Cours du 8 juin 2015

Le body art ou art corporel

Sommaire : Chris Burden, Paul Mc Carthy, Dennis Oppenheim, Vito Acconci, Bruce Nauman, Michel Journiac, Gina Pane


Le body art ou l’art corporel

Gutaï, Yves Klein, peuvent être considérés comme des précurseurs de l’art corporel. Durant les années 70, l’usage du corps comme lieu unique de l’oeuvre (comme outil et comme langage) va se répandre. Les traces de cet art sont assez pauvres (photos, vidéos, quelques reliques).

Leurs points commun à tous est d’avoir fait du corps un usage dont la finalité est de contester sur le plan social, ou politique. On peut regarder cela avec aigreur à priori, mais beaucoup d’analyses ont été publiées sur ce phénomène et il s’agit de faire passer un message qui ne soit pas verbal ou pictural, mais qui passe par le corps.

Chris Burden 1946 mort le 10 mai 2015.

Sculpteur au départ. Il réalise des performances qui relèvent du body art. Il va théâtraliser des situations absurdes, sa finalité est de prendre des risques.

À l’Université de Californie, Chris Burden s’enferma dans le casier n°5 pendant cinq jours consécutifs. Il avait disposé dans le casier dessus de lui de l’eau en bouteille, tandis que le casier en dessous de récoltait ses urines.
Five days Lo ker Piece 1971.

Le 19 novembre, il a éclaté sur la scène internationale avec « shoot » exécutée dans une galerie à Santa Anna devant quelques invités. Il a demandé à un ami de tirer sur son bras avec une carabine 22 long rifle. Il a dit : »A ce moment là j’étais une sculpture« . Il a appelé cette performance « Action sculpture ». Contexte de combats contre la guerre au Vietnam. Il voulait attirer l’attention sur la violence banalisée aux Etats-Unis, sur la prolifération des armes…


Chris Burden Shoot 1971

Tirer sur quelqu’un fait partie de l’histoire de la peinture (Goya – Tres de Mayo). Voir un commentaire.

Deadman (1972). Il est enfermé dans un sac de toile au milieu de la circulation.


Through the night softy (1973)

Il rampe, les mains liées sur un sol remplis de morceaux de verre. Il dénonce ainsi les films publicitaires à la télévision. Voir un commentaire.

Crucifié sur une Volkswagen Beetle. Voir un commentaire.

Fire Roll (1973). Il met le feu à ses vêtements.

Doorway to Heaven. Dans « Doorway to Heaven » (1973), il a mis en contact deux fils électriques sous tension proche de sa poitrine, afin qu’ils produisent des étincelles mais sans l’électrocuter. Burden dit: « Ceci devrait normalement vous tuer, mais vous avez compris comment y échapper. »

Voir les performances de C. Burden.

A partir de 1975, B car vehicule réalisé avec un moteur de mobylette et des tubes soudés.


Chris Burden – L.A.P.D. Uniforms, (1993)
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Uniformes LAPD est une présentation agrandie de trente uniformes du département de police de Los Angeles, entièrement équipés avec ceinture, étui, matraque, menottes, revolver, et une copie de l’insigne officielle. C’est une manière de remettre en question l’autorité.
Voir un commentaire.

Il a incarné la contre culture en Californie. La prise de risque est un de ses critères d’évaluation.
Lorsqu’il est mort les 202 lampadaires qu’il avait fait installer en 2008 devant le musée d’art moderne de Los Angeles, sont restés allumés toute la nuit.

Le direct transforme à jamais l’histoire de la représentation des thèmes de violence. Il n’était pas attaché à l’esthétique des traces qu’il laissait de ses performances (vidéo et photos médiocres, textes). Il souhaitait que ses gestes soient connus par le bouche à oreille et qu’une légende naisse de la réalité.

Il vivait de son art, en se faisant rémunérer par les galeries pour ses performances. Il a été le premier artiste qui a intéressé la galerie Gagosian (une des galeries les plus importantes au monde).

