Cours du 28 janvier 2013

Le surréalisme (1)

Sommaire : André Breton, Giorgio de Chirico, Max Ernst

Le surréalisme

La date de naissance officielle du surréalisme est 1924. C’est un mouvement qui se développera jusque dans les années 50.

André Breton portrait de Brauner (1934)


Victor Brauner – Portrait d’André Breton, (1934) 61 x 50 cm Centre Pompidou Paris
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Voir un commentaire de l’oeuvre. Figure principale du surréalisme André Breton a réuni autour de lui des poètes Philippe Soupault, Louis Aragon, Robert Desnos, Paul Éluard, René Magritte, Marcel Duchamp, Salvador Dalí et Jacques Prévert qui sont quelques-uns des plus connus de ses camarades écrivains, poètes, peintres. Ils faisaient de la critique d’art. Ils prennent le relais de dada. Ils sont comme dada contre la guerre, contre les patriotismes, anti-cléricaux, ont le sens de l’humour, sont épris de liberté, ils rêvent de changer le monde. Ils ne sont pas nihilistes comme dada. Ils veulent produire des œuvres, et pas du « non art ».
Plusieurs artistes dada se retrouvent dans le surréalisme. Dans un premier temps on assiste à un rassemblement à Paris de gens de tout horizon, ainsi qu’un retour à l’art du littéraire, et à la fiction.
André Breton va fédérer autour de lui beaucoup de gens. Médecin de formation, il a été très marqué par la guerre, il a été très impressionné par les récits des blessés et par la neuropsychologie. Il rencontra Freud. Comme Aragon il renonce à la médecine pour se consacrer à l’écriture. Il était très charismatique (personnalité solaire).
En 1924, Breton a une trentaine d’année il publie le premier manifeste du surréalisme. (voir le texte du manifeste). Il développe la notion d’automatisme psychique pour libérer l’inconscient. C’est une « dictée de la pensée » en absence de tout contrôle de la raison. Les mots d’ordre sont : la liberté, la poésie et l’amour. Il ouvre une permanence 15 Rue de Grenelle, et publie une revue «La révolution surréaliste». Il voit le hasard dans le processus de création.

Les inventions des surréalistes

Présentation des différentes techniques

Les photomontages Technique nécessitant l’association d’images variées ou des matériaux divers pour en faire une œuvre inusitée.


"Je ne vois pas la femme cachée dans la forêt" par lemondefr
Clément Chéroux, commissaire de l’exposition « La subversion des images », commente un photomontage réalisé par les surréalistes en 1929.

Le dessin automatique, inventé par André Masson.


André Masson – Dessin automatique
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Les projections de sable


André Masson – Les chevaux morts, (1927) 90 x 120 cm Centre Pompidou Paris
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Projection de sable A. Masson les chevaux morts. Voir un commentaire.

Grattage technique surréaliste dans la peinture où celle-ci (habituellement à sec) est éraflé contre la toile. Elle a été utilisée notamment par M. Ernst et Joan Miro.


Max Ernst – Oiseau dans la forêt (1927) 96.3 x 129.5 cm Peggy Guggenheim Collection, Venise
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La forêt est un sujet récurent dans l’oeuvre de M. Ernst, ces toiles représentent généralement un mur d’arbres, un disque solaire, et une apparition d’un oiseau en vol stationnaire au milieu du feuillage. L’attitude Ernst envers la forêt montre à la fois un mélange d’enchantement et de terreur qui peut être attribuée à ses expériences dans la forêt allemande lorsqu’il était enfant. On distingue un oiseau au centre de la toile.

Le procédé du frottage équivaut, lui aussi, à l’écriture automatique.
Définition du Dictionnaire abrégé du surréalisme : Frottage – Procédé découvert par Max Ernst le 10 août 1925. «Le procédé de frottage, ne reposant que sur l’intensification de l’irritabilité des facultés de l’esprit par des moyens techniques appropriés, excluant toute conduction mentale consciente, réduisant à l’extrême la part active de celui qu’on appelait jusqu’alors l’« auteur », ce procédé s’est révélé le véritable équivalent de l’écriture automatique.» (Max Ernst).
Frottage M. Ernst joue entre la partie contrôlée et celle non contrôlée (histoire naturelle).


Max Ernst – Histoire naturelle (1925) Kunstmuseum Bonn
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L’Histoire naturelle de Max Ernst, est un portfolio publié en 1926, qui réunit plus de trente reproductions de frottages réalisés en appliquant sur différentes surfaces une feuille de papier passée ensuite à la mine de plomb. Compris comme l’équivalent graphique de l’écriture automatique, le frottage constitue l’une des contributions les plus originales de l’artiste à l’histoire du surréalisme. En s’inspirant d’une grande variété de supports, Max Ernst fait surgir de la feuille un monde fantastique qui condense toute l’inquiétante étrangeté de l’univers surréaliste.

Les décalcomanies : Pour obtenir une œuvre par décalcomanie, il suffit de presser une feuille enduite de peinture sur une autre surface, à plusieurs reprises, afin de créer des formes pouvant être interprétées de diverses façons.


Oscar Dominguez – Lion-bicyclette 15,8 x 22,3 cm (1937) Centre Pompidou Paris
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Technique inventée par Oscar Dominguez Lion bicyclette 1937. Il s’est aidé d’un pochoir.

Fumage est la technique dans laquelle des impressions sont faites par fumée de a bougie ou lampe de kérosène sur un morceau de papier ou de toile, inventé par Wolfgang Paalen.


