Cours du 30 mars 2015

La figuration narrative (suite)

Sommaire : Valerio Adami, Erró, Henri Cueco, le groupe B.M.P.T., Niele Toroni, Daniel Buren

Valerio Adami né en 1936 Peintre italien. Il pratique le dessin à l’académie de Brera de 1951 à 1954, (il dessinait 8 h par jour) et ses premières toiles sont teintées d’expressionnisme. Très vite cependant, il domestique les formes par une ligne épaisse qui cerne fortement objets et personnages, traités en aplats de couleur pure et sans ombres. Il s’affirme ainsi au cours des années soixante comme un des représentants notables de la Nouvelle Figuration européenne, avec des œuvres qui paraissent mettre en cause le monde de la consommation. Dès cette époque, il définit le tableau comme « une proposition complexe, où des expériences visuelles antérieures forment des combinaisons imprévisibles »
A partir de 1957 il passe l’hiver à Paris et l’été en Italie, il s’installe définitivement en France en 1970.


Valerio Adami – Matisse travaillant sur un cahier a dessin (1966)
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Son style va rapidement évoluer, avec des aplats colorés très raffinés et complexes, un dessin très précis, mais pas lisible de manière évidente, cerné de noir. Une narration faite de corps et de lieux fragmentés, tronqués, qui demande au spectateur un effort de reconstruction, d’une histoire rassemblée dans le désordre.


Valerio Adami – Intérieur de classe moyenne 162 x 130 cm (1966)
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Il fragmente les volumes avec une grande précision. Le dessin divise l’image en surfaces géométriques.

En 1971 il a exploité des documents de la guerre de 14-18. S’inspire de documents tirés de journaux, photos, qu’il reconstruit dans un monde pictural avec des associations psychanalytiques. Il a déclaré : « Je fouille dans toute les associations freudiennes des livres qui précédent la forme. »


Valerio Adami – Hambourg dimanche 198 x 147 cm (1971)

Hambourg dimanche. Les adieux d’un jeune soldat qui part à la guerre. Il dit adieu à sa mère dont on devine le bas de sa robe et à sa fiancée, baiser en blanc de la bouche, baïonnette assez phallique également. La lecture des image se fait par le titre, l’essentiel des formes puis par des détails supplémentaires.


Valerio Adami – Le gilet de Lénine (1972) Acrylique sur toile 239 x 367 cm Centre Pompidou
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1972 le gilet de Lénine Centre Pompidou. Un peu mystérieux au départ. Il a mis en évidence le gilet, habit de bourgeois, de Lénine, celui-ci est vu de dos avec une fissure sur le crâne (après sa mort son cerveau a été autopsié).
Voir un commentaire.

Il a réalisé de nombreuses toiles dédiées à un personnage.


Valerio Adami – Freud en voyage vers Londres (1973) 65 x 85 cm
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Toiles sur Freud, qui voyage vers Londres dans un train.

Série sur l’intolérance (1974).


Valerio Adami – Intolérance
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Peinture acrylique en aplats avec des tons très lumineux associés à d’autres plus rares, des demis-teintes associées a des tons vifs. L’équilibre chromatique est bien géré, avec un mélange de couleurs chaudes et de couleurs froides.


Valerio Adami – Yalta (1976)
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Yalta.

Le paysage de Tolstoï (1977).

Il s’est également intéressé à des personnages de l’antiquité.


Valerio Adami – Le baiser de la lune (1979)
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Le baiser de la lune 1979. Voir un commentaire de Derrida.

Comme les autres artistes de la figuration narrative, il ne crée pas d’images, il les emprunte à des sources différentes, les colle, les assemble, et il les stylise. C’est toujours « l’image de l’image ».

Voir également : Métamorphoses.


Valerio Adami – Rideau 130 x 97 cm (1978)
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Rideau, rideau baissé après un concert.

Série réalisée en 1989 hommage à la Révolution française à Marat.


Valerio Adami – A Marat
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Même titre que le tableau de David, mais la position de Marat n’est pas la même, il a ajouté Charlotte Cordet et le piolet qui a servi à assassiner Trotski. Il fait un rapprochement entre deux assassinats politique.

Voir galerie Marcel Strouk.

Il déclare : « Je crois que la peinture est l’un des rares instruments qui permette de conserver notre mémoire ».

Voir d’autres oeuvres de Valerio Adami.

Erró né en 1932 sous le nom de Guðmundur Guðmundsson en Island, il étudie l’art de 1949 à 1954 à Reykjavik, puis à Oslo en Norvège et à Florence en Italie. En 1955, il entre à l’École de mosaïque de Ravenne. Il s’installe à Paris en 1958 où il rencontre des artistes, des écrivains et des critiques liés au mouvement surréaliste : Breton, mais aussi Matta, Brauner, Masson, Max Ernst, Man Ray, Miro et Duchamp. Il vit a Paris depuis 1958.

Proche des surréalistes au début.

Thème de l’homme machine. Dans les années 60 il a peint à partir de collages.

Utilisation de l’épiscope, peinture des collages. Espaces denses bourrés d’images.


Erró – « La sœur de la boiteuse de vitesse » (vers 1959)
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Personnages féminins


Erró – « Tears for two » (1964)
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Les tableaux reprennent les formes et les couleurs vives et contrastées des bandes dessinées.


Erró – Foodscape (1968) 200 x 300 cm, collection du Moderna Museet, Stockholm.
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Foodscape 1968. Cette toile se réfère au genre de la nature morte. L’image de la prodigalité inépuisable et spectaculaire de notre société est alors mise en scène. Voir le cartel de l’œuvre.
Voir un commentaire.


Erró – Carscape (1968) 200 x 300 cm Collection Isabelle et Hervé Poulain
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Carscape 1968.

Voir également Fishscape 1974 et le cartel du tableau.

Reagan scape (1986). All overs pris dans un maillage de réseaux géométriques.

Images engagées à caractère politique Stalingrad 1964. S’inspire d’une descente de croix de peintres classiques.

En 1968 il réalise la série des intérieurs américains.

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