Cours du 27 novembre 2017


Maurizio Cattelan – Sans titre, (2004) Milan
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Le 5 mai 2004, on inaugura sur une place de Milan une installation de Maurizio Cattelan qui exposait, grâce à la fondation Trussardi, trois mannequins représentant de jeunes garçons pendus à un arbre.
Dès le lendemain, un passant, scandalisé par ce qu’il perçoit comme une mise en scène morbide touchant à des enfants, monte à l’arbre pour les décrocher, mais fait une chute qui occasionne de sérieuses blessures, il fait un procès à Cattelan qui à son tour lui en fait un autre pour destruction d’oeuvre d’art.
Quand à la signification de cette oeuvre, il déclare ceci : « C’était une représentation littérale de l’histoire de Pinocchio. Il y a une partie du livre dans laquelle Pinocchio est pendu par le cou à un arbre, donc je me suis contenté d’utiliser cette histoire et de la traduire, en utilisant trois enfants au lieu d’un, et qui n’étaient pas des pantins en bois… Je voulais faire quelque chose dans un espace public, et j’ai choisi un endroit particulier de Milan, où un très vieil arbre trône au beau milieu de la circulation. »

Lorsqu’un journaliste lui demande de lui décrire son style de création, il répond « flemmard ».


Maurizio Cattelan – All (2010) 7 sculptures en marbre de Carrare
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

All est un groupe de sculptures représentant neuf corps allongés sur le sol et recouverts d’un drap. Comment les regarder ? Qui sont-ils ? Le titre all prend alors tout son sens. Dans la statuaire classique ces corps devraient être ceux de rois ou de saints. Le spectateur n’est plus dans une basilique mais à la morgue et le décalage entre la noblesse du traitement sculptural et la brutalité tragique du sujet donne à l’ensemble une force saisissante


Maurizio Cattelan – Les bons contre les méchants (2003) 32 figurines en porcelaines peintes à la main, bois, plateau d’échec et étuis de transport
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Jeu d’échec les bons et les méchants avec des personnages de l’histoire et des méchants imaginaires issus des dessins animés, du cinéma.
Voir le détail des figurines.

5 – Etre présent partout en clandestin


Maurizio Cattelan – Sans Titre (Autruche) 1997 Autruche mâle naturalisée; 130 x 160 x 70 cm
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

En 1997 à Londres il présente sans titre (autruche). Il était très complexé il réalise un autoportrait en autruche.

– Avec sperme en 1997, il réalise des mini masques en latex de son visage qu’il fixe sur le mur.

Mini-me (1999) Visage étonné et anxieux.


Maurizio Cattelan – Charlie (2003) Tricycle, acier, vernis, gomme, résine, silicone, cheveux naturels, tissus, pile, télécommande
80 x 85 x 56 cm

(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Charlie (2003) sur un tri cycle à pile télécommandé qui peut rouler en direction des spectateurs pour les perturber.
Voir un commentaire.


Maurizio Cattelan – Autoportrait (2016) La monnaie de Paris
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Il a percé un trou dans le plancher de la galerie d’où émerge sa silhouette. Il prend le pouvoir sur le galeriste.

En 2000 il réalise des effigies à son image suspendues en position pitoyable la revoluzione siamo noi titre de Beuys : Nous sommes la révolution.


Maurizio Cattelan – Sans titre (2003) Corps en résine, cheveux synthétiques, vêtements, éléments électroniques, tambour en acier. 80 x 85 x 56 cm
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Enfant qui joue du tambour (2003) pour attirer l’attention.


Maurizio Cattelan – We (2010) Bois, fibre de verre, gomme polyuréthane, tissus 148 x 79 x 68 cm
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Il expose cette oeuvre pour la première fois en 2010 dans un ancien abattoir à Hydra en Grèce. Double autoportrait funèbre. Les deux personnages, sous dimensionnés regardent ce qui se passe autour d’eux. Hyper réalisme. « Les hommes sont les seuls êtres vivants qui savent qu’ils vont mourir« . Voir un commentaire.

En 2011 il annonce qu’il est mort pour l’art et prend sa retraite, mais qu’il garde un œil ouvert sur le monde.

6 – Prendre sa retraite ?

Au cours de l’hiver 2011/2012, le Solomon R. Guggenheim Museum de New York lui a rendu hommage à travers une rétrospective où l’on a pu voir la quasi intégralité de ses œuvres. Cattelan a profité de cette exposition pour annoncer son retrait de la scène artistique.


Maurizio Cattelan – Exposition musée Guggenhiem (2012) New York
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Il n’expose pas dans la galerie circulaire, mais seulement dans le hall d’entrée il « accroche ses œuvres comme des salamis« .

Voir : L’adieu flamboyant du roi de la provoc’ (Libre Belgique)

Cattelan a accepté en 2003 de réaliser Stephanie, buste nu de la top model Stephanie Seymour, commande de son mari d’alors, le patron de presse Peter Brant. Présentation dramatique et loufoque, à la manière d’une figure de proue des bateaux.

Il se consacre à son magazine Toilet paper (grenier et magasin surréaliste).

7 – Retour à Paris en 2016

Il est à la monnaie de Paris en 2016 pour son exposition : Not afraid of love.


Visite guidée de l’expo Cattelan à Paris en 2016

Les œuvres anciennes n’avaient rien perdu de leur impact, mais avec cependant, un sentiment de mélancolie générale face au pouvoir, au terrorisme, à la religion.


Interview surprenante de Maurizio Cattelan

Exposition à la monnaie de Paris en 2016. Voir un commentaire sur l’exposition.

Voir une interview de Maurizio Cattelan (Le Figaro)

Voir une interview de Marizio Cattelan.

En 2016 au musée il présente America Guggenheim toilettes en or massif, ouvert à de multiples interrogations: entre Fontaine de Duchamp et la « merde d’artiste » de Manzoni, mais si l’on considère son titre (America), on sent bien que sa cible, c’est l’Amérique de Donald Trump.

Emmanuel Perrotin, son galeriste parisien, confirme il est toujours hanté par la peur de l’échec, il dit de lui :
« Il est dans la retenue, toujours angoissé à l’idée de produire une nouvelle oeuvre. Plus il avançait, plus ça devenait douloureux. Il avait peur que sa nouvelle pièce ne soit pas au niveau des autres. Alors qu’à chaque fois elles ont été plébiscitées et que, depuis dix ans, il est reconnu par les plus grands conservateurs. S’il annonce un moment d’arrêt, c’est parce qu’il préfère provoquer plutôt que subir. Pour lui, c’est un soulagement. Ce n’est pas un truc de com. Il a apporté un souci de la mise en cène, de la maîtrise totale de la présentation de l’oeuvre d’art. Non seulement il collectionne, mais il encourage aussi – et pas de façon publique – les artistes. Il est unique dans le milieu de l’art. »
Maurizio Cattelan, en raison de son humour noir, a souvent été considéré comme  » bouffon » de l’art: ce qualificatif lui convient si l’on considère le sens profond du terme. Le bouffon, comme le fou du roi, était celui qui, en faisant rire, faisait passer la critique aux puissants. Et Cattelan, le timide, l’autodidacte, nous secoue en pointant des plaies encore ouvertes (de la guerre, de l’enfance) et des carcans (famille, religion). Un artiste moins léger qu’il n’y paraissait à première vue.

Pages: 1 2 3

Comments are closed.