Wolfgang Paalen – Fumage 91 x 60 cm (1937)
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Méthode paranoïa-critique de la dentellière de Veermer (Dali). La notion de double qui conditionne tout un aspect de la vie et de l’œuvre de Salvador Dali commence avec la mort prénatale de son frère continue avec sa méthode paranoïa-critique décelant le double langage des choses, comme pour la fusion entre Vermeer et la spirale logarithmique.

En 1925, A. Breton publie une série d’articles sur le surréalisme et la peinture, il rassemble tous les artistes qui habitaient rue de Blomet. Il déclare que « l’oeil existe à l’état sauvage« . Pour lui, un art existe en dehors de tout apprentissage.
Dans Le surréalisme et la Peinture (1926), il disait que l’art a pour but de « réconcilier dans l’homme l’intelligence et la sensibilité, et dans l’individu l’imaginaire et le réel ».
Il aime l’oeuvre du douanier Rousseau (Jungle). Celui-ci organise l’espace comme le font les enfants sans perspective,


Le douanier Rousseau – La charmeuse de serpent (1910) 169 x 189,5 cm Musée d’Orsay Paris
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La charmeuse de serpent 1910. Voir un commentaire.


Le douanier Rousseau – Nègre attaqué par un jaguar (1910) 114 x 162,5 cm Kunstmuseum, Bâle
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Nègre attaqué par un jaguar la scène est petite en bas du tableau.
Tout est détaillé, caractère enfantin. Tout est à plat. Travail par couche.
Breton pense que le but de l’art est de réconcilier dans l’homme l’intelligence et ….

Essaie de simulation du délire verbal des malades mentaux.

Cadavre exquis A. Breton et L. Aragon, poètes et peintres s’essayent à cette technique. L’invention et la pratique du « cadavre exquis », aussi bien écrit que dessiné ou peint, se rattache à l’automatisme. Le hasard, l’abandon, y jouent en effet un rôle essentiel.

Breton s’intéresse aux peintures de G. De Chirico.

Giorgio De Chirico
Giorgio de Chirico, est l’inventeur de la peinture métaphysique placée sous le signe de la révélation il produit entre 1910 et 1917, le meilleur de lui-même. Il a fasciné les surréalistes. Il retomba ensuite dans un style académique et pompier.


Giorgio De Chirico – Le cerveau de l’enfant (1914) 80 x 63 cm Moderna Museet, Stockholm
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Le cerveau de l’enfant (portrait de son père 1914). Il exprime ses fantasmes ses malaises intérieur. Derrière l’image du père évocation d’une ville (Turin en général ou gare Montparnasse). Ce tableau fut d’abord propriété de Paul Guillaume qui l’exposa dans sa galerie. Il attira le regard d’André Breton qui l’acquit en 1916 pour finalement le revendre en 1964. En 1923, il frappa également l’attention d’Yves Tanguy qui lui doit sa vocation picturale. Enfin, une reproduction du tableau mit Magritte (et Prévert) sur les chemins du surréalisme. Voir un commentaire.


Giorgio De Chirico – Souvenir d’Italie (1970) 40 x 50 cm
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Il est obnubilé par l’heure. Il multiplie les symboles phalliques. Un train, une gare, qualité de silence et de lumière.


Giorgio De Chirico – Chant d’amour (1914) 73 × 59,1 cm MoMA New York
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Chant d’amour. Des objets entrent dans le tableau. Cette démarche correspond phrase de Lautréamont, « « Il est beau […] comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie ! »« . Voir un commentaire.


Giorgio De Chirico – Printemps à Turin (1914) 124 x 99.5 cm Collection privée
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Printemps à Turin. Perspective exagérée et fausse, présence artichaut, œuf. Impression de vide, de silence angoissant.


Giorgio De Chirico – L’incertitude du poète (1913) 106 x 94 cm Tate Gallery, Londres
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L’Inquiétude du poète (parfois intitulé L’Incertitude… ) compte parmi les œuvres les plus représentatives de la période « métaphysique » : la rencontre fortuite d’un corps de femme, d’un régime de bananes et d’arcades, symboles érotiques, opposée au train en partance et à la représentation du corps féminin par l’intermédiaire d’une statue. Cette oeuvre engendre la profonde nostalgie d’un rendez-vous manqué.

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5 comments to Cours du 28 janvier 2013

  • Agnès Ghenassia

    Je complète la phrase inachevée: André Breton, dans Le surréalisme et la Peinture, disait que l’art a pour but de « réconcilier dans l’homme l’intelligence et la sensibilité, et dans l’individu l’imaginaire et le réel ».

  • Agnès Ghenassia

    page 2: André Breton est mort en 1966. L’exposition Eros s’est tenue en 1959-60 à la Galerie Daniel Cordier, et ce fut en France la dernière exposition à caractère surréaliste.
    Le surréalisme a influencé Pollock ( avec l’écriture automatique et le dripping), mais bien d’autres aussi, nous le verrons…
    La « forêt » de Max Ernst dont le titre est amusant est  » Vision provoquée par l’aspect nocturne de la Porte Saint-Denis », 1927.

  • Agnès Ghenassia

    « l’Europe après la Pluie » de Max Ernst mesure 54 cm x 145,5 cm

  • Nathalie Morel

    Bonjour

    je ne sais pas si le titre est bon mais je ne connais ni la date de la toile « Joy » de Max Ernst nises dimensions.(pour un memoire poésied’Eluard et peinture)
    Merci

  • jr

    Vous voulez sans doute parler de la joie de vivre (the joy of living) de M. Ernst, réalisé en 1936. Huile sur toile 73.50 x 92.50 cm Collection privée, Londres.