Cours du 18 mars 2013

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Salvador Dali

Sommaire : Salvador Dali – Ses premières oeuvres – Sa rencontre avec Gala – Guillaume Tell – L’angélus de Millet – Les images doubles – Les objets surréalistes – L’artiste reconnu.

Salvador Dali(1904-1989)
Dali est né en 1904 à Figueres, et mort dans la même ville le 23 janvier 1989. Il peint des paysages catalans en leitmotiv. Son père était notaire, ses parents avaient perdu un premier fils (également nommé Salvador) il a une sœur, Anna Maria, de quatre ans plus jeune que lui. Élève moyen, il obtient son bac difficilement en 1922. Sa mère décède peu après. Il suit alors des cours à l’école des beaux arts à Madrid. Il quitte l’école au bout de deux ans, il rentre à Cadaquès, il peint en s’appropriant tous les courants (cubisme, fauvisme, futurisme …). Amitié amoureuse avec Fréderico Garcia Lorca.

Ses premières oeuvres


Salvador Dali – Personnage parmi les rochers (femme couchée), (1926) 27 x 41 cm Salvador Dali Museum, St Petersburg, Floride
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Personnage parmi les rochers (femme couchée). On relève l’influence de Picasso (femmes courant sur la plage). Il monumentalise la silhouette féminine, impression d’énergie comprimée. Perspective très marquée qui renvoie à des savoirs faire classiques, qui ne sont pas repris par Picasso.

Premier séjour à paris en 1927, il va voir Versailles, le musée Grévin et… Picasso. Dali rencontra Picasso dans son atelier. « Je viens chez vous avant de visiter le Louvre », lui dit Salvador. «Vous n’avez pas tort » lui retorqua Picasso.
Projet de film avec Luis Bunüel un chien Andalous. Chacun va apporter ses propres fantasmes. Le fantasme de Dali est un âne mort couvert de fourmis. L’objectif du film est d’accueillir des images choquantes sans chercher à les analyser. Film qui relève de l’écriture automatique. Ce film a marqué l’entrée de Dali dans le groupe surréaliste. (oeil fendu). Voir le film (16′ 26 »).


Salvador Dali – Chair de poule inaugurale, (1928) 78 x 63 cm Théâtre-musée Dalí, Figueres
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Chair de poule inaugurale. Première apparition des formes molles (signe de l’organique indifférencié). Perspective très évidente, jeu des ombres portées, dispersion des éléments dans l’espace. Jeu de l’éclairage très fort commun à Chirico et Ernst.
La chair de poule est une allusion à l’état de tension de l’homme lors de sa première rencontre avec Gala, sa future femme. C’est une image du subconscient, incontrôlée et issue du rêve. Elle semble également trahir la panique de Dalí devant la fin prévisible – et inaugurale – de ses problèmes érotiques juvéniles représentés d’une par la figure masculine en fond et d’autre part par la figure du nu féminin en premier plan, sacrifié et écrasé par les éléments. La première peut être interprétée comme Dalí lui même, la seconde par Gala.
La scène se passe dans un monde éthéré organisé autours de pierres molles qui sont autant de manifestation des désirs sexuels et d’allusions au monde sentimental. Ces pierres biomorphiques sont inspirées d’autres artistes surréalistes tels que Joan Miró ou Jean Arp.
La composition s’organise autour d’une plateforme faite de cinq droites convergentes en un point de fuite sur lesquelles sont désorganisés les formes biomorphiques. À droite, une sorte de radiographie nous rappelle l’homme. Une main sort de la tête et l’autre à la ceinture évoque la masturbation. À gauche, un cadre sur la plateforme semble être une radiographie du système sanguin. De la figure féminine sort un rayon blanc qui atteint le masturbateur en haut à droite.
Il veut aller plus loin dans la provocation, pour être intronisé dans le groupe des surréalistes.


Salvador Dali – Jeu lugubre, (1929) 44.4 x 30.3 cm Collection privée
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Le jeu lugubre, le caleçon souillé du personnage en bas à droite, fait polémique. Exposé à la galerie Goemans, le tableau est acheté par le vicomte de Noaille. Au centre la figure endormie est Dali, la bouche sucée par une sauterelle (il a la phobie des sauterelles). Myriade d’objets qui évoquent les pulsions, bouche sexe. A gauche, Dali se cache la vue et tend son autre main vers le centre du tableau.
En bas idée d’émasculation (analyse de G. Bataille et de Lacan). Au printemps, 1929 Dali revient à Paris (invité par Bunüel pour le tournage) et rencontre l’élite avant-gardiste parisienne.

