Cours du 3 décembre 2012

Contours de sportifs Les sportifs dans les contours du suprématisme, 1928-32
Jeunes filles aux champs
En 1928, Malevitch a lancé un cycle de peintures qui diffèrent radicalement de l’œuvre qu’il avait produit dans sa période précédente. Se détournant des formes géométriques abstraites, de ses peintures suprématistes, Malevitch fait un retour à l’art figuratif, dans une série de toiles qui, pour la plupart, représentent des personnages paysans en volume « de face » sur un fond spartiate. Les chiffres eux-mêmes se distinguent par les couleurs vives de leurs vêtements, ainsi que par un ensemble complet (ou, dans certains cas, presque complète) l’absence de traits du visage. En ce qui concerne leur thème, leur souci de la figuration, et leur monumentalité, la deuxième série de Malevitch des paysans peut être lu comme une tentative par l’artiste pour trouver un compromis avec les grandes tendances de l’art soviétique. Cette peinture, « Girls in a Field » (1928-1932) le dérange pas juste à cause de l’absence des traits du visage, mais aussi en raison de l’absence d’interaction entre eux. Comparer ce tableau et celui qui suit avec des peintures de Malevitch paysannes antérieures « Les faucheurs .
Pressentiment complexe, ou buste à la chemise jaune
Personnage à mi-corps

En 1932-33, il peint des personnages qui ont quelque chose de ceux de Piero della Francesca, au tout début du quattrocento. Et en même temps ils portent des vêtements suprématistes…


Kasimir Malevitch – Tête de jeune fille d’aujourd’hui, (1932)
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Jeune fille au peigne

Portrait de la femme de l’artiste
Travailleuse : le geste de la femme est évocateur : c’est une ouvrière qui remplace la Vierge et son enfant a disparu mais les mains en gardent la trace ;


Kasimir Malevitch – Autoportrait, (1933) Musée russe St Pétersbourg
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Autoportrait ; comme un personnage de la Renaissance, la main dessine un vide en forme de carré…
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Plusieurs de ces dernières peintures sont signées d’un carré noir sur fond blanc.
En 1934, Malevitch est très affaibli par un cancer. Il meurt en 1935 et son corps, sur son lit de mort, est exposé (et photographié) entouré de ses œuvres, le carré noir incliné à la tête du lit. Ses obsèques à Moscou seront suivies par une foule immense, 4 hommes portant le carré noir en tête de cortège.
Entre 1935 et 1962, aucune de ses œuvres ne sera montrée en URSS.

Conclusion : c’est la radicalité des positions de Malevitch qui en font un artiste exceptionnel en ce début de XXème siècle. Peintre virtuose, il a fait preuve d’une lucidité incroyable en posant les bases d’une redéfinition des enjeux de la peinture jusqu’à envisager la possibilité du «dernier tableau». Bien sûr, il va fasciner Yves Klein, mais aussi tous les acteurs américains de l’abstraction qui oscilleront entre matérialité et spiritualité…

Vladimir Tatline,1885-1953, l’ami puis le rival de Malevitch.
Fasciné par le cubisme, il s’est rendu à Paris en 1914 et a rencontré Picasso. Il s’est d’abord fait connaître par ses collages et ses assemblages, interprétation abstraite des collages et assemblages cubistes. Il s’intéresse aux matériaux.

Il passa par plusieurs mouvements artistiques. Il voulait matérialiser l’art avec des montages, des assemblages. Il recherchait la mort de l’oeuvre d’art de musée: l’oeuvre doit participer à la vie et à la construction du monde.

Lorsque ces structures se projettent dans l’espace, en volume, il les appelle des contre-reliefs.


Vladimir Tatline – Contre-reliefs, (1915)
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Mais Tatline est surtout connu comme le concepteur du Monument à la IIIème Internationale, une commande publique de 1919-20. Monument à la IIIème Internationale »

Le projet devait mesurer 400 m de haut (dépasser donc la tour Eiffel) ; Forme hélicoïdale / symbole de l’élan vers l’avenir. Habitable, cette tour devait enfermer trois espaces distincts par leur forme et leur fonction : un cube, effectuant une rotation sur lui-même en un an, dédié aux salles de conférences et aux meetings politiques. Un cône effectuant une rotation d’un tour par mois, dédié à l’exécutif, et un cylindre, effectuant un tour par jour, pour la presse, le télégraphe, la radio.
Faute de budget le projet n’a jamais été réalisé, il n’en reste que les études préparatoires et une maquette en bois, de 6 m de haut, conservée au musée de Stockholm.

Tatline est le père du constructivisme, favorable à un engagement de l’art au service de la vie quotidienne.

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