Cours du 4 janvier 2016

Gerhard Richter

Sommaire : Gerhard Richter

Gerhard Richter né en 1932 à Dresde
C’est le plus célèbre et le plus cher artiste vivant actuellement dans le monde (puisque l’une de ses œuvres abstraites de 1994 a été vendue 34,2 millions de dollars). Il travaille en même temps dans des registres très différents.
Il est né à Dresde, et dès l’âge de 10 ans, il doit adhérer aux jeunesses hitlérienne. Son père, enseignant est mobilisé durant la guerre, où il est fait prisonnier. A son retour il ne retrouve pas de travail.
En 1944 Gerhard Richter a 13 ans et vit dans la partie de l’Allemmagne occupée par les soviétique.
Il apprend la sténographie, la comptabilité et le russe. En 1948 il hésite encore à trouver sa voie, il va peindre des banderoles pour le gouvernement de la République Démocratique AllEmmande. Il tenta d’entrer à l’Académie d’Art de Dresde pour y étudier l’Art de la peinture. Après une première candidature refusée, les examinateurs lui ont recommandé de trouver un emploi dans une entreprise nationalisée afin d’augmenter ses chances d’être accepté, ce qu’il fit. Après huit mois au poste de peintre à l’usine de textile Dewag de Zittau, il envoyait une dernière candidature qui fut alors acceptée. Peu de temps après son inscription à l’Académie Richter rencontra Marianne Eufinger qui, en 1957, allait devenir sa première épouse. Plus connue sous le nom de Emma, elle étudiait la mode et le textile tout en vivant chez ses parents à Dresde.
Il a vu à 20 ans des photos des camps de concentration qui l’ont très marqué. « J’avais la vingtaine. Je n’oublierai jamais ce que j’ai vu. C’était comme un reportage sous forme de photos, et de registres atroces, je me rappelle m’être dEmmandé après coup pourquoi l’AllEmmagne de l’Est n’avait pas fait toute une histoire de tout ça. C’était presque comme une chose secrète. C’était comme la preuve irréfutable de quelque chose que nous avions toujours su qu’à moitié »
Il achève ses études d’art en 1956.
Le point de rupture intervenu dans cette approche a été en partie inspiré par un voyage à la Documenta II à Cassel en Allemmagne de l’Ouest, en 1959. La vue des œuvres de Jackson Pollock, Jean Fautrier et Lucio Fontana, entre autres, fait prendre conscience à Richter que « quelque chose n’allait pas avec sa façon de penser», voyant dans leurs œuvres «qu’ici s’exprimait un contenu totalement différent» ; en mars 1961, il quitte l’est juste avant la construction du mur.
Il s’inscrit à l’académie de Düsseldorf, où il rencontre Beuys, Sigmar Polke, Konrad Fischer, Konrad Lueg.
Ces artistes sont très attentifs au Pop Art. Il détruit sa production antérieure.
Il commence a utiliser un rétro-projecteur pour réaliser ses photo-peintures.


Gerhard Richter – Party, (1963) 150 cm x 182 cm Museum Frieder Burda, Baden-Baden, AllEmmagne
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Party représente un présentateur de télévision accompagné par quatre des femmes les plus glamour au cours de la soirée du Nouvel An d’une émission de variété allEmmande typique de l’époque. Peinture hyperréaliste toile lacéré et recousue avec du fil rouge. On ajoute de l’agressivité.


Gerhard Richter – Le château de Neuschwanstein (1963) 190 cm x 150 cm
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Le château de Neuschwanstein. Un peu ironique nostalgie d’une époque révolue.
Richter et Lueg ont organisé en 1964 centre de la vieille ville de Düsseldorf, au Möbelhaus Berges (boutique de meubles) une exposition et une performance : « Vivre avec le Pop: manifestation en faveur du réalisme capitaliste« . L’initiative consistait à présenter un certain nombre de leurs œuvres dans un lieu d’exposition, et à montrer des performances d’artistes. Pour cette « manifestation » dans une magasin de meubles, les deux artistes ont accroché leurs œuvres à coté de meubles eux-mêmes présentés comme des œuvres d’art sur des socles.

L’intérêt particulier de Richter pour l’actualité, la société de consommation, les médias et la culture populaire a commencé à se manifester de plus en plus dans ses tableaux.

Exposition personnelle en 1964. Il réalise des images floutées pour les faire rentrer dans le domaine de la peinture.


