Cours du 17 décembre 2012

Les débuts de l’abstraction en peinture

Sommaire : Vassily Kandinsky, Paul Klee

Vassily Kandinsky (1866-1944) est le pionnier de l’abstraction au début du XX ° siècle..

Les années russes, « son capital mythique »

Il est né à Moscou en 1866 dans une famille aisée et cultivée. Son père, d’origine sibérienne orientale, gagnait sa vie dans le commerce du thé. Ce dernier fit voyager sa famille en Italie, avant de l’installer à Odessa en 1871. Très tôt au il a été familiarisé au russe et à l’allemand. Il commence par étudier le droit avant de renoncer tardivement à sa carrière universitaire. (Il deviendra peintre seulement à l’âge de 30 ans).
En 1886, Kandinsky a 20 ans, lorsqu’il entreprend de suivre des études à la Faculté de Droit et d’Économie de Moscou.
En 1889, il est envoyé en mission au nord est de la Russie pour étudier les coutumes liées au droit paysan. Il a été très marqué par ce voyage, (costumes régionaux, très colorés, ameublements locaux etc.).
Il obtient un poste d’assistant en droit à l’université de Moscou. Il est très marqué par l’exposition des impressionnistes français à Moscou, ainsi que par les opéras de Wagner.
En 1892, il se marie avec une cousine, Anja Chimiakin.
En 1896, il quitte Moscou et s’installe à Munich pour se former à l’art.

Munich – Murnau. (1908-1914)

Il suit les cours de l’ Académie des Beaux-Arts. En 1901, Wassily Kandinsky quitte les cours du peintre Franz Von Stuck à l’Académie des Beaux Arts de Munich, et fonde un groupe appelé « La Phalanx », dans laquelle avec ses amis peintres, il s’assigne comme but de faire découvrir au public ce que sera, selon lui, le nouvel art .


Vassily Kandinsky – Vieille ville II, (1902) 52 x 78.5 cm Centre Georges Pompidou, Paris
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Voir un commentaire.
Il rencontre Jawlensky, (voir les peintures de Jawlensky). Rencontre Paul Klee, en 1901 fonde le groupe Phalanx (contenu spirituel de la peinture, importance de la couleur).
En 1904, Kandinsky participe à la première exposition des « Tendances Nouvelles » à Paris. Il voyage ensuite en Hollande, et à Odessa et publie à Moscou : Poésies Sans Paroles, un album illustré de 12 gravures sur bois. Il participe à différentes expositions à Berlin, puis aux expositions de Saint-Pétersbourg et de Moscou, ainsi qu’au Salon d’Automne de Paris. Il se sépare la même année de sa femme
A la fin de 1904, l’association Phalanx est dissoute. Il se lie avec Gabriel Munter, qui deviendra sa compagne durant quelques années.
Voyages en Hollande, Tunisie, France


Vassily Kandinsky – Ville arabe, (1905) 67,3 х 99,5 cm Centre Georges Pompidou, Paris
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Gouache ville arable (1905)


Vassily Kandinsky – Chant de la Volga, (1906) 49 x 66 cm Centre Georges Pompidou, Paris
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Il peint à Paris en 1906 Chant de la Volga pour une exposition à l’occasion des ballets de Diaghilev.
En 1908 le couple rentre en Bavière et s’installe à Murnau ou il achète une maison.


Vassily Kandinsky – Paysage à la tour (1908) 75,5 х 99,5 cm Centre Georges Pompidou, Paris
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Paysage à la tour 1908, voir un commentaire.
Vision très synthètique du paysage. Ce sont les couleurs qui donnent la tonalité émotionnelle du paysage et en même temps, il faut les déchiffrer à travers leur symbolisme. L’objet semble déjà accessoire.
Cimetière et presbytère à Payer (1909)
À partir de 1909, ce que Kandinsky appelle le «chœur des couleurs» devient de plus en plus éclatant, il se charge d’un pouvoir émotif et d’une signification cosmique intense. Cette évolution a été attribuée à un ouvrage de Goethe, le Traité des couleurs (Farbenlehre), qui a influencé ses futurs livres Du Spirituel dans l’Art et Regards sur le passé.
Il fait fusionner le paysage avec son monde intérieur, légendes, cavaliers châteaux.


Vassily Kandinsky – Tableau au tireur à l’arc, (1909) 175,2 x 144,7 cm Musée d’art moderne de New York
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1909 tableau au tireur à l’arc (un tireur à l’arc se trouve en bas à droite) voir un commentaire.
Il arrive à l’abstraction progressivement


Vassily Kandinsky – Improvisation III, (1909) 130 x 94 cm Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris
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Improvisation III. Paysage formes très schématiques, plans colorés, couleurs intenses


Vassily Kandinsky – Improvisation VI (africaine), (1909) 107 x 99.5 cm Städtische Galerie im Lenbachhaus, Munich
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Improvisation VI (africaine). Impression d’affrontement entre masses colorées. Voir un commentaire.

Jusqu’en 1914, il divise sa production en 3 catégories, les impressions, les improvisations (expression inconsciente survenue soudainement) les compositions (expression lente, de façon quasiment « pédante »).

A la même époque, Gabriele Münter peint le portrait de Jawlensky.Travail par grands plans, masses colorées. En savoir plus sur Gabriele Munter.


Vassily Kandinsky – Eglise à Murnau, (1910) 64.7 x 50.2 cm Städtische Galerie im Lenbachhaus, Munich
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1910 Eglise à Murnau


Vassily Kandinsky – Etude pour composition II, (1910) 64.7 x 50.2 cm Musée Guggenheim New York
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Des éléments imaginaires se mêlent à du figuratif.