Paul Mc Carthy né en 1945

Education proche des mormons. En 1964-1965, il découvre le pop art et plus particulièrement le travail de Robert Rauschenberg à partir de matériaux de récupération.
Il étudie les arts à l’Université d’Utah en 1969. Il y fait la connaissance de Ralvo Puusemp qui lui fait découvrir Donald Judd et Yves Klein.

Les traces sont des photos et de courtes séquences vidéos. Scènes érotiques ou sado-masochistes.


Face Painting white line inspire de Yves Klein black line 72, with line blanc 73

Hot dog en 74 il poursuit du côté de la transgression systématique.
Dans cette performance, l’artiste se remplit la bouche de hot dog pour, très vite, allier la déglutition à l’envie de vomir jusqu’à étouffement. Voir un commentaire.


Paul Mc Carthy – GrandPop (1977)
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GrandPop 1977. Sous le regard d’un témoin immobile, il s’emploie, affublé d’un masque en plastique, à souiller une poupée avec du ketchup et d’autres produits alimentaires. Son but est d’illustrer de façon loufoque la place iconique que tiennent les rites de consommation alimentaires et sexuels dans l’imaginaire américain.

Il donne un sous entendu érotique aux produits alimentaires (la mayonnaise de vient le sperme). Pour lui toutes les publicités pour les produits alimentaires ont un contenu sexuel et c’est ce qu’il veut dénoncer et ridiculiser.


painter

Plus tard, il a ridiculisé la violence picturale, (les peintres qui prônent la violence gestuelle) en incarnant le peintre, avec un masque et un gant grotesques, il se taille la main, le tout de manière très caricaturale.

Voir un commentaire de Libération sur son oeuvre.


Paul Mc Carthy – Heidi (1992) Bois, peinture, objets divers en bois et des ustensiles, de la paille, des figures de latex de caoutchouc, des vêtements, farcis chèvre, toile, table pliante, photographies, cartes postales, et de collage, dimensions variables (1992)
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Hiedi
Il se moque de toutes les icônes pour enfant en ridiculisant la soi disant innocence de l’enfant, et en dénonçant l’hypocrisie du groupe Disney.

Il s’en est pris également à des hommes politiques.


George W Bush and a pig, at Hauser & Wirth London

G. Bush il sodomise les cochons.

En 2014, il a installé place Vendôme à Paris, un arbre de noël en forme de plug anal, qui a été vandalisé et qui a dû être démonté. Cette oeuvre avait pour objet d’annoncer l’ouverture de la chocolate factory à Paris dans les bâtiments de la monnaie de Paris. Le père noël pour lui est le rêve occidental de la culture de consommation. L’idée était de rapprocher la monnaie de Paris, (l’endroit où l’on fabrique de l’argent) avec la consommation au moment de Noel.

Voir interview de Paul Mac Carthy (Match)

Avec son humour obscène et féroce il nous parle en fait d’un monde impure et de toutes ses désillusions. Il dénonce l’hypocrisie de la dérive puritaine, et les dérives consuméristes.

Dennis Oppenheim 1938 2011

Le travail de Dennis Oppenheim se caractérise par une multiplicité de pratiques souvent spectaculaires, allant du land art au Body Art, en passant par la photographie, la vidéo, la sculpture, l’installation…


Dennis Oppenheim, Annual Rings, (1968), U.S.A./Canada boundary at Fort Kent, Maine and Clair, New Brunswick
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Land artiste en 1968 il a gravé dans la neige des anneaux de croissance des arbres de part et d’autre d’une rivière faisant office de frontière et séparant deux fuseaux horaires. Voir un commentaire.

A partir du début des années 70 il réalise des oeuvres corporelles. Position de lecture pour une brûlure au 2ème degré.


Dennis Oppenheim – Parallèle stress (1970)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Parallèle stress (1970). S’est installé au creux d’un monticule de terre. Voir un commentaire.

Il dessine sur le dos de son fils qui reproduit à son tour le dessin sur le mur. Voir un commentaire.


Dennis Oppenheim – Table Piece, 1975

Voir le site de Dennis Oppenheim.

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