Cours du 6 février 2017

Urs Fischer

Sommaire : Visite de l’exposition « Mon cher » à l’espace Van Gogh à Arles – La question du temps dans l’art

Urs Fischer est né en 1973 à Zurich, il vit et travaille aujourd’hui à New York.

Présentation de l’artiste à partir de l’exposition « Mon cher » à l’espace Van Gogh à Arles qui s’est terminée le 29 janvier 2017.

Dès l’âge de 20 ans il va à Amsterdam et Rotterdam où il poursuit des études de photographie. Après un passage en Angleterre, il vit et travaille à New York depuis 2004. Il pratique la photographie, le collage, la sculpture, l’art de l’installation, chaque fois avec une approche suffisamment suggestive pour qu’on le classe dans les néo-dadaïstes. c’est un artiste proche du mouvement Fluxus et de l’art conceptuel.

C’est un personnage réservé il fait partie de l’église de la scientologie. C’est une star de l’art contemporain. Il plaît car il est très inventif, son art intrigue et dérange il a beaucoup d’humour.

« Vincent Van Gogh n’incarnait ni la richesse, ni le pouvoir, ni le monde académique. Il est connu pour avoir peint des choses ordinaires. C’est cela, mon lien avec Van Gogh, ce recours aux objets courants. Ses œuvres font appel au bon sens. Même ceux qui ne connaissent pas grand-chose à la peinture peuvent ressentir une proximité avec son travail. Ses toiles signifient quelque chose. J’ai lu certaines de ses lettres à son frère Théo. L’exposition s’intitule Mon cher…, parce que c’est ainsi que débutent toutes ses lettres. J’ai retrouvé la police de caractères utilisée dans les films de Woody Allen, et j’ai inscrit ce titre en blanc sur fond noir, pour l’exposition« . (Urs Fischer)

– Cour de la fondation Van Gogh

Last Supper, (2014) accueille les visiteurs dans la cour d’entrée de la Fondation. Impression d’argile rapidement modelé. Écarts nombreux, traitement naïf et ludique, variété de ce qui est disposé sur la table.


Urs Fischer – «dernier repas» (2014) bronze coulé (152,4 x 762 cm)
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L’oeuvre qui est en fait moulée dans le bronze, a été réalisée à partir d’un atelier participatif à Los Angeles avec 1 500 bénévoles qui façonnaient des personnages avec de la terre glaise. Ces personnages ont ensuite été coulés en bronze et recomposés pour la cène.
Le Christ, coiffé de la couronne de la statue de la Liberté, ne partage pas le pain et le vin, mais des bières, des frites et des cigarettes avec ses apôtres. Certains personnages sont réalisés de manière sommaire.
Voir le détail de d’autres personnages.


L’atelier participatif au MOCA de Los Angeles en 2013

Il aime revisiter la tradition, en ajoutant une dimension ludique et esthétique ainsi que du chaos.

En 2016 il anime un nouvel atelier participatif à Moscou.

– Grand hall

Installation très poétique où l’on circule à travers des gouttes d’eau géantes avec au sol huit personnages allongés, des odalisques, étendues sur des sofas.


Urs Fischer – Vue de l’installation Melodrama (2016)
(au cours de la visite organisée par madame Ghenassia)

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Les gouttes de pluie colorées et surdimensionnées sont suspendues. L’averse se propage dans toutes les directions.

Entre sculpture et peinture. Les gouttes accrochés au plafond sont une oeuvre en elle-même, elle se compose au départ de 1 050 gouttes bleues (melodrame), (F. Pinault a demandé d’en ajouter 1 700 nouvelles), c’est doux et agréable au regard.

« Les coups de pinceaux de Van Gogh lui viennent de la gravure à l’eau forte. Ses lignes sont puissantes, et il imprime à chacune un léger soubresaut. La surface de ses peintures vous permet de ressentir la peinture elle-même. Il y a d’ailleurs une autre analogie possible avec Melodrama, qui pourrait être la représentation en 3D d’un tableau pointilliste. » (Urs Fischer)


Urs Fischer – Installation Mélodrama (2016) Arles
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Au milieu de ces 3 000 gouttes qui se répandent dans tout l’espace, on découvre six sculptures dispersées dans la salle : des nus féminins, allongés…
Les femmes n’ont pas de tête, les éboulis sont en fait moulés en bronze, il garde la sensation de fragilité. Impression de sculptures en cours de réalisation ou de destruction.
Voir également une autre sculpture, puis une autre.
Chaque sculpture à une dominante colorée certaines parties sont traitées à la feuille d’or. Sensation d’éboulis.