Gerhard Richter – Ferrari (1963) 150 cm x 182 cm Museum Frieder Burda, Baden-Baden, AllEmmagne
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La peinture représente une automobile Ferrari (ce qui semble être le modèle 400 Superamerica) comme il a été reproduit photographiquement dans un magazine automobile allemmand. L’image de Richter interroge la définition même de réalisme. La réalité de Richter Ferrari n’est pas ce qu’il peint, une voiture réelle, mais une image photographique d’un magazine. De la même manière il représente un sèche linge pliant.

Le président Johnson tentant de réconforter Madame Kennedy (1963) 12.7 cm x 8.9 cm, inspiré par une coupure de journal.


Gerhard Richter – Escadrille de Mustangs (1964) 88 cm x 150 cm
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Escadrille de mustang
Voir les photos peintures sur les avions.

Il réalise ses peintures d’après une copie de coupures de presse.

Werner Heyde psychiatre, il était l’un des principaux organisateurs de l’Allemmagne nazie du programme T-4 d’euthanasie. Il se suicida avant son procès. A partir de son album de famille il a repris une photo de lui sur les genoux de Marianne qui à été euthanasiée durant la guerre.

Un chien.


Gerhard Richter – Famille au bord de la mer (1964) 150 cm x 200 cm
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Famille au bord de la mer avec son beau père qui était un ancien nazi. Il explore la mémoire collective de l’Allemmagne.

Voir les photo peintures réalisées à partir des photos de famille.

Voir également :
Femme au parapluie
Helga Matura.
Mère et fille.
Deux couples amoureux un hymne à la liberté à l’ouest.

Scène de chasse.


Gerhard Richter – Tigre (1965) 140 cm x 150 cm Museum Morsbroich, Leverkusen, AllEmmagne
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Tigre.

Schmela était propriétaire d’une galerie allemmande. En 1978, il a été fait membre honoraire de l’Académie des Arts de Düsseldorf.
A partir de 1964 Richter a exécuté de nombreuses œuvres commandées après des photos de passeport ou des photos de famille. Les portraits d’Alfred Schmela sont les premiers travaux de ce genre.


Gerhard Richter – Portrait d’Alfred Schmela (1964) 95 cm x 70 cm
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Kaffe und Kuchen à la galerie Schmela. Réunion des artistes autour d’un café et des gâteaux.


Gerhard Richter – Portrait d’Emma (1965) huile sur toile 105 cm x 95 cm
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Portrait d’Emma (1965),
Autres portraits :
Lize Kertelge, le Arnold Bode créateur de la documenta.
Voir d’autres portraits.

Il peint également des objets ordinaires.

Chaise de profil en réponse à la chaise de graisse de Beuys.
En 1965 voit les œuvres de Duchamp il peint un rouleau de papier toilette, en réponse à l’urinoir de Duchamp.


Gerhard Richter – Emma descendant un escalier (1966) Musée Ludwig, à Cologne
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Emma descendant un escalier est une réponse au nu descendant l’escalier de Duchamp. Voir également le dialogue entre Duchamp et Richter.

À la suite de la réalisation d’Emma et conscient de la dimension intimiste qu’il n’a pas su réfréner, Richter accomplit l’un de ces tournants stylistiques qui jalonnent toute sa carrière. L’artiste conçoit en effet en 1966 sa première Farbtafel qui n’est autre qu’un nuancier agrandi.


Gerhard Richter – 4 Panneaux de verre (1967) 4 parties : 190 cm x 100 cm
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En 1967 il réalise 4 panneaux de fer pour lui, c’est sa réponse au grand verre de Duchamp « tout l’érotisme en moins ».

Au cours d’un entretien de 2002 avec Robert Storr il déclare : « Au cours des années 60 à Düsseldorf, je voulais être au cœur des choses en fait, je ne savais pas où j’étais« .

Il veut s’affirmer du côté de la peinture à l’huile sur toile, en retravaillant les thèmes traditionnels, le paysage, la nature morte, le portrait.

Le paysage


Gerhard Richter – Corse (1968) 86 cm x 91 cm
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Le paysage après un voyage en Corse. Grands formats carrés.
Série des paysages.


Gerhard Richter – Marine (1969) 200 cm x 200 cm
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Série de marines il est très intéressé par la lumière.


Gerhard Richter – Montagne (1968) 102 cm x 92 cm
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Série de montagnes.

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