Cours du 7 novembre

La même année à Paris, en décembre, pendant le déroulement de la COP 21 à l’assemblée nationale, une vidéo projetée sur la façade révélait la foule des gens désireux d’interpeller les politiciens de manière solidaire, alors même que les manifestations étaient interdites à la suite des attentats du 13 novembre.

J.R. diversifie ses modes d’expression.


Extrait du ballet Les Bosquets

Il a présenté en 2014 à New York un ballet « Le bosquet » dont la chorégraphie s’inspirait des émeutes des banlieues françaises de 2005. Le ballet était donné par le New York City Ballet. (Retour à son premier projet avec la communauté de Montfermeil « Portrait d’une génération »).

En 2015, il a invité les danseurs du New York City Ballet sur le bitume de Clichy Montfermeil et il a tourné un film vidéo 10 ans après les émeutes, moyen métrage qui a été présenté au festival de films indépendants de Tribeca. Sur une musique de Pharrell Williams, Hans Zimmer, et Woodkid, il montre comment le désir d’exister dans ces quartiers peut combattre la précarité et créer de la beauté.

Pendant l’hiver 2015-2016, il réalise un film « Le fantôme d’Ellis Island » sur un scénario écrit par Eric Rota (celui de Forrest Gump) en hommage aux 12 millions d’immigrants qui sont passés dans ces lieux. L’acteur principal était Robert De Niro.

En 2016, il a recouvert la pyramide du Louvre de photos de la cours de Napoléon, de façon à la « faire disparaître ». L’idée lui est venue en observant les innombrables touristes, qui au lieu de regarder l’architecture, se font des selfies sur fond de pyramide. « Les gens sont plus dans la photo de l’instant que dans l’instant. »


J.R. – Pyramide du Louvre (2016)
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Le collage est destiné à les rendre acteur : il faut trouver la meilleure position pour que l’anamorphose fonctionne, on joue à la déconstruire en adoptant un autre angle.
Voir un commentaire de J.R. (site du Louvre).


J.R. – J.O. de Rio (2016)
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Été 2016, les géants des J.O. de Rio. D’immenses photos de sportifs, (non sélectionnés) qui pour une fois sont détachés du mur, installés sur des échafaudages pour paraître se détacher su fond de ciel.

En savoir plus (sur le site de JR)

Son activité récente, c’est un projet avec Agnès Varda, co-produit par ARTE, en tournage depuis la fin mars 2016. Il a 33 ans, elle a 88 ans. Ensemble, ils prennent la route dans le camion photographique de J.R. à travers les villages et la campagne de France. Au fil des rencontres, ils vont combiner leurs deux regards et leur façon d’aller vers les autres. ce sera un film collage tourné résolument vers les gens, vers l’humain.
Ils irons dans la Luberon parce que sa fille Rosalie a un plan à Bonnieux, en fait une maison de famille devenue la maison de l’Aiguebrun où ils invitent des artistes.

Collage de J.R. dans les rues de New York, couverture du New Yok Times Magazine du 26 avril 2015

« L’image n’est plus objet« . L’artiste est un créateur de projets qui posent des questions, qui proposent des idées. C’est un passeur. « L’art est un outil pour questionner le monde, remettre en cause des points de vue visuels et intellectuels. »
Le travail de J.R. qui a été très souvent primé et récompensé, suscite de nombreux enthousiasmes. Dans le Monde, on le désigne comme « révélateur d’humanité », Fabrice Bousteau le présente comme « celui que l’on nomme déjà comme le Cartier Bresson du XXIème siècle ». En Californie, il est vu comme « l’artiste de rue le plus ambitieux ».
Il a également des critiques négatives, on le traite de démagogue, d’ambitieux, « transformant la pratique rebelle du graffiti et de l’affichage en un art légal pompier officiel », candide, utopiste…
On constate de nombreux points communs avec Ernest Pignon Ernest (notamment l’autofinancement, et la générosité des actions) et avec Banksy qui lui aussi se voit critiqué dès lors que son succès le dépasse.

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