Sa rencontre avec Gala

A partir de cette peinture les surréalistes (Breton) soupçonnent que Dali soit coprophage, ils entreprennent une enquête. Magritte, Bunüel, Eluard et sa femme, Gala, lui rendent visite à Cadaqués. Malgré les troubles psychologique évident du jeune peintre, Gala est tout de suite séduite par Dali qui est tombé éperdument amoureux d’elle. Voir un commentaire.


Salvador Dali – Portrait de Paul Eluard, (1929) 33 x 25 cm Collection privée
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En 1929 portrait de P. Eluard, Gala fascine Dali, rencontre historique dans les rochers de Cap Creus.
Le visage de Eluard flotte sur une plage déserte très classique chez Dalí. Le peintre est entouré de différents éléments du langage dalinien : le Grand Masturbateur à gauche, une baguette de pain, des mains cadavériques. En haut à droite se trouvent l’image rugissant d’un lion – le désir – faisant face à un masque mortuaire.
Le portrait fut réalisé en même temps que le Grand Masturbateur avec lequel il partage plusieurs éléments symboliques : sauterelle, masque mortuaire, tête de lion rugissant.
Dalí affirma vouloir «perpétuer la physionomie du poète qui avait pris des muses de l’Olympe », référence à Gala
Gala qui est la fille d’un fonctionnaire de Moscou, impressionnait Dali par son assurance. Je veux que vous me fassiez crever.
Et Dali donne la clef historique et freudienne de cet amour indissociable qui vient de naître et que la mort seule saura rompre:
Elle serait ma Gravida (“celle qui avance”), ma victoire, ma femme. Mais pour cela, il fallait qu’elle me guérisse. Et elle me guérit, grâce à la puissance indomptable et insondable de son amour dont la profondeur de pensée et l’adresse pratique dépassèrent les plus ambitieuses méthodes psychanalytiques”.
Dali venait de lire “Gravida”, roman de Jensen interprété par Sigmund Freud, dans lequel l’héroïne, Gravida (délire et rêve) réussit la guérison psychologique du héros.

Il s’enferme pour peindre après le départ de Gala, ils vont se retrouver très vite. Voir article sur Dali & Gala.


Salvador Dali – Le grand masturbateur, (1929) 110 x 150.5 cm Musée Reina Sofía, Madrid
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Le grand masturbateur. Femme sentant un lys. Grande tête livide et cireuse, le nez immense s’appuyant par terre, bouche remplacée par une sauterelle dont le ventre en décomposition grouille de fourmis. Avec Gala il a connu l’extase. Le sujet porte sur le désir, la pâleur du visage de la femme, traversée par des veines bleues montre la hantise de la mort. Il vit une sorte d’éveil sexuel.
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Salvador Dali – Persistance de la mémoire (1931) 24 x 33 cm MoMA, New York
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Persistance de la mémoire. Il reprend l’auto portrait ramolli. Les montres molles sont comme des camemberts qui coulent.
L’organique est voué à la disparition et peinture importante. Voir un commentaire.

Tous les tableaux exposés à la galerie Goemans à Paris ont été vendus, il va récupérer son argent. Il montre un tableau «Parfois, je crache par plaisir sur le portrait de ma mère ». Ce commentaire entraîne une rupture avec son père qui n’apprécie pas sa liaison avec Gala. Celle-ci a alors pris en charge l’organisation du ménage et décidé des finances et de leur vie quotidienne et devient sa femme d’affaire.

Guillaume Tell


Salvador Dali – La vieillesse de Guillaume Tell (1931) 98 x 140 cm Collection privée
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La vieillesse de Guillaume Tell. Le couple Dali Gala est chassé par le père (comme Adam et Eve). Guillaume Tell barbu avec barbe blanche, est l’image du père. Il achète sa maison de Port Lligat. Avec les vingt mille francs que leur procure le vicomte de Noailles en échange du tableau, La vieillesse de Guillaume Tell, Dali et Gala achètent une petite maison de pêcheurs à Port Lligat, tout près de Cadaqués, qui deviendra leur résidence définitive en Espagne. Dali est fasciné par le paysage de Port Lligat et du cap de Creus, un endroit aride, minéral, qui servira de fond à la plupart de ses paysages surréels. Il écrit en 1930 certains de ses plus beaux textes surréalistes, L’âne pourri, où il définit sa théorie personnelle du surréalisme, la « paranoïa critique », L’Amour et la mémoire, La Femme visible, publiés par les Éditions surréalistes. En novembre paraît le livre de René Crevel Dali ou l’antiobscurantisme. Le 3 juin 1931 Dali présente à la galerie Pierre Colle de Paris un ensemble de chefs-d’œuvre, L’Homme invisible, Le jeu lugubre, La persistance de la mémoire, Le portrait de Paul Éluard, Guillaume Tell… où apparaissent les thèmes obsessionnels qu’il développera pendant les années suivantes.

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