Vassily Kandinsky – Peinture sous verre au soleil, (1910) 30,6 х 40,3 cm Städtische Galerie im Lenbachhaus, Munich
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Peinture sous verre au soleil. Cette technique était au départ destinée aux peintures religieuses (fixés sous verre). Va avoir une influence sur sa peinture à l’huile.
La technique de la peinture sous verre, qui consiste à peindre au revers d’un support en verre lisse ou ondulé, a été découverte par Kandinsky durant l’été 1908. Le peintre se passionne pour cette forme typique de l’artisanat bavarois qui se pratique traditionnellement en famille – et à laquelle il s’adonne avec son entourage – entreprenant même quelques recherches pour en connaître les origines.
Cette technique l’intéresse en tant qu’expression d’une culture populaire, mais aussi parce qu’elle permet de produire des effets de transparence, de brillance et d’impressions moirées, selon les peintures utilisées. Entre 1909 et 1913, 33 fixés sont réalisés.


Vassily Kandinsky – Improvisation XIV, (1910) 30,6 х 40,3 cm Städtische Galerie im Lenbachhaus, Munich
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1910 improvisation XIV. Deux blocs s’affrontent, limite de l’abstraction.


Vassily Kandinsky – Sans titre (la première aquarelle abstraite), (1910) 30,6 х 40,3 cm Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris
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1910 sans titre (la première aquarelle abstraite), malgré cette expérience, en peinture à l’huile K. n’est arrivé à l’abstraction qu’en 1913. Voir un commentaire.
Il cherche une écriture du pinceau et de la plume, qui soit aussi variée que dans une scène réelle. Il varie l’écriture, le mouvement, les formes ect.
Cette œuvre est considérée comme le point de départ de la peinture abstraite : Kandinsky est le premier à peindre sans aucun reste de figuration. Un langage vibrant de lignes en tons rouges, verts et bleus, couleurs qui symbolisent la dualité entre le ciel (bleu) et la terre (rouge et vert), entre rationalité et émotion, spiritualité et passion.
A peine a-t-il inventé l’abstraction il publie du Spirituel dans l’Art. Il a perçu les dangers de l’abstraction (risque de devenir un art décoratif).
« La beauté de la couleur et de la forme n’est pas un but suffisant de l’art » écrit-il.
Il résume en trois points le rôle des artistes :
– Chaque artiste comme créateur doit exprimer ce qui est propre à sa personne.
– Chaque artiste comme enfant de son époque doit exprimer ce qui est propre à son époque.
– Chaque artiste comme serviteur de l’art doit exprimer ce qui en général est propre à l’art. L’élément pur et éternel que l’on retrouve partout et qui n’obéit à aucune loi, d’espace ni de temps.

Voir également le rôle des couleurs.

Il se lie à Franz Marc (peinture chevaux bleus).

En 1911, il fonde le mouvement du « Cavalier Bleu » (« der blaue Reiter »). Le cavalier est le symbole de l’élan de lutte pour des objectifs nobles et spiritualistes. Ils organisent des expositions qui associent les avant-gardes européennes, les arts populaires. La 2ème exposition eu un grand retentissement. Ils conçoivent la peinture sur le modèle de la musique. Arnold Schönberg fait partie du groupe (et ne prend pas parti pour…). Relation entre peinture et musique.


Vassily Kandinsky – Lyrique (élan du cavalier), (1911) 94 x 130 cm cm Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris
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1911 Lyrique (élan du cavalier) Il s’exprime par signes. Voir un commentaire.


Vassily Kandinsky – Impression V (parc), (1911) 106 x 157,5 cm Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris
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Impression V (parc) cavaliers signes qui ressemblent aux peintures rupestres.
Dans cette toile – une nouvelle étape dans la voie vers l’abstraction – on reconnaît deux cavaliers – l’un, au centre portant une cape bleue (un voile ?) et l’autre, en beige, tout à fait à droite -, ainsi que deux personnages assis sur un banc. Mais ces repères iconographiques se dissolvent dans un ensemble de taches colorées et de lignes noires qui rythment l’image plutôt qu’elles ne décrivent des formes.

Le tableau est dominé par le triangle rouge au centre, installé entre les deux aplats de bleu et de vert de la partie inférieure, tandis que les lignes noires indiquent comme un itinéraire pour le regard. Le sous-titre, « Parc », qui pourrait placer cette œuvre dans la continuité des paysages réalisés jusqu’alors par Kandinsky, ne renvoie pas directement à une réalité extérieure. Dans une lettre à un ami, l’artiste précise que les «sous-titres ne sont pas là pour définir le contenu du tableau. Le contenu est ce que le spectateur éprouve sous l’effet des couleurs et des formes».


Vassily Kandinsky – Improvisation 26 (ramer), (1912) 97 x 107,5 cm, Stadtische Galerie in Lenbach, Munich
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Improvisation 26 (ramer) bribes de paysages, des rames.


Vassily Kandinsky – Jugement dernier, (1912) 33,6 x 45,3 cm, Centre Pompidou Paris
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1912 jugement dernier (peinture sous verre). Fixé-sous-verre. Le bleu est « la couleur céleste par excellence. » Le cavalier est un chevalier, l’ange combattant les forces matérialistes, Saint-Georges abattant le dragon, il combat la masse noire et rouge du dragon.

Révélation de la peinture abstraite texte de Kandinsky. Il décide de rompre avec la figuration.


Vassily Kandinsky – Petites joies, (1913) 110 x119,7 cm Guggenheim Museum New York
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Voir les peintures sur verre de Kandinsky.

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