Cours du 3 octobre 2016

Ernest Pignon Ernest

Sommaire : Le plateau d’Albion (1966), Paris (1971) …

Ernest Pignon Ernest (1942) est né à Nice en 1942.
C’est un artiste engagé, le précurseur du street art. Il détourne à des fins artistiques un geste militant, son objectif est de réveiller les consciences collectives, dans des lieux choisis, par rapport à des événements politiques liés à ces lieux, à la culture de ces lieux, à leur l’histoire littéraire, artistique etc.
Il appartient à une famille modeste niçoise (son père travaillait aux abattoirs et sa mère était coiffeuse). Il est employé chez un architecte à 15 ans. Dès cette époque, il fait preuve d’une grande aisance graphique. Il a également côtoyé les artistes de l’école de Nice. Il effectue son service militaire en Algérie 1961. Une de ses premières oeuvres, il a peint le taureau de Guernica en tenue de camouflage, sur une feuille du journal d’Alger.

Il a ensuite voyagé en Toscane, à Tolède, il a été influencé par Le Gréco, Picasso, Bacon.

Le plateau d’Albion (1966)
Avec Yvette, sa femme, il s’installe dans le Vaucluse, ou il apprend l’installation de la base militaire du plateau d’Albion. Il pense alors qu’il faut agir en dehors de l’atelier pour montrer les risques de cette installation.


Ernest Pignon Ernest Plateau d’Albion (1966)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

A partir de la photographie des ombres d’un homme et de son échelle à Hiroshima, il a réalisé au pochoir cette affiche qu’il a ensuite collé, comme un signal, sur des murs, des rochers, des routes qui menaient au plateau d’Albion.

Voir le témoignage de l’artiste.

Paris (1971)
En 1971, pour le centenaire de la commune de Paris, il réalise une série de dessins qu’il colle sur les murs de la ville.


Ernest Pignon Ernest – Paris Sacré cœur (1971)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Il a imprimé 1000 sérigraphies de gisants qu’il colle sur les marches du sacré cœur. Il a étendu son collage à d’autre lieux : Métro Charonne, quai de Seine, en rappel de toutes les exécutions politiques qui ont eu lieu dans ces endroits. L’idée de piétiner ces corps ne laisse pas indifférents les passants.

Voir d’autres affiches : métro Charonne, voir également un autre gisant.

Voir le témoignage de l’artiste.

Avignon Maïakovski (1972)
Maïakovski en 1972 au festival d’Avignon. Engagé pour la révolution, Maïakovski n’a pas supporté la remise en cause des artistes, par les dirigeants soviétiques. Le ballet de Roland Petit lui semble trahir son l’esprit.


Ernest Pignon Ernest – Avignon (1971)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Voir un dessin préparatoire.

Voir le témoignage de l’artiste.

Marin Karmisz lui propose de faire des affiches de film. Il rencontre alors de nombreux réalisateurs. Il s’installe, à Paris.

Jumelage de Nice avec le Cap (1974)
Pour protester contre ce jumelage, il réalise une centaine de sérigraphies qu’il installe sur le passage des officiels. Familles de noirs derrière des grillages.


Ernest Pignon Ernest – Jumelage Nice Le Cap (1974)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

D’autres affiches : affiche n°2, affiche n°3.

Voir un dessin préparatoire.

Voir le témoignage de l’artiste.

Immigrés (1974)
Il passe trois mois à Avignon où il rencontre des associations et des travailleurs immigrés. Il est frappé par le fait qu’ils logent dans des caves au raz du sol. Images au raz du sol dans de faux soupirail photo entre 2 voitures.
Voir également fragments de corps recroquevillés.


Ernest Pignon Ernest – Immigrés (1974)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

D’autres affiches : affiche n°2.

Voir un dessin préparatoire, voir également un autre dessin.

Voir l’artiste au travail.

Voir le témoignage de l’artiste.

Calais (1975)
Il visite la ville et la trouve en dépression, avec le pointage des chômeurs. Il exprime l’accablement, la résignation, il fait le lien avec la statue de Rodin sur les bourgeois de Calais. Il représente un homme qui se tient la tête, avec son fils qui fait le même geste. Il reprend le geste de Rodin dans les bourgeois de Calais.


Ernest Pignon Ernest – Calais (1975)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

D’autres affiches : affiche n°2, affiche n°3.

Voir un dessin préparatoire.

Voir le témoignage de l’artiste.


Ernest Pignon Ernest à la grande librairie (France 5)

Sur l’avortement (1975)
Contre la manifestation des opposants à la loi sur l’avortement, il voulait une représentation forte. Il montre que l’avortement clandestin tue d’abord les femmes. Il utilise la cassure entre la trottoir et la rue pour masquer le sexe de la femme.