Urs Fischer – Installation Mélodrama (2016) Arles
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Celle-ci semble raconter une histoire, un conte… Voir un détail, réalisé à la feuille d’or.

L’artiste était venu dans le musée en ajoutant de la peinture sur les sculptures avant le vernissage.

Impression générale ambiguë sujet traditionnel nu dans la peinture. On peut imaginer la scène comme un gigantesque atelier d’art ou les étudiants travaillent sur un même sujet. La pluie colorée a interrompu le travail.

Il est très perfectionniste

Voir un commentaire de Bice Curiger, directrice artistique de la Fondation et commissaire de l’exposition.

– Petite pièce suivante

Dans la salle suivante qui est une petite pièce le charme est rompu il dispose d’une carotte à la place de la femme.


Urs Fischer – 8 (2014) bronze moulé, peinture à l’huile, feuille d’or, bol d’Arménie, apprêt acrylique, enduit à base de craie et colle de peau de lapin (78,7 × 215,9 × 199,4 cm)
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On pénètre dans une autre dimension qui le rapproche de Magritte. Il casse l’ambiance de la grande salle.

« Le bâtiment de la Fondation Vincent Van Gogh est très morcelé, et j’ai voulu jouer avec cet aspect-là. Dans ce que je montre ici, chaque espace possède ainsi son caractère propre, et ils sont tous très différents les uns des autres. C’est un peu comme avoir plusieurs poches avec des choses différentes à l’intérieur. D’une certaine façon, toutes les œuvres réunies dans une même salle discutent entre elles. » (Urs Fischer)


Urs Fischer – Piéta (2014) bronze coulé, (147,3 x 127 x 156,2 cm)
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Sculpture en terre, puis coulée dans le bronze. Piéta le Christ est à peine modelé.

Pied géant.


Urs Fischer – Colonne (2014)
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La colonne garde les traces du façonnage la main.

Sirène (2014).

On est dans les ruines d’une tradition historique.

Fauteuil Louis XIV (2014).

En 2013, il a été invité en Grèce à Hydra où il a organisé un atelier participatif.

– Salle suivante

La salle suivante est occupée par une fontaine.


Urs Fischer – Invisible Mother (2015), laiton moulé, émail, peinture émail en bombe, poussière, poussière de bronze, poussière de cuivre, époxy, laque en bombe, tuyau en acier inoxydable, bassin en acier inoxydable, tube en cuivre, pompe électrique et tuyau en caoutchouc (132,1 × 160 × 170,2 cm)
(au cours de la visite organisée par madame Ghenassia)

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Squelette sur une chaise se reflétant dans l’eau. Coulé en bronze avec des couleurs différentes. Le tuyau de la circulation de l’eau est également en bronze.
Ce qui nous surprend c’est la position du squelette. La fontaine est source de vie. La position peut faire penser à un état d’ivresse. Tradition d’une vanité squelette et miroir, est un thème assez baroque. Le repos éternel ou fin de soirée bien arrosée (?) les deux interprétations sont possible. Voir un détail.


Urs Fischer – Who’s afraid of Jasper Johns (2013), bronze 27,94 X 21,59 cm
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En 2013 à la Biennale de Venise il avait déjà présenté un ensemble en bronze avec un squelette accoudé qui se regarde dans un miroir. Le squelette libérait de la buée sur le miroir. Entre la vie et la mort.

Squelette qui s’étire sur un banc. Selon la mise en scène de l’exposition le sens est différent.

Le miroir revient souvent dans son travail.

En 2007 il réalise la mort du moment, 2 murs recouverts de miroirs qui bougent lentement pour créer un effet sur-réel très baroque.


Urs Fischer – Sans titre (2015)
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Chaise avec deux mains posées ambiance de Magritte.

Voir l’atelier de Urs Fischer.

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