Cours du 11 février 2013

Le surréalisme (2)

Sommaire : Salvador Dali


Salvador Dali (1904-1989)
Il s’est constamment renié dans ses choix. C’est un personnage très antinomique.
Dali est à la fois l’une des figures magistrales de l’histoire de l’art moderne et l’une des plus populaire. Il est aussi l’un des artistes les plus controversés, souvent dénoncé pour son cabotinage, son goût de l’argent (on le surnomma « Avida Dollars ») et ses prises de position politiques provocatrices.

Il s’autoparodie, il entretient un personnage photogénique, homme-sandwich de lui-même à destination des magazines et de la publicité. Il réussit des opérations de communication lucratives et souvent dérisoires. Happenings à l’Hôtel Meurice, discours à l’Ecole polytechnique, films qui font rire ou agacent : il passe un temps considérable à cette promotion. Et finit par faire celle d’un chocolat, ce en quoi, au demeurant, il ne fait qu’annoncer l’évolution au terme de laquelle Picasso est désormais le nom d’une automobile.

Ayant compris comment fonctionne le monde contemporain, il en tire cyniquement le plus profitable des partis. Breton surnomme Gala « le tiroir-caisse » et trouve l’anagramme mortelle « Avida Dollars ». Vue d’aujourd’hui, cette dérive paraît de l’ordre du prophétique, côté désastre.

Dans ses oeuvres, le même Dali poursuit néanmoins ses essais d’analyse de la « perception objective », qui l’est si peu. Il multiplie les tentatives de déstabilisation du regard, entre forme enfermée dans un volume et forme éclatée, entre ce qui se reconnaît en un coup d’oeil et cryptomorphe n’apparaissant que si l’on regarde mieux. Il se réclame de la physique nucléaire, lit des articles de vulgarisation scientifique et aspire à renouveler la peinture par la cybernétique et ce que l’on n’appelle pas encore les neurosciences.(Extraits de l’article du Monde du 21.11.2012)

Il n’avait sans doute pas confiance en lui au départ d’où son désir de se faire admirer. La présence de Gala l’a ancré dans le réel et lui a donné confiance en lui. Jouer le fou pour oser tout ce que les autres n’osent pas. Il fait œuvre avec sa folie.
Les intellectuels de l’art estiment aujourd’hui que l’on peut considérer que Dali est un pionnier pour manipuler les médias, et qu’il entretien un rapport décomplexé par rapport à l’argent.

On le regarde aujourd’hui comme l’avant garde de postures maintenant acceptées.


Salvador Dali interrogé par P. Dumayet le 2/01/1958

Salvador Dali interrogé par Denise Glaser le 14/02/1971

La rencontre amoureuse de Salvador Dali et de Gala

2 comments to Cours du 11 février 2013

  • louise grappin

    J’ai, suite à ce film sur Dali:
    *Trois questions
    -où a-t-il acquis un si bon français?
    -connait on le comportement qu’il a eu au moment de sa mort, est-il resté provocateur jusqu’au bout, lui qui paraissait tant la craindre?
    -il est dit dans le film qu’il n’aurait pas pris de position « courageuse » pendant la guerre civile, pour autant a-t-il été inquiété ensuite par la police de Franco?
    *Et un commentaire:
    Il nous donne un exemple: refusant une idéologie, il n’en a pas pour cela épousé une autre comme la plupart des artistes de son époque, les surréalistes en particulier et cela me paraît exemplaire

  • Bernard C.

    Dali parle le français avec aisance, car son  son père l’a inscrit au collège hispano-français Inmaculada Concepción de Figueres en 1910, c’est là il apprend le français, sa future langue de culture. 

    Dali était sans doute très angoissé par la mort, on peut voir le témoignage d’Amanda Lear qui fut sa muse et qui raconte sa dernière rencontre avec le maitre à la fin de sa vie.
    http://www.ina.fr/ardisson/tout-le-monde-en-parle/video/I09030483/amanda-lear-a-propos-de-salvador-dali.fr.html