Ernest Pignon Ernest – Sur l’avortement (1975)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

D’autres affiches : affiche n°2.

Voir un dessin préparatoire.

Voir le témoignage de l’artiste.

Grenoble (1976)
Il est invité par Catherine Tasca qui dirigeait la maison de la culture afin d’améliorer les relations avec les grandes entreprises. Il découvre le stress, les difficultés au travail, le suicide d’un ouvrier blessé à une oreille. Il sérigraphie un homme encore jeune qui est agressé au niveau de l’oreille.


Ernest Pignon Ernest – Grenoble (1976)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

D’autres affiches : affiche n°2.

Voir un dessin préparatoire.

Voir le témoignage de l’artiste.


Ernest Pignon Ernest à Grenoble

Arthur Rimbaud (1978)
Il a été tenté plusieurs fois de faire le portrait de Rimbaud, 10 ans après mai 68, les politiques ont détourné sa parole. Il choisit le portrait de Rimbaud vagabond, jeune.
Sérigraphie sur des chutes très fragiles de rouleaux du journal Le Monde (disparition programmée de l’image et du poète). Les affiches sont placardées dans les lieux où Rimbaud avait circulé. Les affiches semblent faire partie du mur. Ces affiches ont été très relayées par la presse.


Ernest Pignon Ernest – Arthur Rimbaud (1978)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Voir un dessin préparatoire voir également un détail.

Voir le témoignage de l’artiste.

Voir Rimbaud et Ernest Pignon Ernest.

Expulsions (1978)
A Paris, entre 1975 et 1980 beaucoup de quartiers ont été rénovés, ce qui se traduit par des expulsions. Les façades éventrés mettaient au jour l’intimité des gens, pour lui, c’est une sorte de viol. Ses parents a Nice ont été eux aussi expulsés. Il effectue ses collages au milieu des gravats. Il a représenté ces affiches avec beaucoup de soin.


Ernest Pignon Ernest – Expulsions (1978)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

D’autres affiches : affiche n°2, affiche n°3, affiche n°4.

Voir un dessin préparatoire, voir un détail.

Voir le témoignage de l’artiste.

Boccacio (1980)
Il a été invité A Certaldo (région de Florence), par un critique d’art italien. Le poète Boccace/a> est l’enfant du pays, et on retrouve son nom partout dans la ville (hôtels, cinémas, places etc). Il a fait un hommage à Boccace en collant des affiches d’hommes et femmes nus escaladant les murs.


Ernest Pignon Ernest – Boccacio (1980)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

D’autres affiches : affiche n°2, affiche n°3,

Voir un dessin préparatoire.

Voir le témoignage de l’artiste.

Pasolini (1980)
Il a également rendu hommage à Pasolini, qui habitait Certaldo, lieu d’origine du Décameron. Sujet de scandale esthète voyou, Pasolini y dénonce les nouvelles barbaries. Il représente Pasolini dans le rôle du peintre (c’est son rôle dans le film). Il le représente pendu la tête en bas, il est l’inverse des corps de la ville haute.


Ernest Pignon Ernest – Pasolini (1980)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

D’autres affiches : affiche n°2

Voir un dessin préparatoire autre dessin préparatoire.

Voir le témoignage de l’artiste.

Pablo Neruda (1981)
Invité au Chili de Pinochet, il s’est rendu à l’université de Santiago où il a donné une conférence qui a été interrompue par une intervention de la police. Il réalise alors une sérigraphie de Pablo Neruda vêtu d’un poncho – figure consensuelle – considéré comme le plus grand poète chilien.


Ernest Pignon Ernest – Pablo Neruda (1981)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

D’autres affiches : affiche n°2

Voir la préparation des affiches autre atelier de reproduction.

Voir le témoignage de l’artiste.

Maison de Rubens (1982)
Il est invité au centre culturel international d’Anvers en 1982. Ce centre est à côté de la maison de Rubens. Il dessine en s’inspirant du tableau de Rubens Prométhée en chaîné. Il réalise ensuite de grandes sérigraphies accrochées sur la façade de la maison de Rubens.


Ernest Pignon Ernest – Maison de Rubens (1982)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

D’autres affiches : affiche n°2

Voir un dessin préparatoire.

Voir le témoignage de l’artiste.

Prométhée (1982)
A Martigues, au milieu de complexes sidérurgiques et pétroliers, surgit l’image de Prométhée voleur de feu. Il fait un parallèle avec le feu et le nucléaire. Il s’est inspiré d’une photo de Oppenheimer sautant.


Ernest Pignon Ernest – Prométhée (1982)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

D’autres affiches : affiche n°2, affiche n°3

Voir le témoignage de l’artiste.

Pages: 1 2 3

Comments are closed.