 230,5 X 250,5 X 4 cm Le carré d’art Nimes
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Suzanne et les vieillards la régence ou la peinture intermédiaire (1984). On distingue une zone très abstraite (rouge, bleu), puis une chaise et dans la partie blanche, plusieurs personnages à peine ébauchés installés dans une sorte de déjeuner sur l’herbe. Très maîtrisé techniquement.
Voir un commentaire (Le carré d’art)


Jean Michel Alberola – Bodegone (1984) Technique mixte sur papier 110 x 74 cm
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Bodegone (1984) Sorte de nature morte cubiste.

Aquarelle la vieillesse d’Actéon (centre Pompidou).


Jean Michel Alberola – Suzanne et les vieillards : la traversée de la Méditerranée (dédicace à Cervantès), (1984) huile sur toile 200 x 200 cm
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Suzanne et les vieillards : la traversée de la Méditerranée (dédicace à Cervantès), (1984). Alberola qui a commencé sa carrière d’artiste dans la jubilation de la belle peinture, avec des références artistiques cultivées, avec un fil conducteur qui est la question du regard, construit ensuite des espaces imaginaires en travaillant par association d’idées. Ses associations d’idées découlent de ses lectures ou de films. Comment a-t-il glissé de Suzanne, à la Méditerranée puis à Cervantès ? Il nous le raconte sur sa toile et dans le titre.


Jean Michel Alberola – La parole de saint Agathon (1984-85) Du Pont museum (Tilburg, Hollande)
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